Gambardella:
L'épopée de l'année 1973

Mot du présidentHistoire : Ménez-Paul : Partenaires : Ils ont porté notre maillot : Convocations : Contacter l'A.S.B. : Index : Anciens dirigeants, éducateurs & arbitres.
l'année 1973 - Huitième de finale - Quart de finale -Demi-finale

Grands matches:

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Stade Rennais

Finale à Quimper, stade de Penvillers: Rennes - A.S.Brest (1-1) Rennes (6 tab à 5).


Dimanche 10 Juin à 18 h

A.S.Brest

 

 

 

 

Le Foll

 

C.Gestin

Quivouron

Le Gueux

Philippot

 

Boucher

Jousseaume

 

H.Gestin

Hamon

Elléouet

Boënnec

Remplaçants: Salou, Tanguy, Stéphan

Gauvin

Perrier

Orhan

Gourcuff

 

Boué

Arribart

 

Roulin

Rabier

Clolus

Jeulan

 

Hiard

 

Stade Rennais

Les Rennais Rabier et Hiard sont devenus pro par la suite.

Gambardella: une finale surprenante
Notre confrère, Philippe Tournon, consacre dans "France Football" de cette semaine un article à la coupe nationale des juniors, article qu'il a intitulé: "LA FÊTE BRETONNE". Ce sera, en effet, dimanche, à 18 heures, au stade de Penvillers à Quimper, la fête du football breton. Certains esprits chagrins pensent qu'une rencontre de jeunes ne peut pas attirer la grande foule. On avance des chiffres: 2.000 personnes à 3.000 personnes au maximum. 2.000 personnes, c'est-à-dire moins qu'il n'y en avait à Ménez-Paul pour la demi-finale A.S.Brestoise - Nîmes. Si cela était, ce serait à désespérer de tout. Car, croyez nous, pour nous qui avons vécu la demi-finale Rennes-Monaco, en principauté, nous pouvons dire sons craindre de nous tromper que nous n'avons guère vu cette année avec les seniors de rencontres de ce niveau technique. Pas plus que nous n'avions vu un engagement physique comparable à celui de la rencontre Nîmes - A.S.Brestoise dans la cité gardoise, la veille. Ce fut un match d'hommes. Viril (parfois même méchant de la part des Nîmois) disputé avec un acharnement que l'on retrouve seulement en coupe. Pas comparable du tout avec la rencontre aller. Ce jour-là, les Brestois avaient joué en grands seigneurs, comme le firent les Rennais au stade Louis Il. C'est ce qui nous permet de dire que les absents auront tort dimanche. Ils sont assurés d'assister à du bon football. Cela leur permettra aussi de découvrir les futures vedettes du football breton. Ce n'est tout de même pas le fait du hasard si les deux équipes se retrouvent en finale. A Brest, les spectateurs de la rencontre Lorient-Guingamp avaient pu assister à une étonnante démonstration des juniors nantais au détriment des Vannetais de l'U.C.K. Ce jour-là, Shanoun avait fait un véritable festival. Lorsque l'on apprit que les Brestois auraient le redoutable honneur de rencontrer ces mêmes "Canaris" à Rennes, on se demanda à quelle sauce ils allaient être mangés. Contre toute attente, ils se qualifiaient aux penaltys. Or, ces Nantais faisaient figure de vainqueurs possibles de la coupe. Certes, Shanoun était absent. Mais son absence permettait de démontrer les limites de la formation nantaise. Nantes éliminé, la route s'ouvrait toute grande devant les Brestois, qui, dès lors, commencèrent à y croire. Lens, puis Nîmes furent leurs autres victimes après des rencontres épiques. On ne donnait pas une chance non plus aux Rennais qui devaient, pour atteindre la finale, battre les Monégasques, vainqueurs l'an passé. Et pourtant, c'est le plus logiquement du monde qu'ils se sont qualifiés. La seule chose dont on puisse être sûre, c'est que pour la première fois depuis 1955, le vase de cristal restera en Bretagne. Mieux même, ce sera la troisième fois que deux clubs d'une même Ligue en découdront. En 70, Saint-Étienne avait battu Lyon aux penaltys 4 à 3 (3 à 3 à la fin du temps réglementaire). L'année suivante, les Lyonnais prenaient leur revanche en battant les Stéphanois 2 à 1. L'A.S.B. troisième amateur? A ce jour, deux formations amateurs ont inscrit leur nom au palmarès de la coupe Gambardella: Quévilly, victorieux du Stade français en 1967 (2 à 1), et Martigues, qui avait battu Reims au bénéfice de l'âge en 1968. Les deux équipes avaient fait match nul 2 à 2, obtenu chacune 7 corners. l'A.S.Brestoise sera-t-elle la troisième formation amateur à inscrire son nom au palmarès? La réponse sera connue dimanche sur le coup de 19 h. 45 à Quimper.

Émile FOULER "Le Télégramme".

 

Les Brestois auront même leurs petites fées...
Quelque part dans la galaxie, une étoile plus brillante, où l'on voit la vie en bleu. Là-haut, une famille avec de belles filles blondes et brunes, amoureuses sans doute de ces petits dieux du football, s'apprêtant à quitter leur planète pour vivre avec les juniors "Bleus de France", le grand soir: la finale.
Henri Le Dauphin fut surpris, mais tellement heureux quand une voix douce au téléphone lui a dit: "Nous sommes les majorettes de Breiz-Galaxie. Nous voulons aller avec les juniors. à Quimper. Nous ouvrirons le chemin de la victoire, nous danserons pour eux, nous guiderons leurs pas sur la pelouse de Cornouaille."
La réponse jaillit: "bien sûr vous êtes des nôtres. Tout le monde doit être avec nous pour cette soirée inoubliable. Il ne manquait d'ailleurs que quelques fées pour bâtir la légende. Elles nous tombes du ciel..."
A Brest toute la ville a le cœur qui bat pour ces onze garçons à la conquête du trophée de cristal dans une communion totale, dans une ferveur dépassant l'imagination.
Combien de supporters engagés dans le dernier acte de l'épopée? voilà une question à Iaquelle il est difficile de répondre. Six autocars, peut-être plus. Un millier de voitures de Brest et de sa région. Un long cortège vers le sud, habillé de bleu. Une centaine de fanatiques de la moto, pour une concentration à Penvillers.
Des jeunes, des milliers de jeunes de toutes les bourgades, de tous les quartiers de la ville du Ponant. Au coude à coude dernière ses copains de leur âge, les portant Vers l'exploit. Quelle réussite! Oui, c'est fou comme Ia jeunesse ace terrible engouement.
Les juniors de l'A.S.B. une histoire de Pentecôte, un souffle nouveau, un miracle, avec à l'horizon pour le vieux club en pleine régénérescence, la terre promise.

On s'arrache les derniers fanions
Au Club house de Ménez-Paul, une caisse de fanions, datant d'une autre époque, attendait des jours meilleurs pour être dévalisée. La finale est venue, on s'arrache ces petits drapeaux bleu et blanc qui décoreront, demain, toutes les voitures, et le club devra être réapprovisionné.

Appel téléphonique
Le téléphone sonne constamment au secrétariat de l'A.S.B. Au bout du fil des supporters asbéistes interrogeant sur les réservations de place pour les autocars et pour les billets d'entrée à Penvillers. Ces appels proviennent de toutes les communes du Finitère-nord, et même des Brestois exilés à Paris, qui s'apprêtent à descendre en Cornouaille.

45 majorettes en bleu et blanc
Les quarante cinq majorettes de PIouzané, supportrices d'un jour des jeunes "Bleu de France", possèdent une tenue de parade aux couleurs du club brestois.

Le bagad d'Egué-Armel
Les dirigeants quimpérois ont bien fait les choses. Une finale de Coupe entre deux clubs bretons ne pouvait se passer d'un petit air de biniou et de bombarde. Le bagad d'Ergué-Armel assurera ce côté folklorique.

Étendards
Claude Le Goff n'a pas hésité à faire confectionner une demi-douzaine d'étendards supplémentaires pour cette journée d'apothéose.

Un Score très serré
Les feuilles de pronostics s'enlèvent comme des petits pains. Les pronostiqueurs sont très partagés sur le nom du favori de même que les scores s'inscrivent sur le plus petit écart. Sans oublier que beaucoup de sportifs prévoient l'épreuve reine de Ia Gambardella: les penalties.

Les juniors de Kiel
Les juniors de Kiel arriveront, aujourd'hui, en gare de Brest. La première mission d'Henri Le Dauphin sera de leur dire: "vous jouez demain, en lever de rideau de Ia finale contre les Stadistes, quimpérois."

Sous le regard d'Henri Guérin

Henri Guérin accompagnera M. Belloni pour cette finale, montrant ainsi son intérêt aux espoirs des clubs brestois et rennais.

Les breloques viendront plus tard
Belloni viendra à Penvillers sans les breloques souvenirs de Ia finale. En effet, le responsable de la Gambardella s'est excusé de ne pas avoir eu le temps de les faire graver. Qu'importe, a-t-il dit," je reviendrai donc vous les remettre officiellement à Brest."

Ce qu'ils pensent de la finale

Charles Colemard
Président de l'A.S.B.: le président asbéiste a suivi le dernier entraînement de ses juniors. Il les rejoindra dimanche matin à Loctudy. "Tout va bien lâche-t-il, les blessés sont rétablis, nos gars out prouvé à Nîmes qu'ils savaient se battre Je suis donc confiant pour cette finale ".

Lucien Cerveau:
"Je ne connais pas les Rennais. Je sais simplement qu'Ils pratiquent un. 4-4-2, donc il faudra se méfier des contre-attaques".
L'entraîneur asbéiste sera à Loctudy dès aujourd'hui: "On ne parlera pas de ballon, assure-t-il, une bonne décontraction dans le calme, dans Ia meilleure ambiance. Je constate que nos joueurs sont détendus pour cette finale... c'est bon signe ".

Zé Kerdraon, le manager...
Le père de l'équipe Zé, l'ancien, a déjà vécu trois fois des matches de quarts de finale avec l'A.S.Brestoise: "La finale a-t-il dit, c'est le pIus grand événement de ma vie de dirigeant". Il parle du grand jour avec calme, des propos mesurés, sans excès de confiance. Il emploie des mots simples, directs solides. Il connaît l'art de faire partager à ses mômes sa détermination. "Nous partons pour gagner. Bien sur je prêche le combat total. Il faut aussi que la chance soit avec nous. Une chose est certaine la coupe sera bretonne alors autant qu'elle vienne chez nous".

Henri Le Dauphin.
"Naturellement nous voulons gagner cette Coupe, mais' l'important c'est d'être arrivé à cette finale et de vivre cette fête bretonne. Croyez-moi, l'engagement physique, l'esprit de corps de notre équipe seront nos meilleurs atout".

Où l'on reparle de CIaude Lelouch
Dernièrement M. Belonie, président de la Gambardella, rencontra Claude Lelouch à Orly pour être précis. Au début de la semaine, le président de la Coupe confiait à Henri Le Dauphin qu'il avait en cette circonstance interrogé le célèbre cinéaste sur les chances des jeunes "Bleu de France" de gagner la Coupe. Claude Lelouch n'a pas hésité à répondre que dans cette finale bretonne il tablait sur le courage des Brestois comme à Nîmes. Quant à sa présence à Penvillers, il est possible que... De toutes manières son sosie sera présent.

Un téléviseur à gagner
Après le succès obtenu par le premier concours de pronostics à l'occasion de la rencontre A.S.B. - Nîmes, les dirigeants asbéistes ont relancé l'épreuve pour la finale à Quimper. Premier prix: un téléviseur, et dès la mise en vente des questionnaires on s'arrachait les bulletins.

Bleu, blanc, bleu.
C'est Claude Le Goff qui eut cette initiative de décorer sa vitrine aux couleurs "Bleu de France". Plusieurs commerçants n'ont pas hésité à annoncer de cette manière la finale de dimanche prochain. L'état-major asbéiste lance d'ailleurs un appel pour que toutes les devantures s'habillent en bleu - blanc - bleu pour marquer un événement sans précédent pour la ville de Brest.

14 h. 30 : départ de Ménez-Paul
Il reste encore des places dans les autocars pour Penvillers. Rappelons que les inscriptions sont prises au café "Le Cep", place de la Liberté; au café du "Petit Paris" et aux "Caraïbes". Un immense cortège de voitures décorées aux couleurs brestoises escorteront les autocars, les dirigeants de l'A.S.B. invitent d'ailleurs tous leurs supporters et amis à se regrouper à 14 h 30 au parking face à Ménez-Paul pour le départ du convoi, de même qu'il leur sera possible de trouver sur place les fanions du club.

Des jeunes supporters venant de Kiehl
Les juniors de Kiehl, ville jumelle de Brest, arrivent samedi. Champions de leur province, les jeunes Allemands, avant d'affronter leurs amis brestois mardi prochain, à 17 heures, seront les invités de l'A.S.Brestoise, ils se rendront ainsi à Penvillers pour encourager les "Bleu de France".

"Au vert" à Loctudy
Les juniors de l'A. S. B. avaient demandé à leurs dirigeants de leur découvrir un lieu de retraite pour la veillée d'armes, afin de préparer dans le calme le dernier combat. Zé Kerdraon et Charles François, les dévoués managers, fixèrent leur choix sur la charmante station balnéaire de Loctudy où ils s'installeront dès samedi midi.

La cheville de Boënnec inquiète toujours
Sérieusement touché à Nîmes, l'ailier asbéiste André Boënnec inquiète toujours ses responsables à quelques jours de la finale. Mardi soir il tenta de frapper le ballon, mais très rapidement il dut renoncer. Paul Le Pape poursuit activement les soins, tout en étant très réservé sur la participation d'André Boënnec.

Jacques Jousseaume fatigué
Jacques Jousseaume paraissait marqué par les efforts du match qu'il disputa dimanche dernier avec la sélection de l'Ouest à Saumur. Pour le premier entraînement de la semaine, mardi soir, Lucien Cerveau évita d'accentuer la fatigue. Christian Boucher, légèrement blessé la semaine passée, avait préféré ne pas participer au match de Saumur.

Kerdreux au Stade landivisien?
Kerdreux, l'excellent demi asbéiste, semble tenté par le Stade Landivisien. On en parle d'autant plus que son beau-père n'est autre que le président du club entraîné par Michel Abautret cependant Lucien Cerveau espère conserver un élément aussi précieux.

Entrée gratuite pour les scolaires
Comme à Ménez-Paul pour la demi-finale, l'entrée sera gratuite pour les scolaires. Des jeunes Brestois ont déjà prévu de camper dans les environs de Penvillers pour le prochain week-end de la Gambardella.

Émile FOULER "Le Télégramme".

Finale de la coupe Gambardella, dimanche 18 heures à Penvillers: A.S.B. - Stade Rennais
Deux équipes au style très différents.
D'un côté les rennais, à la technique très affirmée, faisant circuler très agréablement le ballon, s'appuyant sur des joueurs de grande classe comme Hiart, goal de l'équipe de France, et Rabier, arrière central de la même formation. Ces deux joueurs seront soutenus par les excellents organisateurs que sont Orhan qui ne tardera pas à faire son entrée en équipe pro et le trébouliste Gourcuff qui malgré sa lenteur est le maître pourvoyeur de l'attaque dans laquelle les rapides Perrier et Gauvin donnent bien du souci aux défenseurs adverses. Rappelons que pour parvenir à ce stade de la compétition, les Rennais ont éliminé Sedan en quart et Monaco en demi-finale.
Les brestois de l'A.S.B. n'ont sans doute pas une carte de visite aussi relevée que celle de leurs adversaires. Ils ont pourtant des joueurs de classe comme Jousseaume et Boucher sélectionnés de la ligue qui peuvent rivaliser tous les jours avec les Ohran et Gourcuff et Cie. Mais ce qui fait sans doute la grande force des Nord-Finistèriens, c'est leur esprit d'équipe, leur camaraderie. Tous travaillent avec le même cœur et la même ardeur à la défense de leurs couleurs. Leur vitesse de jeu, leur engagement physique, leur vitalité peuvent compliquer la tâche des Rennais.

Les blessés sont guéris, l'A.S.B. alignera son équipe type.
Le terrain avenue de Ménez-Paul, ressemblait à une cour d'école en terre battue, la pelouse principale vient d'être ensemencée, c'est pour cette raison que Lucien Cerveau réunissait tous ses juniors dans des conditions d'entraînement assez difficiles, sous un soleil ardent et dans la poussière. 35 minutes de séance, un léger dérouillage physique au préalable puis, travail technique individuel avec beaucoup de ballon pour le plaisir de ces garçons qui paraissaient tous détendus et ne pensant pas trop à la grande finale de dimanche à Penvillers. Les propos des "Bleu de France" ne trompent pas, ils croient dur comme fer que le vase de cristal sera lundi au club-house de Ménez-Paul.
Tout va bien, Paul Le Page s'est penché sur les blessés qu'on soigna avec habileté toute la semaine, les nouvelles sont rassurantes, la vilaine entorse d'André Boënnec semble en bonne voie de consolidation totale, l'ailler gauche asbéiste évita de frapper dans le ballon avec force, précisant avec foi: "De toutes manières, je jouerai contre Rennes". Patrick Le Foll se plaignait d'une douleur au genou, petit accident de l'entraînement de mardi dernier, le goal brestois ne se ressentait pratiquement plus de ce choc, d'ailleurs, il se donna an maximum dans sa cage sous les tirs tendus de ses coéquipiers. Quant à Hervé Gestin, le petit ailler droit aux dribbles étourdissants, sa blessure à un pouce ne lui causait plus de souci, de même que Christian Boucher se déclarait guéri d'une légère élongation à la cuisse. Devant ces confirmations rassurantes, Lucien, Cerveau n'hésitait pas une seconde en annonçant son équipe type pour l'ultime bataille de la Gambardella, "Tous nos gars, concluait-il, sont prêts à livrer le combat aux Rennais avec cette même détermination, cette même audace que devant Nîmes".
La formation de l'A.S.Brestoise : Le Foll, Claude Gestin, Quivouron, Le Gueux, Philippot, J.Jousseaume, Christian Boucher, Hervé Gestin, Hamon, Elléouet, Boënnec. Remplaçants: Salou, Stéphan, Tanguy.

Penvillers, demain, 18 heures, finale bretonne pour deux grandes équipes Juniors
Que ce soit au club house de l'A.S.Brestoise à Ménez-Paul ou au siège du Stade Rennais quai Lamennais, à Rennes, il y a déjà une petite place de faite pour placer le vase de cristal qui récompensera pour cette année le vainqueur de la coupe Gambardella sacrée meilleur équipe française junior de l'année.
Car demain à 18 h. au stade de Penvillers, à Quimper, les deux formations bretonnes vont se rencontrer pour la première fois cette saison, en une rencontre qui s'annonce on ne peut plus indécise. Face à face, deux équipes animées du même désir de s'imposer, mais qui ne disposent pas des mêmes armes pour y parvenir. Indiscutablement, les hommes de Frédo Garel pourront davantage compter sur leurs individualités, alors que les Brestois peuvent arguer de leur homogénéité pour l'emporter.
Le Stade Rennais à Monaco en demi-finale, ce fut surtout Perrier. Ce jour-là, l'avant-centre rennais, il est vrai, remarquablement servi par ses partenaires Orhan, Gauvin. et Arribart s'étaient joué d'une défense monégasque qui était apparue lente et mal inspirée et en particulier son gardien de but Abler, pourtant gardien international. Perrier, en marquant quatre buts, avait pallié les insuffisances défensives de ses partenaires qui avaient offert trois buts aux attaquants de la principauté. En ce dimanche de mai, les défenseurs locaux, en jouant la ligne, avaient tout fait pour favoriser Perrier dans ses entreprises. Au démarrage, l'avant-centre rennais prenait tout à coup un mètre à ses adversaires. Les Brestois ne commettront sans doute pas la même erreur.
Les hommes de Cerveau ont prouvé devant Nantes à Rennes, devant Lens à Rouen, et lors de la rencontre retour à, Nîmes, qu'ils savaient se serrer les coudes quand le besoin s'en faisait sentir. Devant Lens, en fin de rencontre, les défenseurs gardèrent leur sang-froid et parvinrent de ce fait à conserver l'avantage d'un but qui était le leur à ce moment. A Nîmes, ce fut encore plus net. S'ils avaient perdu leur sang-froid, les Brestois auraient été balayés par la furia nîmoise (ce ne sont pas les pros nantais qui nous contrediront). Au contraire, aux pires moments de la rencontre, ils s'attachèrent à jouer calmement au football. C'est ce qui leur permit de s'en tirer à moindre frais et de se qualifier par la suite aux penalties. La grande force des Brestois reste donc leur homogénéité.
Ils possèdent pourtant un joueur de très grande qualité: leur meneur de jeu, Jacques Jousseaume (Photo 26). Ce dernier, souhaitons-le, pourra, dans le contexte d'une telle rencontre, donner une complète idée de sa valeur réelle. Ce ne put être le cas il, Nîmes (où il jouera la saison prochaine). En réalité, on peut se demander si le sort de la rencontre ne reposera pas entre les mains des deux arrières centraux brestois, Quivouron et Le Gueux (excellents tous deux lors des dernières rencontres) qui auront le redoutable honneur de neutraliser Orhan et Perrier. Ce ne sera pas une tâche facile. S'ils y parviennent, ce sera alors à leurs coéquipiers de l'attaque de faire la décision.


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Ligne par ligne: égalité
Prenons ligne par ligne les deux formations en présence. Dans les buts, côté rennais. Pierrick Hiart. Il a déjà opéré une fois en pro. Goal international, il a beaucoup de présence mais n'est pas à l'abri des erreurs comme ce fut le cas à Monaco. En face, Patrick Le Foll (Photo 27). Si ses nerfs tiennent, il doit "sortir" une grande partie et se montrer au moins l'égal de son vis-à-vis.
La défense rennaise possède en Rabier un excellent arrière central. Clolus par contre, risque de passer des moments désagréables avec Hervé Gestin. Côté brestois, pas de problème, la défense reste le point fort de la formation. Deux beaux duels: Quivouron-Perrier et Le Gueux-Orhan (ou vice-versa).
Claude Gestin devra se méfier de Gourcuff, alors que Philippot trouvera cette fois un adversaire à sa taille: Gauvin n'est guère plus grand que lui. C'est finalement peut-être au milieu du terrain que se jouera le sort de la rencontre : Boucher-Jousseaume ou Arribart-Boué? Les quatre hommes sont d'égale valeur avec une légère préférence pour le tandem brestois qui, s'i! parvenait à s'imposer, pourrait alimenter efficacement son attaque, une attaque ou tous sont capables de marquer et où l'on attend un effort particulier d'Elléouet qui possède d'énormes moyens, mais qui ne sait pas toujours en tirer profit. On peut, on doit donc s'attendre à une finale très ouverte, disputée dans le meilleur esprit du jeu, avec deux formations très près l'une de l'autre. Qui l'emportera? Bien malin qui, pourrait répondre avec certitude. Une chose est certaine, il y aura de l'ambiance demain, à 18 h. à Penvillers. Et comme disait Frédo Garel après la victoire des Rennais à Monaco, "I'essentiel est que nous ayons une finale bretonne. Peu importe par la suite qui l'emportera". Alors, le vase à Ménez-Paul ou au quai Lamennais? Réponse demain à Quimper, sur le coup de 19 h.45. Et que le meilleur gagne!

Émile FOULER "Le Télégramme".

Télévision
Pour 1ère première fois dans l'histoire de la télévision française, des juniors vont bénéficier d'un direct sur le petit écran. La finale du championnat de France juniors sera en effet retransmise en direct le dimanche 19 mai (15 h -16 h 30).

9000 spectateurs à Penvillers. 14 penalties pour sacrer le Stade Rennais.
A égalité après 90 minutes de jeu (1.1), juniors rennais et brestois ont fait jusqu'au bout jeu égal. Rennes (6 tab à 5).
Quimper, 10 juin. Le Stade Rennais a enlevé la Coupe Gambardella. Puisqu'il fallait un vainqueur, pourquoi pas Rennes. Mais il faut bien reconnaître que l'A.S.Brestoise méritait tout autant que les Rennais d'inscrire son nom au palmarès à la suite de Monaco. Plus de virtuosité technique individuelle chez les Rennais, plus d'engagement physique et de jeu collectif chez les Brestois qui eurent la malchance d'encaisser le premier but à la 58' minute. Et pourtant... Tout aurait pu changer pour les Brestois si, à la 44' minute, Hamon n'avait expédié dans les nuages un tir qu'il ne pouvait que réussir, alors que la cage rennaise était absolument vide. Hervé Gestin, sur la droite, s'amusait avec Clolus, qu'il mit très souvent dans le vent. Aussitôt, il alertait Hamon, qui, démarqué et dans sa foulée, tirait en force sur Hiart (Photo 28), qui du poing détournait sur Hamon. Celui-ci, au lieu de pousser le ballon au fond des filets, tirait largement au-dessus.(Photo 29) Avec un but d'avance à la pause, tout aurait sans doute changé. Lucien Cerveau, à la fin de la rencontre, regrettait ce but manqué: "Si nous avions mené, les Rennais auraient dû faire le jeu. Au lieu de cela, c'est nous qui avons dû tout faire pour remonter le handicap du but concédé à Perrier, Dommage". Il est certain que ce but raté joua un grand rôle par la suite. Car jusqu'alors, nous avions assisté à une rencontre plutôt décousue. Chacun faisait son petit numéro. Les Brestois jouaient dans un mouchoir, les Rennais laissaient aux seuls Perrier et Orhan le soin de tenter de surprendre Le Foll, au demeurant excellent. Et les deux hommes faillirent bien parvenir à leurs fins, quand, à la (34') minute, Perrier, de 35 mètres en diagonale, alerta son compère, qui prenait le meilleur sur Legueux, mais hélas! ne pouvait au point de penalty que prolonger de la tête sur Le Foll. C'était la meilleure occasion rennaise. Auparavant, Gauvin (21'), à la suite d'une montée offensive, n'avait pu que tirer à côté et Orhan des 18 mètres, sur coup franc (29'), avait expédié un tir que Le Foll avait bien capté. Du côté brestois, on n'avait guère été plus incisif. Tout au plus avait on pu noter une reprise de la tête de Hervé Gestin sur un coup franc donné par Boucher (33') et une tête d'Elléouet sur un centre de Gestin à la (35'). En 45 minutes, c'était peu, très peu même. Mais on sentait les 22 joueurs contractés par l'importance de l'enjeu. Perrier était neutralisé par Le gueux, Jousseaume n'avait pas son rayonnement habituel et les 9.000 spectateurs restaient sur leur faim.


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Le rapide Perrier
La seconde mi-temps allait s'avérer beaucoup plus intéressante, car, dès la reprise, les Rennais paraissaient vouloir, avec l'aide du vent cette fois prendre les choses en main. Les "rouge et noir" avaient abandonné leur 4-4-2 de la première mi-temps. Gauvin tenant, au début tout au moins, le poste d'ailier droit. Mais cela allait être de courte durée. Rapidement, ils se repliaient. Mais la défense brestoise allait commettre une erreur. Une de celles qui ne pardonne pas quand le bénéficiaire se trouve être Perrier. Une longue balle un moment cafouillée lobait Legueux. Perrier, à l'affût aux 20 mètres et à la limite du hors jeu s'en emparait.., et s'empressait avec l'aide du poteau droit d'aller fusiller le malheureux Le Fol! (58'). 1 à 0, le sort était cruel pour les Brestois qui, sous l'impulsion de leur milieu de terrain, allaient réagir. Une première ouverture de Jousseaume sur Gestin était captée par Hiart (60'). Deux minutes plus tard, Jousseaume s'infiltrait entre les défenseurs rennais et plaçait un tir terrible que Hiart détournait une nouvelle fois. Sur ce dégagement, Clolus contrôlait le ballon de la main mais M. Bacou ne réagissait pas. Sur la contre-attaque, suite à une erreur de Quivouron. Perrier, encore lui, tirait dans sa foulée. Le Foll, au prix d'une belle détente, dégageait en corner. L'A.S.B. avait eu chaud et Rennes ratait le Ko.

Le forcing brestois
Avec un petit but de retard, les Brestois se lancèrent à corps perdu à l'attaque. Ils n'avaient plus rien à perdre. (66'): descente de Jousseaume-Elléouet déviée in extremis par un défenseur rennais sur Hiart. Nouvelle contre-attaque rennaise et cette fois, la chance est brestoise. Orhan s'engage. Gourcuff, seul devant Le Foll, tergiverse et le goal brestois dévie sur Gauvin qui tire sur le poteau (68'). Ce sera la dernière action dangereuse des rennais, car par la suite les brestois vont dominer de la tète et des épaules sans pour autant être dangereux, jusqu'à la 84' minute. A cet instant, sur la gauche, Boënnec dispute une balle avec Roullin, la lui subtilise au moment où il va la passer à Hiart. Du gauche, Boënnec loge le ballon dans le but vide. C'est le délire dans le stade. Un dernier tir de Phillippot monté à l’attaque (87'), dernière attaque de Jousseaume, la sortie de Perrier, blessé (88'), et c'est la fin de la rencontre et le tir des penalties. De ces penalties qui font perdre la coupe à l'A.S.Brestoise et qui permettent aux Rennais de l'emporter pour !a première fois. (Photo 30)

Émile FOULER "Le Télégramme".

La fiche technique
Stade de Penvillers -Temps couvert, terrain en excellent état. Vent favorisant Brest puis Rennes. Bon arbitrage de M. Bacou, de Tours, assisté de MM. Caillebotte, de Mayenne, et Behrens, de Saint-Brieuc. 5000 spectateurs payants pour une recette de 41.000 F. 9000 spectateurs environ (entrée gratuite pour les scolaires). Ambiance des grands jours,

Les équipes
A.S.Brestoise: Le Foll,
Claude Gestin, Legueux, Quivouron, Phillippot, Jousseaume, Boucher. Hervé Gestin, Hamon, Elléouet, Boënnec.
Stade Rennais : Hiart, Roulin, Rabier, Arribart, Clolus, Boué, Lidou, Gauvin, Orhan, Perrier, Gourcuff.

Les penaltys
Pour Rennes, première série: Boué qui prend Le Fol! à contre pied, Rabier qui tire à gauche de Le Foll, Arribart: à gauche de Le Foll, pourtant bien parti, Orhan qui, en tentant la feinte au départ, tire tout simplement à côté du but. Roulin: à droite de Le Foll
Pour Brest, première série: Jousseaume: à droite de Hiart, Hamon: Hiart arrête. Elléouet: Hiart est pris à contre-pied, Quivouron: Hiart à nouveau pris à contre-pied, tout comme il le sera par Boënnec qui tire le 5e penalty. A la finale de cette première série, les deux équipes sont à égalité (4 à 4) et il faut une seconde série.
Deuxième série, pour Rennes: Lidou: à droite de Le Foll, Chollet: en finesse, à droite de Le Foll,
Pour Brest: Boucher: à gauche de Hiart, Le Foll qui tire sur la droite de Hiart, mais celui-ci qui a bien plongé et qui a bougé avant le départ de la balle parvient à détourner celle-ci.(Photo 31)


(31)

Les Rennais ont gardé leurs maillots
Les "Bleu de France" tentèrent d'échanger leurs maillots avec les stadistes rennais, ces derniers n'acceptèrent pas de troquer leurs tuniques écarlates et Patrick Le Foll fut très déçu.

Un geste très apprécié
Lorsque M. Belloni eût remis la coupe à Rabier, le capitaine rennais la porta dans les mains de Patrick Le Foll. Un geste très apprécié et significatif qui fut chaudement applaudi.

Cerveau "Après l'égalisation je pensais gagner"
L'égalisation d'André Boënnec entraîna un assaut général des Brestois: "Je pensais gagner dans les dernières minutes, déclara Lucien Cerveau, par contre l'épreuve des penaltys se joue toujours à un coup de poker."

Le président Colemard: "Je suis heureux"
Charles Colemard craignait la supériorité annoncée des Rennais: "Je fais abstraction de l'épreuve des penaltys, dit-il, je suis heureux de la belle réplique donnée par nos jeunes, ils méritaient la Coupe autant que leurs adversaires."

M. Bakou ne connaissait pas la durée des périodes
M. Bakou, l'arbitre tourangeau, demanda à Jacques Jousseaume peu avant la mi-temps: "Au fait, les périodes durent 40 ou 45 minutes?».

Des pétards, des drapeaux des banderoles
II y avait trois à quatre mille Brestois à Penvillers armés de drapeaux, de banderoles, d'immenses étendards, et quand André Boënnec égalisa, des dizaines de pétards explosèrent derrière les buts de Pierrick Hiard.

Envahissement
Ce fameux but de l'égalisation déclencha une telle passion que M. Belloni lui-même intervint pour empêcher les jeunes gens asbéistes d'envahir la pelouse.

Georges Lombard: "Nous vous fêterons jeudi"
Pour la première fois dans l'histoire, Georges Lombard, maire de Brest, pénétrait dans un vestiaire. II félicita chaudement les jeunes. "Vous avez été formidables, lâcha-t-il; ah, ces penaltys, je n'en reviens pas... Nous vous fêterons jeudi à la mairie, l'A.S.B. peut être fière
de ses juniors."

Georges KODY "Le Télégramme"

Quimper, stade de Penvillers 10 juin 1973, finale de la coupe Gambardella Rennes - Quimper (1-1 Quimper au tir aux buts)
Claude Gestin
Le héros du combat. Qui est le numéro 2 ?. Voilà une question que nous entendîmes des dizaines de fois à Penvillers, dans cette foule, applaudissant les exploits du jeune "Bleu de France". Le numéro 2 c'est
Claude Gestin, un garçon solidement planté, de taille moyenne, avec un tigre dans le moteur. Oui, Claude fut le héros du combat, nous le découvrîmes partout, lui, l'arrière droit; il se battait dans toutes les lignes, plus souvent aux avants postes qu'en défense, relançant constamment les assauts asbéistes. Beaucoup attendaient Orhan, Perrier. Rabier ou encore Jousseaume; Boucher; certes, tous ces garçons s'illustrèrent dans cette finale, mais Claude Gestin creva l'écran, merveilleux petit homme, chargé de dynamite, qui catalysa ses partenaires. Il croyait, plus que tout autre à la victoire.

Georges Kody "Le Télégramme"

Les Quimpérois surpris...
Dans la semaine déjà, les dirigeants quimpérois ne cachaient pas leur scepticisme Pour eux, la finale de la coupe postes était vouée à l'échec populaire, Tout au plus pourrait-on compter à Penvillers un millier de spectateurs payants et 1.500 scolaires. Ce chiffre-là, le président de la commission des jeunes du district Finistère Sud nous le confirma sur le terrain près de deux heures avant la rencontre. Aussi grande fut la surprise des dirigeants de voir la foule assiéger les guichets du stade bien avant 16 heures prévue pour l'ouverture. 5.000 spectateurs payants. 9.000 personnes au total. Les Quimpérois étaient dépassés. A croire qu'ils ne connaissent pas encore la sportivité du public breton dont c'était, dimanche, la fête. Quand il y a des jeunes, les adultes répondent toujours présent. 9.000 personnes. Un succès que même le président Bélonie n'espérait pas. Pourtant, nous connaissons quelques-uns que le succès sportif n'a pas surpris et qui pourront bientôt sabler le champagne avec leurs petits camarades. Une journée qui n'aura pas été perdue pour tout le monde Les dirigeants du Stade Q n'ont-ils pas droit à 10 % de la recette!

Et pourquoi ne pas avoir rejoué la finale des juniors?
"C'est injuste", "C'est inhumain", "C'est un assassinat". Ces paroles nous les avons entendues des centaines de fois dimanche soir à Penvillers ou les stadistes rennais venaient de remporter la Coupe Gambardella en, battant les Asbéistes par 6 penaltys à 5. "Perdre une rencontre de cette manière ce n'est pas normal" ajoutaient d'autres. "Ah! ce but raté juste à la fin de la première mi-temps". En fait on avait l'impression de sortir non pas d'un stade mais d'un bureau de pleurs. Le fait est que des pleurs il y en eut autant chez les vainqueurs que chez les vaincus. Dans les vestiaires Orhan l'avant centre rennais dont les nerfs avaient cédé regrettait son, penalty raté, Mais le plus triste était sans conteste l'avant-centre brestois Daniel Hamon, Il ne parvenait pas à se consoler d'avoir raté en fin de première mi-temps un but qui paraissait immanquable. En voulant trop bien faire il avait placé son ballon au-dessus de la transversale alors que Hiard était battu et ne pouvait plus intervenir. De son côté Lucien Cerveau reconnaissait avoir fait une erreur psychologique au moment des penaltys. A la pause Hamon était inconsolable, "Nous avons eu toutes les peines du monde à lui remonter le moral. Dans l'état où il se trouvait moralement nous n'aurions jamais dû lui faire tirer un penalty. Il était incapable de le transformer". Et c'est ce qu'il advint. Hamon tira à droite de Hiart, mais son tir n'était pas assez appuyé et le goal rennais l'arrêta. Hamon venait de rater son premier penalty de la saison et Rennes de prendre un avantage psychologique important qu'Orhan vint annihiler quelques instants plus tard. Jusqu'au moment ou Le Foll se présenta devant son, vis à vis Hiart pour tenter de transformer son essai, "Je savais qu'il allait l'arrêter" devait dire par la suite le gardien brestois. Il n'était pas tout à fait sur la ligne de but, et j'avais l"impression que j'allais rater mon tir. C'est bizarre, je ne sentais pas les penaltys aujourd'hui, ni pour les tirer, ni pour les arrêter. J'en ai touché un, mais je n'ai pu le dévier totalement. Hiart a sauvé Rennes. Si les spectateurs brestois ont quitté Penvillers déçus et désabusés en restant sur la fâcheuse impression des penaltys injustes (Garel et Cerveau tout en le reconnaissant avouaient préférer ce geste technique au tirage au sort), il faut tout de même reconnaître que ce ne furent pas les seuls éléments positifs de cette finale bretonne. Il est incontestable que Brestois et Rennais n'ont pas renouvelé leurs parties de Monaco pour les Rennais ou de Brest devant Nîmes pour les Asbéistes. L'importance de l'enjeu avait contracté les 22 joueurs, qui malgré cela donnèrent le meilleur d'eux-mêmes à l'instar d'un Claude à coude omniprésent qui suit profiter au maximum du fait qu'il n'avait personne à marquer, son ailier à coude opérant en position de demi, tout comme l'autre ailier Gauvin. Cette contraction des acteurs fit que les spectateurs durent attendre la fin de la première mi-temps pour découvrir le vrai visage des deux équipes Perrier sévèrement marqué par Quivouron démontra sa classe en alertant Orhan de 35 mètres, mais dans un mauvais jour le grand rennais ne pu profiter de l'occasion. Puis Brest se mit à jouer collectivement alors que jusqu'alors à l'instar des Rennais chacun avait à faire son petit numéro et que l'on avait oublié de jouer large et collectif. Ce ne devait plus être le cas après la pause et les vagues d'attaques brestoises déferlèrent vers les buts rennais. Ce faisant les Brestois s'offraient aux contre des "Rouge et noir" et c'est alors qu'ils faillirent être mis KO, par "Monsieur Perrier" un joueur qui possède un sens du but très développé. C'est alors aussi que Hiart fit montre de tout son talent en détournant des balles pourtant frappées avec force. Boucher,
Claude Gestin, Elléouet, Jousseaume faisaient la loi au milieu du terrain mais Hiart faisait toujours bonne garde. Jusqu'au moment où Boënnec remit les deux équipes à égalité. Regrets dimanche soir, à l'hôtel Celtic à Quimper, les juniors brestois avaient retrouvé toute leur gaieté. Une gaieté superficielle sans doute, mais il fallait faire contre mauvaise fortune bon cœur. Malgré cela Lucien Cerveau regrettait la manière dont cela s'était terminé. "Je craignais avant la rencontre que nous ne subissions une sévère défaite. Maintenant j'ai des regrets. Nous aurions pu tout aussi bien l'emporter. Sincèrement j'aurais préféré après la partie que les juniors ont fourni que nous soyons battus avec les honneurs par 2 à 0. Cela aurait été moins dur à digérer qu'une défaite par un penalty d'écart. Enfin, c'est ainsi. Deux fois les penaltys nous ont été favorables. La troisième ils ne le sont plus. C'est le sport". On peut regretter qu'une finale de coupe Gambardella se termine de cette manière. Il eut été peut être plus logique de la faire rejouer. On fait bien rejouer la finale de la Coupe de France. Alors pourquoi pas celle des juniors. Brestois et Rennais se seraient certainement retrouvés avec plaisir en finale au Parc des Princes, dimanche prochain par exemple, en lever de rideau de Lyon - Nîmes. C'eût été en même temps une récompense pour les 23 acteurs de cette rencontre qui n'aura laissé personne indifférent à Penvillers.

Émile FOULER, "Le Télégramme 12-6 73"

"La ville est fière de vous" a dit M. Lombard aux juniors de l'A.S.B. (Photo 32)


(32)

Les juniors de l'A.S.B. ont tenu tête à ceux du Stade Rennais, dimanche dernier à Quimper. Ils ne durent leur défaite qu'aux tirs des penalties. Le score était de 1 à 1 à la fin du temps réglementaire. Finale de cette coupe Gambardella tant attendue et tant espérée, finale perdue. Grande était la tristesse des joueurs au sortir des vestiaires. Quoi qu'il en soit, le mérite des onze joueurs brestois demeure et la municipalité avait décidé de les honorer. Aussi une réception à l'hôtel de ville réunissait hier soir le sénateur maire, M. Lombard, les adjoints et une partie du conseil municipal, les dirigeants de l'A.S.B. et les joueurs. M. Lombard s'adressa aux joueurs en des termes élogieux: "Vous avez brillamment défendu les couleurs de la ville. Celle-ci est fière et en son nom je vous remets la médaille d'argent aux armes de la cité afin que vous reteniez cette date. Vous avez connu de grandes satisfactions, mais aussi un moment d'amertume. Je voudrais que l'A.S.B. soit aujourd'hui à l'honneur ". Le président de l'A.S.B. remercia le maire de l'intérêt qu'il porte aux jeunes. A la fin de la réception fut servi un vin d'honneur.


Mot du présidentHistoire : Ménez-Paul : Partenaires : Ils ont porté notre maillot : Convocations : Contacter l'A.S.B. : Index : Anciens dirigeants, éducateurs & arbitres.

Mise à jour: mar 20-jui-04 22:14 x