Gergotich Martial:

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Martial:

Né le 22-9-1919 à Brest décédé le 20-8-97 à Brest.

S'il est vrai qu'amateur signifie "celui qui aime", Martial Gergotich a su rester, sa vie durant, un véritable amateur. Il avoue d'ailleurs volontiers que ses plus grandes joies, il ne les a pas éprouvées alors qu'il jouait en "pro". Le regard bleu, d'une clarté joviale, s'anime à l'évocation de la cérémonie de remise des prix des premiers jeux de la communauté en 1960 à Madagascar. Philibert Tsiranana remet en personne le trophée à Martial Gergotich qui, en qualité d'entraîneur, à conduit l'équipe de France à la victoire.

J.Y.Le Maire

Martial
Né à Brest, et ce "malgré son nom" comme il aime à le rappeler, Martial Gergotich occupe encore aujourd'hui la maison familiale qui aura vu la naissance d'une vocation. Ses premiers souvenirs s'y rattachent, ses premiers contacts avec le ballon rond dans la rue, la cour de son école, lorsqu'il se rendait balle au pied, déjà au lycée St. Louis, rue Voltaire. Son premier club, c'est l'Avenir de Brest où il jouera jusqu'à l'âge de 14 ans. De ses débuts, il garde le souvenir de matchs joués en brodequins parce que "les chaussures de foot c'était encore cher ". Cet équipement sommaire le contraignit à occuper la place de gardien de but, place où l'absence de crampons devait moins se faire sentir.

"A cette époque, les écoles de football n'existaient pas et de plus, les clubs ne regroupaient que trois catégories de joueurs: les MINIMES qui doivent correspondre aux CADETS actuellement les JUNIORS et les SENIORS. Nous nous contentions donc de disputer des matchs entre copains, pour le plaisir". Un plaisir qui a germé en lui dès son plus jeune âge et est allé grandissant
Il y signa sa première licence de joueur à 16 ans, il joua en équipe première en mai 1936 comme avant centre.
Après deux saisons, il fut contraint de quitter le club, en 1937, afin d'accomplir son service militaire.
Le service militaire, est effectué en 1937. Il quitta donc la région brestoise pour prendre ses quartiers dans une caserne briochine. Le contact du ballon lui manquant, il s'inscrit au Stade BRIOCHIN, évoluant alors en Division d'Honneur.
La guerre à 20 ans:
Il ne souhaite guère parler de sa mobilisation. En 1939, la déclaration de la guerre le força à abandonner le sport; démobilisé en décembre 1940. Lors de sa mobilisation, la situation de Brest ne se prête pas à la poursuite des activités sportives. Martial retrouva les locaux de l'A.S.B. Le club disputait un petit championnat départemental mis au point au début des conflits. De son impressionnante collection de photos, il n'extrait qu'une image fugitive de cette époque: le cliché d'un match sous la neige pendant la drôle de guerre. L'autre "match", il préfère l'oublier.
Le professionnalisme:
En mars 1941, la Saint-Pierre de Nantes, qui fut à l'origine du prestigieux F.C.Nantes, remarqua ses talents de footballeur. Martial partit donc à Nantes, heureux et fier d'aller jouer dans un club qui évoluait en Championnat de France Amateur à son niveau le plus élevé.



Martial au F.C.Nantes 1943

En 1943, plusieurs clubs nantais décidèrent de fusionner afin de regrouper les meilleurs joueurs. Martial inaugura donc les débuts d'une grande aventure footballistique. "J'ai signé avec le F.C.N. un contrat semi-professionnel et lorsque je ne jouais pas au football, j'étais magasinier dans une entreprise de travaux publics. La même année (1945), j'ai été contacté par REIMS qui me proposait un contrat professionnel et un fabuleux salaire de 9.000 F par mois. Mais je n'ai pas pu partir, étant lié par contrat au F.C.N. Il faut dire qu'à cette époque, les joueurs ne décidaient pas de leur carrière. Les transferts se discutaient entre les clubs et la décision était prise pour le joueur".

Martial en compagnie de Joseph Kerdraon à Nantes en 1945


Il joue donc à Nantes, au sein de la St. Pierre et, en 45, précédant de peu la libération, intervient la fusion de tous les clubs Nantais. Le Football Club de Nantes est né et Martial Gergotich en devient, en professionnel, le premier capitaine. La rencontre avec Aimé Nuic, l'entraîneur qui fut membre de l'équipe de France, devait décider de l'orientation de la carrière future de "Gergo", diminutif sous lequel il est mieux connu. Il déclara au sujet de son premier entraîneur du F.C.Nantes Aimé Nuic: "Avant de le connaître je n'avais jamais entendu parler de tactique. J'avais toujours joué n'importe comment. On entrait sur le terrain et en avant la musique. Avec Aimé Nuic, j'ai vraiment découvert le football. Il nous faisait pratiquer le WM, j'appartenais à ce que l'on appelle le "carré magique", les deux inters et les deux demis, avec mon copain Kerdraon. J'étais plus particulièrement chargé des tâches défensives". "C'était pour moi une découverte, dit il, le foot pouvait être un métier". Martial y découvre l'entraînement, la tactique, retourne, bon élève, devant le tableau noir et entend parler pour la première fois d'un amorti. Jusque là il jouait un football spontané qu'il qualifie lui même de "sauvage". Il fut pro au F.C.Nantes à partir de 1945, sous la direction d'Aimé Nuic. Quand il jouait au F.C.Nantes, Martial occupait la place de milieu de terrain.
Les ennuis financiers apparaissent dès la saison 46-47. Le refus de soutien de la municipalité nantaise oblige le club à vendre ses meilleurs éléments comme Edmond Lemaître, Martial Gergotich ou Gaston David... Il est "vendu" pour 650.000 fr.

Au début de la Saison 1947-1948, Martial quitte donc Nantes pour Ales, l'OLYMPIQUE d'ALES, club professionnel accédant en première division, enleva Martial au F.C.N. et lui offrit un contrat professionnel. La première saison fut médiocre et l'année suivante, ALES descendit en division inférieure. Bien que les résultats de l'équipe fussent peu convaincants, Martial conservait un jeu de qualité et obtint une présélection en équipe de France. Bien loin de la grisaille bretonne, le Méridional d'adoption se décida en 1950, à passer son diplôme d'entraîneur. Il obtint son brevet et sortit major ce qui lui permit de se présenter au niveau supérieur.
Après sa carrière professionnelle. Il passe son diplôme d'entraîneur alors qu'il joue à Ales. Il sort major du stage régional d'entraîneur d'Aix-en-provence en 1950, Gergotich pouvait donc participer au stage national de Reims permettant l'accession au diplôme fédéral
L'année suivante, il passa avec brio son brevet d'entraîneur fédéral (correspondant actuellement au troisième degré) qui lui permettra d'entraîner des équipes de tous niveaux. Il en sortait 5ème en compagnie des Mercier, Bini, Firoud, etc. Presque toujours capitaine sur le terrain, sa personnalité de meneur d'hommes le conduit naturellement vers cette nouvelle profession. Cette corde supplémentaire à son arc n'est pourtant pas le fruit d'un plan de carrière; "c'est un sacerdoce, avoue "Gergo", je n'aurais pas pu faire autre chose".

Apprenant que Garabédian devait quitter l'A.S.B., Martial pris contact avec Mr Abaléa secrétaire du club.

Lettre d'offre de services de Martial à Mr Abaléa secrétaire général de l'A.S.B. (24 mai 1951)

(page 1)

Lettre d'offre de services de Martial à Mr Abaléa secrétaire général de l'A.S.B. (24 mai 1951)

(page 2)

Sur cette lettre (page 2) nous pouvons lire ce qui a été rajouté par Mr Abaléa (?): 1er stage régional d'Aix en Provence en 1950, 6ème stage national de Reims en 1951.(!)

Suite à cette lettre, ou Mr Abaléa dû répondre favorablement, nous avons le retour de courrier de Martial:

Réponse de Martial à Mr Abaléa secrétaire général de l'A.S.B.(6 juin 1951).

(page 1)

 

Réponse de Martial à Mr Abaléa secrétaire général de l'A.S.B.(6 juin 1951).

(page 2)

Sur cette lettre (page 2) nous pouvons lire ce qui a été rajouté par Mr Abaléa (?): Martial Gergotich, C.R.E.P.S. (Football) 8 rue xx Reims (Marne).

Suite à l'accord de l'A.S.B. restait un problème de signature à l'A.S.B.

Lettre de la Fédération à Mr Abaléa concernant la signature de Martial. ( 12 septembre 1951).

 

Réponse de la Fédération Française de Football à Mr Abaléa Secrétaire Général du club concernant la date de qualification de Martial.(16 octobre 1951).

l'A.S.B., consciente d'avoir possédé un joueur d'une grande classe, délégua René Roland afin qu'il négocie son transfert avec ALES. Cette saison fut donc marquée par le retour de Martial, comme joueur, entraîneur expérimenté, rempli de bon sens, lucide, excellent psychologue, à partir de 51 à l'A.S.B., il a la charge de l'ensemble des équipes et continue à jouer en équipe première, cela, jusqu'à 37 ans.

A l'heure où Martial prit en main l'équipe première de l'A.S.B., celle-ci jouait en Division d'Honneur. Sa première saison d'entraîneur fut couronnée de succès. L'équipe fut championne de l'Ouest et gravit ainsi un échelon. La saison 1952.1953 vit l'accession de Brest en Championnat de France Amateur, parvenant ainsi à un niveau tant convoité. Martial GERGOTICH eu la satisfaction de voir ses joueurs et coéquipiers se maintenir dans cette division pendant de nombreuses années.

Martial à Bourg St Morice pour un match de gala le 6 juillet 1952


Debouts de gauche à droite:Henri ANSELMO (Pdt), Adolphe GUGLIERMINA (Adj au Maire), M. TRABAND (Ent), DE CECCO (St Etienne), JACQUIN (St Etienne), REMY (St Etienne), Jean BATTUZ, GERGOTICH (Brest), Octave TRESANINNI (V-Pdt) Accroupis de gauche à droite : Georges GUAYMARD, R. BERSSOULE, René ALPSTEG (St Etienne), Serge TRESANINNI, Joseph DONADIO, Léon ALPSTEG.

Gergo ne tardait pas à laisser s'épanouir une exceptionnelle personnalité. Il se pencha avec passion sur la formation des jeunes. Durant le "règne Gergo", l'A.S.B. put s'enorgueillir de dix ou douze titres de champion de l'Ouest d'équipes de jeunes ainsi que de nombreuses places d'honneur aux concours du "Jeune" et du "plus jeune footballeur" ainsi que de deux places de quart-de-finaliste de la Coupe Gambardella, la Coupe de France des juniors. L'équipe fanion, durant cette période, accumulait d'excellents résultats
L'A.S.B. qui était redescendue en D.H., avec Martial et Sarkis Garabédian comme entraîneurs, retrouve le C.F.A.
Devant ses qualités indéniables d'entraîneur, Martial se vit confier, en 1960, la responsabilité des joueurs de l'équipe de France Amateur afin d'aller participer, à Madagascar, aux jeux de la Communauté Française. Ce tournoi regroupait la France ainsi que toutes les anciennes colonies françaises. "A mon époque, il n'y avait pas d'entraîneur déterminé pour s'occuper à temps complet de l'équipe de France. Nous étions nommés pour diriger l'équipe à un moment donné. Je me suis occupé également de l'équipe de l'Ouest Amateur ". (outre l'équipe première de Brest, ainsi que celles de l'Ouest et de France, Martial fut instructeur des entraîneurs stagiaires jusqu'en 1963).

En 1963, année faste pour l'A.S.B. qui accède en même temps au quart de finale de la Coupe de France et à la finale du championnat de France amateurs.
Pour "Gergo", qui a connu tous les aspects du fonctionnement d'un club sportif, ces succès étaient le résultat d'une compétence à tous les niveaux: dirigeants, entraîneurs, joueurs et même les supporters (n'oubliant pas la célèbre fanfare de l'A.S.B., "Gergo" n'hésite pas à entonner devant nous un couplet de l'hymne qui retentit si souvent dans les tribunes). "La réussite d'un club n'est jamais la réussite d'un seul homme" conlut-il. Il y a là de quoi faire réfléchir les présidents stars de certains clubs actuels...
Malheureusement Martial ne connut pas la joie de la montée mais prouva, si c'était encore à faire, qu'il fut un entraîneur de talent capable de mener son équipe très loin. En effet, cette saison, l'A.S.B. ne se contenta pas de finir première de son groupe, elle s'offrit le luxe de faire un très beau parcours en Coupe de France. Les " BLEUS DE FRANCE ", sous la direction de Martial, rencontrèrent le Racing Club de Paris en huitième de finale; résultat du match: Brest: 1 - R.C.Paris: O. Saison d'apothéose; les joueurs vivaient un rêve. Malheureusement la veille des quarts de finale, opposant Brest à Toulon, Martial fut terrassé par une hémiplégie. Le moral des joueurs était au plus bas. Ils furent battus 1 à O. Cette saison d'euphorie se terminait donc au plus mal et marquait la fin de carrière d'un entraîneur à l'apogée de sa gloire. Les dirigeants de cette saison, Armand Marc, Léon Guiard, René Roland, Charles Colemard espérèrent tous voir Martial refaire surface. La saison suivante fut une année de flottement, Martial ne pouvant assurer l'entraînement. De plus, l'A.S.B. perdit quelques bons éléments, dont Marc Rastoll qui signa un contrat avec Sedan.

Recueilli par Bernard Verret dans son livre Les grandes Heures du F.C.Nantes, publié par PAC en 1981

Matial faisait aussi des "piges" pour son plaisir. Ici à Plouvaine en Suisse. Bien accompagné: Jean Prouff, Vignal...


Martiaf Gergotich est avant tout un enfant du pays, Né à Brest le 22 septembre 1919. C'est évidemment au club local qu'il a fait ses débuts en 1934 et a joué ensuite en cadets et juniors. Durant les années 1937-38-39, il effectue son service militaire à Saint-Brieuc, et joue alors au Stade Briochin. En 1940, il revient à Brest dévasté par la guerre où seule subsiste une équipe fantomatique.
En 1941, on le retrouve sous les couleurs de Saint-Pierre de Nantes. Il est toujours dans cette équipe quand, après plusieurs fusions, elle devient le F.C.Nantes. lI cesse d'être amateur lorsque le club se lance, en 1944, dans .je professionnalisme.
En 1947, il est transféré à Alès où il fait la connaissance d'un jeune entraîneur... Pierre Pibarot. Il y reste jusqu'en 1951, date à laquelle il obtient le diplôme fédéral d'entraîneur à Reims après avoir obtenu le régional en 1950 à Aix.
Le 1er juillet 1951, il devient l'entraîneur de l'A.S.Brest qu'il n'a pas quitté depuis. Au sein du club, Martial Gergotich n'a guère de temps pour les loisirs. Il dirige, en effet, l'entraînement de toutes les équipes et en tant que secrétaire administratif doit s'occuper d'un important courrier. Il n'aime guère d'ailleurs qu'on lui demande s'il exerce un second métier.
Comment se présente l'entraînement? Martial Gergotich répond lui-même: "Tous mes joueurs travaillent, donc pas de problème, l'entraînement a lieu le soir après la journée. Exceptionnellement le midi, surtout l'hiver, mais cela est difficile car l'intervalle de temps est très court. Les minimes viennent le jeudi matin et , l'après-midi de ce même jour est réservée à l'école de football pour les poussins et les pupilles. En ce qui concerne les jeunes, je suis aidé par les joueurs Cerveau et Saleun qui sont tous les deux professeurs d'éducation physique. "
La plupart des joueurs actuels de l'équipe première ont été formés par lui.
Voici lesquels et à partir dff quel moment: Coat (cadet), Craveur (pupille), Drogou (junior), Kerdraon (junior), Le Borgne (junior), Loaec (minime), Marzin (minime), Rastoll (junior), Thétot (minime).

France.Foot. Avril 63.

En 1965, l'A.S.B. fit appel à un nouvel entraîneur: M.GauIon. Après plus d'un an de grosses difficultés physiques, Martial se rétablit progressivement et revint au Stade de Ménez-Paul, non plus en temps qu'entraîneur mais afin d'aider les jeunes joueurs en leur faisant profiter de ses acquits. "Je dois dire que les dirigeants de la Ligue de l'Ouest m'ont beaucoup aidé à reprendre confiance en moi. Ils m'ont contacté en me demandant de bien vouloir participer aux stages de formation afin de conseiller les jeunes". Son passé s'est un peu envolé lorsque les pelleteuses sont arrivées pour démolir le stade de Ménez-Paul. Stade rempli de souvenirs, qui avait vu tant de victoires. Lui qui avait assisté, enfant, à l'inauguration, le 11 novembre 1933, du "Parc des Sports" de l'A.S.B. fut également présent lors de son effondrement. Le Stade a donc lâché Martial tandis que lui restait fidèle à son club depuis plus de trente ans. Même si cet homme éprouve toujours pour le football cette même passion, ce même dévouement (c'est avec joie qu'il veille sur les jeunes loups de l'A.S.B.), il avoue être dépassé par les mentalités qui ont énormément changées; "Aujourd'hui, les entraîneurs n'hésitent pas à quitter une équipe pour partir dans un club plus offrant. L'argent a bouleversé bien des attitudes et la fidélité n'est plus présente au cœur des hommes. Hormis les problèmes financiers, les dirigeants et le public sont beaucoup plus exigeants et lorsque les résultats ne sont pas concluants, les capacités de l'entraîneur sont mises en doute. Malgré la réussite de l'A.S.B., lorsque l'équipe était sous ma responsabilité une saison nous avons frôlé la descente en division inférieure. Les dirigeants m'ont cependant toujours fait confiance et j'ai conservé mon poste. A présent, le football est devenu une telle entreprise que les résultats doivent être impérativement positifs". La fidélité est le trait de caractère principal de Martial. Revenu à l'A.S.B. en 1951, il ne l'a plus quittée, ne pouvant oublier les bonheurs que lui ont procuré les différentes équipes dont il s'est occupé. En effet, Martial n'est pas uniquement le formidable entraîneur qui a mené onze joueurs en 1/4 de finale de la Coupe de France en 1963, il s'est toujours intéressé aux autres formations évoluant dans le club. Et il n'est pas rare aujourd'hui de rencontrer cet homme de soixante-six ans aux détours de la pelouse de l'A.S.B.
Les minimes et les cadets de l'A.S.B. qu'il a entraîné longtemps, jusqu'à voir deux générations se succéder sur le terrain, ont toujours mobilisé son intérêt, "Ils sont l'avenir du foot" dit-il, regrettant le trop grand déséquilibre d'intérêt et de moyen entre les grands du professionnalisme et la masse des pratiquants et des bénévoles des "petits clubs". "Gergo" a cessé l'année dernière ses activités d'entraîneur à l'A.S.B, mais cela ne signifie pas pour lui l'éloignement des terrains. Et quand il accompagne son petit-fils cadet il a, dans son coffre de voiture, quatre ou cinq ballons au cas où l'entraîneur serait absent. Croyez-vous que l'on puisse guérir d'une telle passion?

J. Y. Le Maire

GERGO... Les yeux plus bleus qu'hier
Certes, il y eut des orages, comme dans tous les ménages. Même une séparation de quelques mois... Une rupture plus fictive que réelle. Martial Gergotich et l A.S.B. demeurent liés pour toujours. "Salut vieux soldat!" expression pleine d'amitié de René Rolland, quant il retrouve Gergo à Ménez-Paul; l'heure n'est pas au rendez-vous du souvenir... Disons seulement que le Père Martial, voilà "trente piges" que le secrétaire général du club, en ce temps là, vint le chercher du côté d'Ales et qu'aujourd'hui, il a les yeux plus bleus qu'hier... et bien moins que demain... Il s'occupait des jeunes avec cet amour de continuer à former les gamins selon ses conceptions, avec le label de qualité "École de l'A.S.B." Une tradition. Gergo a toujours su faire partager son goût du beau football. La technique collective... Le travail bien fait... l'harmonie totale. Roger Lemonze, le président général, le rappela la saison dernière, pour apporter son concours au niveau de l'équipe 1. Un rôle de conseiller "tout court", dans tous les domaines du ballon. "Le foot, Gergo le connaît sur le bout des doigts, il eut été regrettable de ne pas en profiter", arguait Roger Lemonze. Ainsi fut formé le nouveau tandem "Gergotich-Bourse". Les résultats n'ont pas traîné. De cette coopération amicale d'un ancien et d'un jeune responsable, l'A.S.B. a gravi un échelon, après avoir frôlé la catastrophe au milieu de la saison. "Il n'y a aucun problème avec Martial", nous confiait Roland Bourse. "Les discussions sont toujours franches et directes. Je prends des décisions en fonction de ces échanges". Gergo suit généralement les entraînements de l'équipe 1. Il n'a pas son égal pour définir une tactique sur tableau noir, "Bourlingueur" du football, il repart pour une nouvelle saison, avec joie, sur tous les terrains, sur tous les bancs de touche ; parce que c'est sa vie!

Yvon Joncourt et Georges Cody Le Télégramme 25-26 août 19


24-05-87
Dimanche à Menez-Paul, c'était jour de fête pour Martial Gergotich

Le dernier carré des anciens échange ses inquiétudes, il dit que l'A.S.B. se meurt tout doucement. Et pourtant, l'esprit du club demeure bien vivant. Pour preuve la belle démonstration des juniors 73, finalistes de la Gambardella, et des bleus des saisons 80. Ils fêtaient Martial Gergotich simplement pour le remercier de sa présence parmi eux depuis toujours. Personnage hors du commun, Gergo ne prend pas sa retraite mais il va tout de même prendre un peu de recul, diminuer ses activités, tout en poursuivant sa collaboration au sein du district. Il viendra donc, sans doute un peu moins à Ménez-Paul. Martial rappelait qu'il avait signé sa première licence à l'A.S.B. en 1934, et qu'il revint au club en 1951 après quelques années de professionnalisme à Nantes et Ales. Ensuite, à part un petit séjour au P.L. Lambézellec, où il découvrit entre autres Claude Gestin et Bernard Le Guen, il n'a plus jamais quitté son domaine de la route de Gouesnou. Dimanche dernier Martial ne cachait pas une certaine émotion.
Il manquait Pierrot Bianic des héros de la Gambardella
Il manquait surtout le talentueux meneur de jeu, Pierrot Bianic. "Il n'a pu se libérer", regrettait Jacques Jousseaume, " Pierrot participait à un semi-marathon, sans quoi, bien entendu, il était des nôtres". Nous retrouvions donc Patrick Le Foll, gardien de but, qui s'illustra en particulier contre les nîmois; Christian Quivouron évolue toujours au Stade Plabennécois. André Boênnec, le solide stratège, se laisse vivre sans plus aucune préoccupation sportive, après avoir entraîné Saint-Guénolé de Plougastel. Jacques Jousseaume effectuait en quelque sorte son match d'adieu. Didier Salou joue toujours à Guilers. Daniel Hamon, le buteur, et Gérard Tanguy, continuent de secouer les filets pour le bonheur de l'ASPTT de Claude Fisset.
Jean Cari "on n'a pas changé"
En face, l'équipe 80 qui passera six buts aux "jeunes". La supériorité paraissait bientôt aussi évidente sur le papier que sur le terrain. Une bien belle sélection, avouons-le avec Bernard Roumier (Gars du Reun), Georges Pello (entraîneur-joueur de Plounévez-Lochrist), Roland Le Boedec (La Montagne), André Pallier (Plouzané), Jean Vasseur (entraîneur-joueur à Pont-Aven), Michel Pen (ne joue plus), Serge Lannuzel (annoncé comme entraîneur à Locmaria), Jean-Yves Abiven (entraîneur-joueur au Stade relecquois), Jean Cariou (entraîneur-joueur de Plogonnec), Pascal Iquel, Yvon Corre (Stade brestois), Pierre Paugam (entraîneur-joueur de Saint Thégonnec). Christian Gouriou remplissait les fonctions de manager. "Nous avons réussi un score à la hongroise", se flattait le responsable. Les "jeunots" ne se relevèrent jamais des trois buts marqués par le cultivateur de Plogonnec. Le soir, à Kéraudren, le buffet campagnard n'engendra pas la mélancolie. Gergo possède bien des talents de société pour finir selon la tradition par de bonnes histoires et la chansonnette.

Georges Kody "Le Télégramme"

1988
Martial reçoit le trophée du Mérite Sportif de la ville de Brest comme dirigeant Sportif.


1992
Cheveux blancs mais regard clair, Martial Gergotich est toujours là. Disponible. A plus de 70 ans, sa fraîcheur est intacte. Celui qui en 1933 tout minot débuta à Ménez-Paul avant d'être de la première équipe professionnelle du F.C. Nantes, puis d'Alès, a toujours vu la vie en bleu; la couleur du club, et quelles qu'aient pu être ses bonnes et mauvaises fortunes. En 1951, diplôme d'entraîneur en poche, retour à Brest. Il fit remonter en CFA (championnat de France amateur) une équipe qui allait lui donner de belles satisfactions.
Des souvenirs terribles. Pêle-mêle: l'entraînement de l'équipe de France amateur en 1960-61, le Challenge France football récompensant le meilleur club amateur, la finale du CFA contre Ajaccio. Je confonds un peu les années, s'excuse-t-il. Ah! et puis, il y a aussi des titres en jeunes car en définitive, son truc à lui, c'est bel et bien s'occuper des jeunes pousses. Ce qui lui permet d'être toujours là. Comme Charles Colemard, au club depuis 1930 et qui entame par conséquent sa 62ème saison chez les, Bleu de France. " Vous savez, déclare ce dernier, quand on a le foot dans la peau on se fait à toutes les situations. Et tant que les jeunes marchaient bien, on ne s'est pas senti inutiles".


L'adieu à Martial
Ce n'est pas une mais plusieurs pages, parmi les plus glorieuses, de la vie de l'AS Brestoise qui ont été tournées avec le décès de Martial Gergotich, survenu lundi soir à l'âge de 77 ans. " Mon cœur est bleu, comme la couleur de mes yeux ", aimait à répéter celui que tout le monde appelait affectueusement Gergo qui mit sa passion et sa compétence au service du club asbéiste durant l'essentiel de sa carrière. Il y signa sa première licence de joueur à 16 ans, avant d'émigrer au Stade briochin, puis à la St Pierre de Nantes. A son poste de demi, il devint comme professionnel le premier capitaine du F.C. Nantes en 1943. S'il fut convoité par le Stade de Reims, Gergo poursuivit son parcours pro à l'Olympique d'Ales où il fut l'objet d'une présélection en équipe de France. Bien que toujours joueur, il embrassa la carrière d'entraîneur lors de son retour, en 1951, à l'A.S.Brestoise qu'il fit accéder rapidement au CFA. Entraîneur de l'équipe de France amateur au début des années 60, Gergo allait conduire "les Bleus de France" vers deux titres de champions du groupe ouest de CFA. Mais les plus beaux faits d'armes eurent lieu en 1963 avec une finale du championnat de France amateur disputée par l'A.S.B. face au Gazélec d'Ajaccio et un quart de finale de coupe de France face à Toulon (0-1) au Mans. Surmontant l'hémiplégie dont il fut victime à l'approche de cette dernière rencontre, Gergo consacra ensuite ses qualités de technicien et de fin pédagogue à la détection et à !a formation des jeunes. Tant à l'A.S.Brestoise où il fut un guide précieux pour plu sieurs générations de joueurs que pour le compte des sélections départementales où il eut, notamment, sous sa coupe les Le Roux, Le Guen, Colleter, Guérin, Martins. A 75 ans, on le voyait encore arpenter le stade de Ménez-Paul en quête de nouvelles émotions footballistiques. Gergo laissera le souvenir d'un homme très attachant, d'un compagnon agréable doté d'un solide sens de l'humour. A sa famille et à ses proches la rédaction sportive du Télégramme présente ses sincères condoléances. Ses obsèques seront célébrées aujourd'hui à 16 h 30 en l'église Saint-Martin de Brest.
Le Télégramme

Mot du présidentHistoire : Menez-Paul : Partenaires : Ils ont porté notre maillot : Convocations : Contacter l'A.S.B. : Arbitres : Index : Anciens dirigeants, éducateurs & arbitres.
Mise à jour: sam 5-jui-04 22:31 x