Historique: 1986

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À l'A.S.B.:
Résultats, Infos
Fin de saison 1985 - 1986:
Classement final de la D.III:

État des lieux: L'A.S.Brestoise n'a plus d'argent. Elle n'a plus de tribunes. Elle n'a plus de vestiaires.
Samedi, les joueurs ont été privés de la douche dont ils rêvaient pendant qu'ils évoluaient sur un épais tapis de neige, par un temps à ne pas mettre un professionnel du Brest-Armorique ou du Stade rennais dehors. Privés de douche parce que le gel avait eu raison des canalisations des "mobil home" où s'abritent les acteurs de Ménez-Paul depuis la démolition des tribunes et des vestiaires.
Drôle d'impression du reste que celle donnée par ces "mobil home" alignés le long du terrain comme des baraques de fête foraine. " On est vraiment les Gitans du football ", constatent les joueurs brestois en rigolant. Parce qu'ils rient, les bougres.
L'ambiance est même excellente à l'A.S.B.. Sans doute parce que l'adversité a tissé des liens très forts entre les joueurs. Quel enthousiasme.! On peut même parler d'euphorie puisque les Brestois viennent d'empocher 12 points au cours de leurs six derniers matches en D III. Un score parfait qui les a replacés dans la course à l'accession: l'A.S.B. compte trois points de retard sur l'US Montagne, le premier amateur du groupe, mais elle a disputé un match de moins. Et, comme les " Bleus de France " sont animés par une foi à renverser les montagnes... ils gagnent.
Leur excellente série (six victoires d'affilée) prendra bien fin un jour mais Alain Philippe espère bien que ce ne sera pas lors de la prochaine journée. Samedi, l'A.S.B. jouera, en effet, en lever de rideau de Rennes-Nice, au stade de la Route de Lorient, le terrain de ses premiers exploits. Une bonne raison pour ne pas perdre. Il y en a une seconde: samedi (mais c'est un secret, alors ne le répétez pas), il fêtera ses 33 ans.
(Le Télégramme. Février 86. Jérôme Le Gall.)
Entre les problèmes de trésorerie et relationnels avec la mairie il y avait quand même du football. Chez les juniors la Gambarde est toujours une compétition qui fédére les energies du club.
Le parcours des jeunes est encore excellent: Après avoir éliminé Bohars 7 à 1, La Légion 0 à 3 puis en inter-groupes Guingamp 0 à 0, Léhon 2 à 0 et Rennes 1 à 0, ils jouent et sortent en 16ème de finale l'U.S.S.Saint Malo. Ils seront sortis par Nantes (le futur finaliste) en 8ème 1 à 0.
A.S.B. - Mairie
: Les relations entre l'A.S.Brestoise et la municipalité ne sont pas au beau fixe. Témoin la manifestation des dirigeants et joueurs du club, en mairie, la semaine dernière.
" Moi y'en a vouloir des sous", dit en raccourci Michel Le Breton, le président de la section football. L'A.S.B. réclame entre autres une subvention annuelle de 350.000 fr. pour équilibrer son budget de fonctionnement qui avoisine les 1.300.000 fr. pour la saison 84-85. 350.000 fr., c'est en effet bien loin des 94.000 fr. encaissés par le trésorier du club.
Ce sont là les chiffres du club brestois. Totalement différents, bien sûr, des chiffres avancés par Guy Leclercq, adjoint aux sports, en conférence de presse hier après-midi.
En effet, les aides financières de la ville de Brest apportées à l'A.S.B. toutes sections se montent à 515.950 fr. pour la saison 84-85 (voir ci-dessous). A charge ensuite au trésorier général de l'A.S.B.. de ventiler les deniers publics entre les sections foot, handball et rugby. 515.950 fr., cela représente 30 % du budget de fonctionnement de l'A.S.B., a expliqué Guy Leclercq ; alors que la subvention de la ville au Brest Armorique représente 20% de son budget.
Parlons aussi spectateurs. Plus de 150.000 spectateurs par saison au stade Francis-Leblé pour une subvention de 3.000.000 fr. au Brest Armorique. Donc 20 fr. de subvention par spectateur. L'A.S.B. fait 4.000 spectateurs en une saison.
Pour les mettre sur un pied d'égalité avec !e foot professionnel, il faudrait donner 80.000 fr. à l'A.S.B.
Ce club est donc largement avantagé de ce point de vue, six fois plus en 84-85.
Sur le plan des jeunes footballeurs, l'A.S.B. est traitée de la même façon que les autres associations sportives de Brest selon les critères fixés par l'Office des sports. Mais il y a un problème, c'est juste. Comment traiter le football promotionnel de D III, par rapport au football purement amateur. Dans cette optique, je vais provoquer dans les jours qui viennent une table ronde avec l'ensemble des responsables et dirigeants du football à Brest. L'ordre du jour en sera l'étude de la situation du football brestois et les améliorations possibles.
On pourrait créer ensuite un comité du football brestois. Car il faut bien voir que l'on ne peut pas traiter le problème de l'A.S.B. indépendamment du football brestois et amateur." Autre pomme de discorde entre l'A.S.B. et la municipalité, la reconstruction du stade de Ménez-Paul. La tribune fut rasée sur injonction des services de sécurité " (l'autre solution consistant à interdire l'accès du stade si aucune rénovation n'était entreprise).
Guy Leclercq a rappelé au passage le coût de l'installation provisoire de 500 places: 600.000 fr., y compris les frais de démolition, mais sans la location des bungalows (200.000 fr. par an).
" La reconstruction du stade se fera et dans cette affaire la municipalité n'a rien à se reprocher ", a poursuivi l'adjoint aux sports. Le dossier technique est prêt et chiffré (6.000.000 fr.).
Deux hypothèses sont à envisager :
- Ou les travaux sont étalés sur trois ans et débuteront courant mai 86.
- Ou sur deux ans mais début du chantier en mai 87.
Pour l'instant, pas de date. La décision sera prise le 7 mars à l'occasion du vote du budget primitif de la ville de Brest. " Voilà donc le point de vue de la mairie".
Des explications qui risquent de ne pas satisfaire les dirigeants de l'A.S.B. puisque les deux parties ont longuement conversé lors de réunions préalables ; reportée pour cause de péripéties paysannes, mercredi dernier, la manifestation en faveur des jeunes de l'A.S.B se déroulera sans doute la semaine prochaine.
(Le Télégramme. Y.J. 16-02)

A.S.B. - Mairie(bis): Alors que les rapports entre l'A.S.Brestoise, minée par les graves problèmes financiers que l'on sait, et la ville de Brest semblaient se radicaliser, un pas décisif a peut-être été franchi hier après-midi à l'occasion d'une réunion qui mettait en présence Guy Leclercq, adjoint aux sports, et les dirigeants asbéistes Pierre Tanguy et Michel Le Breton. Au point que Michel Le Breton n'hésite pas à parler d'éclaircie dans le ciel asbéiste. "Pour la première fois, le dialogue a été très constructif avec la volonté de part et d'autre de trouver une solution rapide à nos problèmes ".
L'A.S.B. devant trouver 400.000 fr. pour finir la saison en Division III, les dirigeants ont proposé la solution de secours suivante:
A savoir céder pour,une durée de cinq ans à la municipalité le contrat annuel de 60.000 fr. signé avec une agence publicitaire (affichage Giraudy) pour des panneaux au stade de Ménez-Paul. En contrepartie, la ville accorderait au club Un prêt de 300.000 fr. qui lui permettrait de faire face a ses échéances financières d'ici à juin. Le club se chargeant de trouver personnellement les 100.000 fr. manquants.
Guy Leclercq, qui soumettra maintenant la proposition au maire, est prêt à souscrire à cette solution, précise Michel Le Breton.
Vers une subvention annuelle de 350.000 fr. L'augmentation de la subvention annuelle a également été évoquée au cours de cette réunion. "Reconnaissant qu'un club de Division III ne peut être mis sur le même pied d'égalité que les autres clubs amateurs de Brest". Guy Leclercq est prêt à soutenir le dossier d'une aide annuelle de 350.000 fr. "Ce qui permettrait à l'A.S.B., en continuant de mener une gestion serrée, de vivre et non plus de pleurer " déclare le président brestois.
Enfin, s'agissant de la reconstruction de Ménez-Paul, l'adjoint aux sports s'est déclaré favorable au début des travaux au mois de mai prochain et non pas en mai 1987, ce qui permettrait à la collectivité de supporter plus facilement le poids de la dépense (six millions de francs). Celle-ci serait alors répartie sur trois exercices budgétaires. A savoir:
- 1.500.000 fr. en 1986,
- 3.000.000 fr. en 1987;
- 1.500.000 fr. en 1988.
Si ce schéma était finalement retenu lors du conseil municipal du 7 mars, la nouvelle tribune et les nouveaux vestiaires de Ménez-Paul pourraient être opérationnels à la fin de cette année. La date du 18 février 1986 risque donc de marquer un tournant important dans la vie du club asbéiste et dans ses relations avec la ville. "Le ciel du club virant du noir au bleu ", affirme Michel Le Breton.

(Le Télégramme. Y.J. 18-02)

Résultats, Infos.
Saison 1986 - 1987:

Dirigeants: Colemard Charles: exerçant la profession d'ingénieur divisionnaire des TPE (Honoraire). président d'Honneur.
Tanguy Pierre: exerçant la profession d'ingénieur à la SNCF. Président-général.
Creff Gérard: exerçant la profession de restaurateur. Vice-président.
Le Breton Michel: exerçant la profession de directeur de société. Vice-président.
Vigouroux René: exerçant la profession d'instituteur;
Dr Colemard Christian: exerçant la profession de docteur en médecine. Conseiller Médical;
Dr Urcun Michel: exerçant la profession de docteur en médecine. Conseiller Médical.
Membres: Auffret Jean-Pierre: exerçant la profession de professeur; Bossard Robert: exerçant la profession d'employé à la SNCF; Burgaud Robert: exerçant la profession d'employé à l'arsenal; Guermeur Robert: exerçant la profession d'Employé à la SNCF (en retraite); Jaouen André: exerçant la profession d'administrateur des PTT (en retraite); Jouin Marcel: exerçant la profession de chauffeur; Le Monze Roger: exerçant la profession de Directeur de Société (en retraite); Moutel François: exerçant la profession de directeur de société; Pouliquen Joël: exerçant la profession de responsable commercial; Priol Gérard: exerçant la profession de contrôleur de gestion; Simon Guy: exerçant la profession de conducteur de travaux.
(Courrier de l'A.S.B. à la sous-préfecture le 19-12).
Championnat: Les seniors "A" sont en troisième division. Les "B" en D.H.R.
Mouvements des joueurs: Arrivées de: Patrick Avila: INF Vichy, Bourg-la-Roche; Gérard Le Priol de Plouhinec; Stéphane Le Coat du Stade Lannionais; Jacques Arzur de Lampaul Plouarzel; Daniel Tréguer Plouguerneau; Alexandre Bencun Liban; Le Mir; Golhen; Duke Abdoulae Sénégal.
Départ: Philippe Rastoll; Bernard Kilo; Georges Appérè.

Entraîneur: Pour la saison, Claude Gestin remplace Marc Rastoll au poste d'entraîneur. Celui-ci part pour le Stade Quimpérois ou il prend en charge le centre de formation.
... Un peu d'angoisse au fond du cœur. Une dernière nuit difficile. Des phrases, des mots qu'on a préparés depuis longtemps et qui s'envolent au dernier moment. L'impression d'hériter d'un fardeau difficile. Mais aussi le sentiment confus de remplir un devoir. Claude Gestin, entraîneur de l'A.S.Brest? C'est tellement logique, tellement évident. Ça finirait bien par arriver un jour. Depuis lundi 18.h30, c'est fait. A 31 ans, après une carrière, que dis-je, une vie presque essentiellement consacrée à l'AS Brest, Claude Gestin prend les rênes de la maison. Avec crainte. Avec espoir, mais surtout avec amour.
(Le Télégramme. 23-07)

Changement d'entraîneur: Hier soir, avait lieu une importante réunion des instances dirigeantes de l'A.S. Brestoise. Elle a entériné la décision de confier désormais la tâche d'entraîneur de !' A.S.Brestoise à Philippe Lemoine. Ce dernier, titulaire d'un diplôme requis, était la couverture de Claude Gestin au regard du règlement.
Philippe Le Moine n'est pas un inconnu dans la mesure où il a entraîné, ces dernières années, la J.A.Plounévez en championnat de ligue et la J.G.Forestoise en district. " Ce n'est pas une sanction vis-à-vis de Claude Gestin. Étant président je me sens investi de responsabilités vis-à-vis du club et dans notre situation sportive actuelle, Il me semble l'expérience de Claude Gestin nous serait bien plus utile sur le terrain. C'est pour cela que nous avons voulu faire intervenir ce changement qui n'a rien d'une révolution ". (O.F.10-12)
Coupe de France juniors: L'A.S.B. est en 1/8 finale de la Coupe Gambardella. Sortie par Nantes.
Table ronde, organisée par Ouest France, au sujet de l'A.S.B.
En annonçant son intention de démissionner de son poste de président de la section football de l'A.S.Brestoise (voir O.F. du 26 novembre), Michel Le Breton avait regretté que les parties concernées par !'avenir de son club ne se soient jamais réunies autour d'une table pour tenter de trouver des solutions à la crise que connaît le club. Cette table ronde, nous !'avons provoquée la semaine dernière dans nos locaux. Étaient présents: Pierre Tanguy, Miche! Le Breton, Robert Burgaud et François Moutel (A.S.B.) Jean Le Bars (président du district), Alain Le Floch (président de la Légion Saint-Pierre), Guy Leclercq (adjoint aux sports), Jo L'Hostis (directeur du bureau municipal des sports), René Le Bec (président de l'Office des sports) et François Yvinec (président du Brest-Armorique). Trois heures d'échanges de vues ont permis de rappeler la situation actuelle de l'A.S.Brestoise, mais aussi et surtout d'explorer quelques pistes qui permettraient à l'A.S.Brestoise de poursuivre ses activités et à l'ensemble du football de ville, de vivre dans une plus grande cohérence. Des propositions ont été émises mais aucun miracle n'a eu lieu. Pouvait-il en être autrement? Dans sa forme actuelle, et avec une équipe en troisième division, l'A.S.Brestoise ne peut survivre. A moins qu'un mécène ne s'intéresse il elle demain.
Conclusion: Ce débat avait pour thème l'avenir de l'A.S.B. On s'est vite aperçu que, livré à lui-même, ce club n'a aucune chance de survivre dans les conditions actuelles. Son seul espoir réside par conséquent dans une collaboration avec toutes les parties concernées pour clarifier son rôle dans la ville. Les solutions pratiques existent sans doute. François Ivinec en a suggéré quelques-unes, la ville a promis son soutient des initiatives nouvelles et constructives. Il n'est cependant pas évident que l'on réussisse à surmonter les particularismes et à effacer les rivalités de clocher. Il n'est pas non plus évident que l'A.S.B. réussira à surmonter sa crainte (compréhensible mais injustifié) de se voir disparaître au profit des autres. C'est pourtant la seule voie qui lui reste. Sinon elle tombera en martyr et personne n'y gagnera. (Yves Ménez. Ouest France 10-12)


Équipe seniors "A" saison 1986 - 1987.

Équipe seniors "C" saison 1986 - 1987.

Équipe juniors saison 1986 - 1987.
Le dernier match de Gambardella de Guy Simon.

On peu voir avant dernier à droite, au premier rang, Coco Martins.

Manifestation
Les Asbeistes à la mairie de Brest devant les problèmes de fonctionnement rencontrés par le club.


ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Football

Champion de France
Paris S.G.;

Coupe de France
G.Bordeaux / O.Marseille: Paris (Parc des Princes) Arbitre : M. Quiniou Joël
(30/04): 2 à 1 (ap);

Coupe de la ligue
F.C.Metz / A.S.Cannes 2 à 1;

Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe
Dinamo de Kiev;


Coupe de L'U.E.F.A.
Réal de Madrid;


Coupe d'Europe des clubs

Steaua Bucarest;

Coupe Intercontinentale
River Plate;


Coupe d'Afrique des nations
Égypte / Cameroun 0-0 (ap) 5 à 4;

Coupe du monde
Argentine / R.F.A. 3 à 2.

Ballon d'or:

Belanov (Dynamo Kiev);


Rencontres internationales
France / Irlande du Nord: 0 à 0,
France / Argentine: 2 à 0,
France / Canada: 1 à 0,
France / U.R.S.S: 1 à 1,
France / Hongrie: 3 à 0,
France / Italie: 2 à 0,
France / Brésil: 1 à 1,
R.F.A. / France: 2 à 0,
France / Belgique: 4 à 2,
Suisse / France: 2 à 0,
Islande / France: 0 à 0,
France / U.R.S.S: 0 à 2,
R.D.A / France: 0 à 0,
France / Islande: 2 à 0,
Norvège / France: 2 à 0,
R.F.A. / France: 2 à 1,
U.R.S.S. / France 1 à 1,
France / Norvège: 1 à 1,
France / R.D.A.: 0 à 1.


NOUVELLES INTERNATIONALES:

 

Prix Nobel de la Paix: Elie Wiesel; (Philosophe; Roumanie-États-Unis).
Né en Transylvanie (Roumanie), Elie Wiesel est l'un des survivants des camps de concentration nazis. En 1939, la Transylvanie devient une partie de la Hongrie et selon les ordres de l'Allemagne, en 1944, les juifs hongrois sont envoyés dans des camps de concentration.
Lui et son père parviennent à survivre jusqu'en avril 1945, date de la libération d'Auschwitz. Pris en charge par l'«Œuvre au secours aux enfants», en 1945, il fait des études de philosophie à la Sorbonne. Puis il gagne sa vie en faisant de nombreux petits travaux.

En 1958, grâce à François Mauriac, il publie l'ouvrage «La nuit», un récit poignant relatant l'holocauste. En 1963, il obtient la nationalité américaine et il devient titulaire de la chaire en sciences humaines de l'Université de Boston. Rebelle contre l'indifférence, il déclare : «Tant qu'un dissident est en prison, notre liberté ne sera pas vraie. Tant qu'un enfant a faim, nos vies seront remplies d'angoisse et de honte». En 1988, il organise avec le président François Mitterrand une conférence regroupant 76 lauréats du Prix Nobel dont la mission est de réfléchir sur l'avenir de la planète. Tous les deux ans cette rencontre se renouvelle.

"Le monde s'est tu lors de l'holocauste. «C'est pour cette raison que je me suis juré que jamais je ne garderai le silence là où l'homme endure la souffrance et l'humiliation».
Trois jours après la libération du camp d'Auschwitz, en se regardant pour la première fois dans un miroir : «De la profondeur du miroir, un corps me regardait. Le regard de ses yeux, alors qu'ils me regardaient, ne m'a plus jamais quitté»."

Elie Wiesel

www.nobel-paix.ch

Espace
U.R.S.S.
Lancement de la station spatiale russe Mir le 19 février.

U.S.A.
Le 28 janvier, la navette américaine Challenger explose 76 secondes après son décollage. Sept astronautes trouvent la mort dans l'explosion.
L'enquête révélera nombre de dysfonctionnements dans l'organisation des missions et surtout dans la chaîne de responsabilités. Quelques heures avant le départ, un ingénieur de la firme MortonThiokol (qui conçoit et fabrique les propulseurs de la navette) tente en effet de prévenir les responsables du lancement que les températures très basses de la nuit ont pu fragiliser les joints des fusées d'appoint.
En vain. Pire, la commission d'enquête démontre que certains responsables de l'agence spatiale ont caché des informations au cours de l'enquête. A l'incurie s'ajoute le mensonge. La détresse de l'Amérique est réelle. Gouvernants et politiques s'interrogent.
La NASA a-t-elle encore les moyens de superviser correctement le travail de ses contractors? Ils ne sont pas seuls à se poser la question.

(Stéphane Foucart) Le Monde 20-08-03.

Vache folle
L'apparition de la maladie: 1986 L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou BSE pour Bovine Spongiform Encephalopathy en anglais) apparaît pour la première fois au Royaume-Uni en novembre, après l'identification par le Laboratoire vétérinaire central britannique, dans un élevage du Surrey, d'une vache présentant des symptômes neurologiques atypiques.
La maladie de la vache folle venait d'apparaître au grand jour.

Tchernobyl
Le samedi 26 avril, le monde doit faire face au plus sérieux accident nucléaire que nous ayons connu. Vers 1 h 20, le quatrième réacteur nucléaire de Tchernobyl, ville située au nord de Kiev en Ukraine, voit sa puissance multipliée par 100 suite à une série de fausses manœuvres. (Cette centrale était à la fine pointe de la technologie russe. De plus, ses employés étaient considérés comme très compétent).
À la suite de l'accident, les experts dans ce domaine se sont mis d'accord sur deux grandes hypothèses. La première de celle-ci blâme le système de refroidissement de la centrale, tandis que la deuxième suppose un problème de "criticité" des employés, ce qui aurait provoqué une réaction en chaîne accélérée. Si la première de ces hypothèses s'avérait véritable, l'accident serait alors survenu seulement à cause d'un gros collecteur (tuyau) du circuit de refroidissement primaire qui aurait cédé. Ce système achemine l'eau réchauffée par le cœur nucléaire aux turbines. Cette panne a provoqué le réchauffement très rapide du cœur nucléaire, ce qui a provoqué la vaporisation de l'eau contenue dans le système de refroidissement. Lors de la vaporisation, l'eau (H2O) s'est décomposée en hydrogène et en oxygène (H2O = H+O+H). Tout le monde sait que l'hydrogène est un gaz très explosif et que l'oxygène est nécessaire à la combustion. Étant devenu trop chaud, le cœur du réacteur nucléaire commença à fondre et à rejeter certains éléments radioactifs.
Si au contraire, c'est la deuxième hypothèse qui est véritable, les soupçons se tournent vers les employés. L'accident se serait produit lors d'un essai qui consiste à vérifier si l'énergie cinétique du rotor (qui tourne déjà) suffisait pour produire assez d'électricité pour garder les pompes de refroidissement en marche, jusqu'à ce que les génératrices de secours se mettent à fonctionner à plein régime. Cet essai prend beaucoup de minutie et de délicatesse, car à basse puissance, le réacteur nucléaire est très instable. Pour éviter que le réacteur soit toujours stoppé, les employés ont désobéi aux six consignes de sécurité et ont enlevé les systèmes de sûreté. Par la suite, les experts croient qu'il s'est produit semblablement le même déroulement qu'énoncé plus haut.
Le toit du sarcophage du réacteur se soulève, des particules de graphite et des matières radioactives se répandent dans l'atmosphère.
Seulement quelques heures après l'explosion, un énorme nuage radioactif se forma et s'éleva à plus d'un kilomètre d'altitude. Ce nuage était composé de 39% de tellure 132, de 30% d'iode 131, de 21% d'iode 132, de 5% de ruthénium 103, qui sont tous des éléments très radioactifs. Lorsqu'il atteignit son altitude de croisière, le nuage se fit mener par un anticyclone sibérien et survola la Pologne, la Finlande, la Suède, la Norvège et le Danemark. À ce point, il rencontra une forte dépression qui le sépara en deux. L'une de ces parties se dirigea vers l'Atlantique Nord, ce qui la poussa vers l'Islande et le Groenland. La seconde partie se dirigea vers l'Europe Centrale. Ensuite, il passa au-dessus de la R.F.A., au Nord de l'U.R.S.S., l'Autriche, l'Italie, la Yougoslavie et par le sud-est de la France (Ndlr: pour le gouvernement de l'époque, le nuage ne serait pas passé au dessus de la France! Il se serait arrêté à la frontière alors?). Ce nuage eut été beaucoup plus dangereux si la pluie l'avait atteint, car celle-ci aurait contaminé la rosée, les cours d'eau et alors toute notre chaîne alimentaire. Plus de 70% des retombées radioactives tombe dans le pays voisin, la Biélorussie.
Malheureusement, personne en Russie n'a prévenu les autres pays d'Europe qu'une explosion s'était produite. Ce n'est qu'en soirée que les spécialistes confirmèrent qu'une explosion nucléaire s'était produite quelque part en Russie.
Des militaires et techniciens se sacrifient pour essayer de limiter la catastrophe. Ils enfouissent sous une chape de béton et de plomb larguées par des hélicoptères. Leur temps d'intervention de quelques minutes ne les empêchera pas d'être irradiés. Beaucoup sont morts à la suite de leur intervention.
La région de Tchernobyl est évacuée car contaminées et cela pour de nombreuses années.
Les enfants: 800.000 enfants de Biélorussie vivent en territoire contaminé. L'air, l'eau et les aliments qu'ils consomment renferment des substances radioactives. Ils souffrent de fatigue, de maux de tête, de saignements de nez, de problèmes cutanés et de contusions qui ne guérissent pas. Le taux de cancer et de leucémie augmente dans la population enfantine.

www.seminaire-sherbrooke.qc.ca/hist/hist5/travaux/communisme/Tchernobyl.htm
EN FRANCE:

Élections
Après une campagne basée sur le chômage et la sécurité,la droite remporte une courte victoire aux élections législatives du 16 mars.

Politique
Le 20 mars, Jacques Chirac est nommé premier ministre par François Mitterand. Début de la cohabitation.
3 juin abrogation de la loi Quilles, 11 juillet de la loi Savary,


Besse

Vague d'attentats terroristes. Le 17 novembre
, le commando d'action directe Pierre Overney (d'un militant mao tué par un vigile aux usines Renault) exécute Georges Besse, PDG de Renault.

Coluche
Naissance le 28 Octobre 1944 à Paris de Michel-Gérard-Joseph Colucci. Son père, Honoré, originaire du Nord de l'Italie, est peintre en bâtiment et côtoie les milieux artistiques du Montparnasse des années 30. Il mourra en 1947. Sa mère, Simone dite Monette, élèvera seule ses deux enfants: Danièle et Michel.
L'adolescence à Montrouge vers la fin des années 50, c'est aussi la passion des sports mécaniques, et l'apprentissage des moteurs avec son ami René Métge qui deviendra son beau-frère en épousant Danièle.
Il commence par chanter dans un restau, "Le vieux Bistrot", sur l'île de la Cité. Un jour il entre dans un cabaret pour chanter. On l'engage pour faire la vaisselle! Il reste là plusieurs mois et il y fais ses débuts de chanteur. Il y avait là deux jeunes qui venaient chanter le soir: Jo Moustaki et Maxime Le Forestier.
Incorporé le 8 Janvier 1964, il restera au 60ème régiment d'Infanterie à Lons-le-Saunier 20 jours supplémentaires pour inconduite et sera renvoyé, en qualité de 2ème classe dans ses foyers de la rue de Prague, le 25 Mai 1965. Il a été noté comme "un élément médiocre, qui utilise ses faibles moyens dans un sens néfaste et qui cherche plus à critiquer qu'à agir par lui-même".
En 1969, Bouteille veut créer un lieu nouveau qui ne soit ni théâtre, ni cabaret, ni bistrot. Il réunit autour de lui Patrick Dewaere, Sotha, Catherine Mitry, Henry Guybet, Jean-Michel Haas, Gérard Lefbvre, Coluche et Miou-Miou, trouve un local passage d'Odessa, dans le 14ème arrondissement, qu'ils se mettent tous ensemble à transformer en salle de spectacle. Simultanément, ils écrivent une série de sketches réunis par le titre "allume, j'étouffe !". Ouvert en 1970, le premier "Café-théâtre" est né. Le "Café de La Gare" a pour devise: "C'est moche, c'est sale, c'est dans le vent." Il connaît un succès gigantesque.
En Mars 1974, Coluche joue son premier one-man show: "Mes adieux au Music-hall" . Pour la première fois sur scène, il est vêtu de la salopette des mécaniciens américains et des brodequins jaunes qui immortaliseront son personnage. En 1975, le "Schmilblick" sera l'un des tubes de l'été.
Le 16 Octobre 1975, il épouse Véronique.
En Janvier 86, Coluche poursuit sa participation à la radio ainsi qu'à la chaîne cryptèe. Tout en déployant un intense travail pour les "Restos du Cœur". Le 26 Janvier, sur la 1ere chaîne (non encore privatisée) il anime tout l'aprés midi d'un dimanche ce que "Libération" appellera "La grand-messe cathodique de Saint Coluche". Cela permet de récolter plus de 26 millions de francs pour l'association.
Au mois de mai, à l'occasion du Festival du Cinéma, il se rend à Cannes, habillé en "France Moche" (pastiche d'une chroniqueuse "people" très connue: France Roche), et célèbre à sa manière les palmes du 7ème art. Il répond à une interview de Michel Denisot. Tous deux sont revêtus de smokings. Ils sont sous l'eau, au fond d'une piscine...
Pour préparer son spectacle , Coluche s'est établi dans le midi, à côté d'Opio. Le 19 Juin, il rentre de Cannes à moto , avec ses amis Ludo et Didier. Il fait beau. Coluche roule à 55 km/h.
Soudain un gros-cul dresse un mur devant lui. Coluche meurt à 41 ans dans l'accident avec le camion.

http://www.coluche.fr/

EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante"
Bezañ kouezhet e bluñv war e votoù
: Avoir ses plumes tombées sur ses chaussures
C'est ce qui guette leur fortune et qui, du jour au lendemain se retrouvent à tendre la main.

"Expressions populaires bretonnes" Éditions COOP BREIZH.

Douarnenez
Douarnenez devient la Mecque du patrimoine maritime 400 bateaux de la tradition rassemblés dans le port du Rosmeur. 2.500 marins venus de toute l'Europe Bleue. Et pour célébrer cette grande fête maritime, véritable événement culturel une déferlante de 100.000 personnes lancée à l'assaut de la vieille cité sardinière. «Douarnenez 86» dans une somptueuse succession de régates, d'expositions, de films et concerts, dans le chaud mélange de bouffes amicales et de musiques de rue, dans la joie de partager et déguster un morceau de vie ensemble, a bousculé les habitudes. Elle a tracé le sillage, tiré un trait entre hier et demain.

Origine: Le Télégramme, Bretagne.com

ET À BREST:

Georges KERBRAT, médecin hospitalier, est maire de Brest.

Georges LOMBARD est président de la C.U.B.

Parlé "Tit Zef"
On taraude à sec:
Il n'y a rien à boire
Techniquement, tarauder consiste à creuser, percer une matière dure pour y pratiquer un pas de vis. Le "taraud" est donc l'outil de métal, la mèche qui sert à faire le travail. Cependant il est nécessaire de l'arroser régulièrement d'huile pour mener à bien l'opération. "Tarauder à sec" signifie ne pas mettre de liquide sur le taraud qui, bien évidemment, se met à chauffer. L'image est donc celle d'un estomac privé de son liquide nécessaire qui "chauffe" et qui donne soif à son propriétaire.

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

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Mise à jour: jeu 8-jui-04 0:54 x