Historique: 1927

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Ligue de l'Ouest.
Championnat de division d'honneur:
Champion, le
Club Sportif Jean Bouin Angers.
L'équipe seniors "2" de l'A.S.B. est championne de l'Ouest des équipe secondes.

Présidence: La 3 F.A. ayant annulé l'article 27 de la ligue au sujet du championnat de l'Ouest, le président de la ligue de l'Ouest, M. Folliard, à démissionné.
L'article 27 stipule que les clubs de D.H. ne peuvent disputer de match amical dans leur ville, le même jour que celle-ci est désignée pour une rencontre officielle de D.H.
En prévoyant cette lause, les clubs bretons, désiraient éviter dans les centres importants une concurrence préjudiciable entre les clubs. Cette décision déjà vieille, était parfaitement conforme aux régalements fédéraux, précisant que les ligues disposent de leur autonomie sportive, administrative et financière.
Mécontents de la règle, qui gênait ses combinations extra-sportives, le Stade Rennais fit récemment appel devant le bureau de la 3 F.A. et, soutenu par M. Folliard, obtint l'annulation de cet article.
Justement critiquée, l'action de M. Folliard, a été désapprouvée à une forte majorité... et, il a été décidé de ne pas enregistrer la décision fédérale.
M. Folliard qui n'est pas réapparu à la ligue depuis une quinzaine, (quel dégonflé!), n'assistait pas à cette réunion.
Va-t-il démissionner à la suite du camouflet que viennent de lui administrer ses collaborateurs?
Vraisemblablement oui. Heureuse occasion pour les footballeurs bretons de placer à leur tête, non pas un homme titré, mais un sportif loyal et sincère. Profitons en pendant qu'il en reste. (Noël Kerdraon- La Dépêche. 22-10)


(Ndlr: Les résultats et articles sur le football breton et l'A.S.B. étant de plus en plus nombreux, cela m'oblige à séparer les informations en deux parties:
1) Première partie de l'année: fin de la dernière saison;
2) Seconde partie: début de la saison suivante.)

À l'A.S.B.:
Résultats, Infos.
Fin de saison 1926 - 1927:

Dirigeants.
Comité pour la saison 1927 - 1928: Ont été nommés par acclamation présidents d'honneur MM. Émile Lombard, Georges Lombard et Th. Le Treusse.
En suite, président: M.Langelier;
Vice-présidents: M.Guénna et Capitaine;
Secrétaire: M.Guihéry;
Trésorier: M. Gironde;
Parmi les membres: MM.Lebreton, Leroux et Gourmelon ont été spécialement chargés de la sélection des joueurs et de la formation des équipes. Il a été décidé que l'entraînement sera dirigé par un entraîneur appointé. (17-06)

Sélection:
La L.O.F.A. va sélectionner dimanche à Saint-Brieuc. et à Fougères; c'est du moins ce que l'on sait officieusement puisque la presse n'a pas encore reçu d'annonce officielle.
Nous avons que quelques joueurs brestois ont été pressentis... Les Asbeistes Paul Salaün et Julien Pasteur... La liste communiquée nous démontre que les sélectionneurs ont opéré un premier déblayage en se basant sur les valeurs de l'année dernière. Il est incontestable que Paul Salaün ne possède pas actuellement une forme suffisante pour justifier ce choix.
Pasteur pourrait convenir mais il y a des joueurs plus efficaces que lui.
Si la ligue entend par cette méthode faire du travail sérieux, ses clubs et particulièrement les plus petits et les plus pauvres, seraient fondés à manifester leur mécontentement. Car au prix ou sont les déplacements, cette formule coûtera très cher. (12-01)

Sélection bis: ... cette excellente amie (L.O.F.A.) nous ayant simplement oubliés dans la distribution des communiqués... pas de publicité.
La chose valait sûrement la peine... étaient mobilisés pour la circonstance 60 joueurs, dix légumes du monde officiel et six sélectionneurs... L'appel lancé u public était des plus touchants... la façon de soutenir les dirigeants de la L.O.F.A., c'est de venir aux matches...
Profondément émus par cette lecture, Pondaven, qui était de garde dans ses locaux, G.Lombard qui, le matin, arbitrait les scolaires, Baslé qui commandait à Brest l'équipe de Beauregard; le bureau de la Landernéenne, qui recevait les briochins etc... ont adressé un télégramme à M.Folliard leurs sincères regrets de ne pouvoir se rendre à Saint-Brieuc... D'autre part nous avons su que le Syndicat de l'Ouest des "amateurs marrons", par esprit de gratitude et de reconnaissance à l'égard de leur protecteur, M.Foliard, avait adressé à ce dernier, les meilleurs vœux de ses membres pour la réussite de cette journée. (Noël. 18-01)

Après la ligue... L'A.S.B.: La défaite de l'A.S.B. ne nous surprend pas. Les douarnenistes ont, par leur jeu qui s'adapte fort bien à celui des Bleus de France remporté le match.Ils avaient avant réussi le match nul à Brest au mois de septembre en championnat et les ont éliminés de la coupe.
L'A.S.B. depuis cette date a subi de constants changements qui n'ont point accru sa cohésion ni sa valeur. Que les amis que je compte dans la commission sportive de ce club m'excusent de ma brutalité, mais j'estime qu'ils sont trop nombreux pour faire un bon travail; ensuite qu'ils ont à mon sens, manqué de cran en ne sabrant pas les individualités qui par leur nonchalance ou leur jeu personnel, ont nui au rendement de l'équipe.
La quantité de commissaires rend difficile l'unité de vues sur un programme, et en absence de programme bien défini, l'on en arrive fatalement à des tâtonnements et à des remaniements constants desquels il ne peut rien sortir de bon.
Il est trop tard pour se lamenter sur les conséquences de cette politique, mais les erreurs d'hier doivent servir à la préparation de demain, aussi bien à l'A.S.B. que dans les autres clubs, à qui les critiques ci-dessus peuvent très bien être adressées. (Noël. 14-02)
U.S.O. - A.S.B.: 2 à 4. La lutte continue entre les trois grands clubs Brestois. Le public suit attentivement les rencontres. La dernière de la saison à opposé l'A.S.B. et l'U.S.O. sur le terrain de ce dernier. L'U.S.O. reste en dernière position et l'A.S.B. en troisième derrière le Stade Quimpérois, champion de la poule "A" et l'Armoricaine second.
On a remarqué la rentrée en équipe première du grand Henry qui a démontré qu'après une minutieuse préparation en équipe des vétérans, il n'avait rien perdu des belles qualités d'arrière qui le firent remarquer il y a deux ans. (21-02)
Classement final de la saison: Groupe "A" de division d'honneur. 1): Stade Quimpérois, 28 pts., 2:) Armoricaine, 23 pts., 3): A.S.brestoise, 19 pts., 4): Saint-Brieuc, 18 pts., 5): Douarnenez, 15 pts., 6): U.S.O., 13 pts.
Seniors A.S.B.: L'équipe "2" est championne de l'Ouest. (15-06)


Résultats, Infos.
Saison 1927 - 1928:

Reprise: Première séance d'entraînement en équipe le 27 août sous la direction de MM. Gourmelen, Lebreton, et Leroux, sélectionneurs du club pour la saison 1927-1928. Tous les joueurs inscrits, les nouveaux adhérents doivent y assister ainsi qu'aux séances suivantes fixées à mardi, et vendredi soir de la semaine prochaine à 18 heure trente.
Certains travaux de clôture n'étant pas encore terminés, les joueurs devront s'abstenir de toute espèce d'incursion dans les propriétés voisines.
Tous les joueurs devront être pourvus d'un équipement complet; aucun maillot ne sera prêté pour les séance d'entraînement et les chaussures devront être en bon état, garnies de crampons et lacets nécessaires.
... les cotisations des membres honoraires et actifs seront perçues et les cartes de sociétaires distribuées.
Ceux des joueurs qui ne l'ont pas encore fait, devront signer leur licence et fournir une photographie en bon état...
MM. Le Gac et Salou sont priés d'apporter les balles qu'ils détiennent. (26-08)
Présentation: Maintenant que la plupart des joueurs ont repris l'entraînement, nous sommes en mesure d'indiquer sur lesquels pourra se fixer le comité de sélection:
Dans la liste des licenciés, nous relevons notamment Abaléa, Allain, André, Brenner, Bothorel, Bruglen, Coat, Drogou, Fontaine, Gardic, Gilbert, Guivarch, Gaulier, Gourlay, Henry, Hintermayer, Hascoët, Javellaud, Julien, Jouan, Le Boulch, Le Gac, Le moign, Le Morvan, Le Jeune, Morillon, Marie, Oguer, J.et G.Pasteur, Pondaven, Richert, P et H. Salaün et Salou.
Parmi les nouveaux joueurs se signalaient plus particulièrement Abaléa, bien connu à Brest; Gaulier, Julien, Le Morvan, le Strasbourgeois Richert, Gourlay et André. La rentrée de Le Jeune et Pondaven est également à noter.
Ayant le titre de champion de l'Ouest des équipes réserves à défendre, l'A.S.B. doit pouvoir le faire avec des espérance de succès tout en constituant une équipe première scientifique et plus allante que celle de l'an dernier.
... Le calendrier connu va permettre la fixation des grands matches amicaux... et réservera une large place aux équipes III et IV ainsi qu'aux deux équipes juniors prévues dans lesquelles seulement quelques places sont disponibles.
Les clubs de la région désirant conclure avec l'A.S.B. sont priées de soumettre leurs dates à M. Guihéry, maison Raguet, bois à Brest. (30-09).
Entraînement: Possibles - probables: délégués, MM. Lebreton, Leroux.(03-09)
Cotisations: Les tarifs de l'an dernier sont maintenus, c'est à dire messieurs, 40 fr., dames, 30 frs.; enfants, 20 fr. (xx-09)
Dirigeants:
M. Émile Langelier: Président;
MM. Capitaine et Guémas: Vice présidents;
M. Guihéry: Secrétaire-trésorier;
Membres: MM. Robert Godoc, Lebreton et Leroux. (09-09)
Ouverture: L'A.S.brestoise va entre en scène dimanche prochain à Kerhuon ou ses deux premières équipes vont rencontrer rencontreront les équipe correspondantes du Stade local.
Les équipes "1" et "1b" de l'A.S.B. ne sont pas encore formées et les sélectionneurs doivent se priver actuellemnt des services des joueurs comme Allain, Brenner, Fontaine, Gilbert, Jouan et le Boulch momentanément indisponibles ou non rentrés de vacances. Le comité de sélection a retenu les joueurs ci-après:
Formation "1": Abaléa, Drogou, Guivarch, Henry, Javellaud, Legac, Morillon, Julien Pasteur, Paul Salaun, Prosper Salaün, Richert et Salou.
Formation "2": André, Bothorel, Chartier, Coat, Jean Gardic, Gauthier, Gonet, Gourlay, Hascoët, Julien, Le Jeune, Le Moigne, Pascal Le Morvan, Ogueur, Par, reprendraitaire, Guillaume Pasteur, Pondaven, Quéméré. (14-09)
Championnat: Les équipes suivantes participeront au championnat de division d'honneur groupe "A":
Stade Quimpérois, U.S.Douarneniste et pl., Lorient-Sport; U.S.Ouvrière de Brest, Armoricaine de Brest, Association Sportive Brestoise. (23-09)
U.S.O. - A.S.B.: (équipes II) victoire de l'U.S.O. A.S.B.: G.Pasteur, Richert, Gourlay, Chartier, Goulier, Gardic, Javelaud, Bothorel, Oguer, Brenner, Lejeune. (25-09)
U.S.O. - A.S.B.:
(2 à 3) Sans être brillante, le jeu de l'A.S.B. fut un peu meilleur. Elle devra encore beaucoup travailler pour tenir les premiers rôles cette année.
A.S.B.: Guivarch, Abaléa, J.Pasteur, Hascoet, P.Salaun, Morillon, Pr. Salaun, Pondaven, Le Gac, Henry, Salou. L'équipe de l'A.S.B. sera managée par Le Boulch, son sympathique capitaine de l'an dernier, qui réussit à enlever avec ses hommes le championnat de l'Ouest et qui, si une vacance se produisait dès demain sa place d'animateur du team. La défense est solide, la ligne de demis dans laquelle les sélectionneurs font débuter au centre Javelaud que ses qualités naturelles semblent désigner pour ce poste, est constituée de trois travailleurs infatigables. En avant, cinq poids lourd dont la technique est déjà bonne, seront amenés par un bon distributeur qu'encadrent deux shooteurs adroits, dont Richert, victime de la sévérité du règlement de la licence "A". (25-09)
Lorient Sport - A.S.B.: Coupe de France. L'A.S.B. va se présenter avec un moral certainement supérieur à celui qui l'animait la saison dernière. En fait, l'équipe de Le Gac est devenue une compagnie de bons camarades chez qui l'esprit de club fait de gros progrès. Ce qui se remarque surtout, c'est que les tentatives de prouesses individuelles semblent absolument bannies et que c'est maintenant vraiment une équipe dont tous les éléments jouent ensemble.
La défense avec Salou, Henry et Le Gac est solide. Progrès sensibles chez les demis avec Prosper Salaün encadré par Morillon et Pondaven, deux accrocheurs dont le service est déjà bon. En avant, la rentrée de Abaléa et Hascoët a donné plus de mordant, sur la droite Paul Salaün et Guivarch s'entendent au mieux ce qui permet à Pasteur de pousser plus loin ses attaques et plus utilement sa distribution.
Résultat: 2 à 2. (01-10).
A.S.B. - Lorient: Coupe de France. 2 à 0. (14-10).
A.S.B. - Cheminots-Rennais: 5 à 0. Belle victoire des bleus. Tous les buts ont été marqués suite à de combinaisons intelligentes... Paul Salaün revient à grand pas vers la plus belle forme. Elle doit sa victoire au brio de sa ligne d'avants. Privée par la suite d'Abaléa, blessé, elle ne retrouva son homogénéité qu'en fin de partie. Prospèr Salaün fut très brillant, Salou, s'améliore constamment. (24-10)
A.S.B. - Armoricaine: 3 à 0. victoire de l'A.S.B. (31-10)
Nicolas Maguères.
Le célèbre Nicolas Maguérès se voit attribuer une carte de membre d'honneur à vie de l'A.S.B. Il partira pour Morlaix mais sera toujours membre d'honneur du club.
C'est en fait avec Argouach et plus tard Philippe un des sportifs de l'A.S.B. qui ont eu l'honneur de disputer les jeux Olympiques.

A.S.B. - Stade Quimpérois: 1 à 0. Ce match se serait terminé par un nul que personne n'aurait rien dit. Cependant nous estimons que la victoire des bleus est méritée. Salaou dans les buts ne commit aucune faute et joua en keeper de classe. Quimper est il en régression? nous ne le pensons pas, mais le stade joue trop en volée ou demi-volées. Les attaquants furent impressionnés par la grande partie de Salou. (14-11).
Coupe de France: avec la victoire des Servannais sur le C.A.Paris 14ème, la ligue disposera d'une équipe de plus en coupe la saison prochaine. (28-11)
Classement: D.H. 1) Stade Quimpérois, 16 pts., 2) Lorient sport, 16 pts., 3) A.S.B., 14 pts.
l'A.S.B. semble devoir terminer second du championnat, derrière Quimper. (28-11).
A.S.B. - U.S.O.: 5 à 1. Les bleus ont surclassé les Unionistes dont on attendait mieux. L'A.S.B. termine l'année à la première place (avec un match en plus) devant le Stade Quimpérois. (26-12).
L'année 1927 se termine à Brest avec la rencontre A.S.B. - Stade Français.

ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Football.
la Mitropa Cup ou Coupe d'Europe Centrale est créé. Elle regroupe les deux premières équipes d'Autriche, de Hongrie, de Yougoslavie et de Tchécoslovaquie.
Coupe de France.
O.Marseille / U.S.Quevilly 3 à 0; Colombes (Olympique) Arbitre : M. Quittemel. (06/05).
Rencontres Internationales.
France / Angleterre: 0 à 6. (Alexis Thépot le goal de l'Armoricaine était dans les buts fiançais). Pas de chance d'avoir débuté contre l'équipe des professionnels Anglais!.
Finale Copa Libertador.
Argentine / Uruguay.

Cyclisme.
Bordeaux - Paris est remporté par Rousse. (11-05)
Tour de France à Brest: Le Dacq, Muller, De Waëlle. Le Drogo porte le maillot jaune. (25-06)


NOUVELLES INTERNATIONALES:

Prix Nobel de la Paix: Ferdinand Buisson (1841-1932; Éducateur; France).
Jeune professeur, il s'exile en Suisse pour ne pas prêter serment au Second Empire (Napoléon III) et enseigne à l'Académie de Neuchâtel de 1866 à 1870.

En 1867, il participe au congrès international de la Ligue internationale permanente de la paix qui se donne comme but de créer les États-Unis d'Europe, nom que portera une revue dans laquelle il élabore un programme pour "l'abolition de la guerre par l'instruction". En 1890, il devient professeur de pédagogie à la Sorbonne. Partisan de la défense du capitaine Dreyfus, il participe à la création de la Ligue française des droits de l'homme en 1898, dont il sera président de 1913 à 1926. Partisan de la première heure de la Société Des Nations (S.D.N.), il se consacre ensuite au rapprochement franco-allemand surtout après l'occupation de la Ruhr en 1923, en invitant des pacifistes allemands à Paris et en se rendant à Berlin.
Le plus âgé lauréat des Prix Nobel de la paix (86 ans), il attribue cette récompense à ses "fils adoptifs", les instituteurs de France, afin qu'ils puissent travailler au rapprochement des peuples par l'éducation des enfants.

Prix Nobel de la Paix: Ludwig Quidde (1858-1941; Pacifisme; Allemagne).


Étudie l'histoire aux universités de Strasbourg et de Göttingen. Il est responsable de la publication de documents du Moyen Âge jusqu'en 1933, date à laquelle il doit démissionner à cause de la prise du pouvoir par Hitler et du danger de mort dans lequel les opposants au pouvoir se trouvent, en particulier les pacifistes. Fondateur de la Société allemande de la paix, en 1894 il publie un pamphlet "Caligula" qui lui vaut 3 mois d'emprisonnement à cause de son contenu vexant pour l'empereur Guillaume II. Il est obligé de s'exiler en Suisse pendant la première guerre mondiale. En 1933, il s'établit à Genève, où il poursuit ses activités d'historien et de journaliste
www.nobel-paix.ch

États-Unis.
Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti furent jugés en mai 1921. Le 9 avril 1927, le juge Thayer après avoir maintenu le verdict de culpabilité des deux accusés (malgré la confession d'un des participants au hold-up, Celestino Madeiros, le 5 mai 1920), les condamne à mort. Ils seront exécutés le 5 août après que le gouverneur du Massasuchet ait refusé de les gracier. Pendant six ans Sacco et Vanzetti n'ont cessé de protester de leur innocence. L'affaire eu un retentissement international: En Italie au départ puis en Belgique, en Suisse au Portugal en Espagne, dans les pays scandinaves, aux États-Unis. Le 8 août un ordre de grève générale de 24 heures est massivement suivi en France. Reflet des luttes sociales très dures de l'après-guerre, l'affaire Sacco et Vanzetti reste un exemple sans précédent de la solidarité ouvrière internationale.
Russie.
Trotski est renvoyé du parti communiste et se réfugie en France après un bref passage en Turquie.
Aviation.
Ayant appris qu'un mécène, Raymond Orteg, offre 250.000 dollars au premier pilote qui relierai New-York à Paris sans escale, L'américain Charles Lindbergh fait construire un avion en 60 jours avec l'aide de mécènes de Saint-Louis et traverse l'Atlantique Nord sans escale pour la première fois le 20 mai à bord du Spirit of Saint Louis un monoplan monomoteur de 220 ch. Au décollage l'avion pesait 2.410 kilogrammes dont: 1.707 litres d'essence, 25 litres d'huile, 5l 1/2 d'eau et... cinq sandwichs et pas de radeau de survie. La traversée s'effectue à 10.500 pieds. Il survole Terre-Neuve après 11 h 03 de vol. Rencontrant des pécheurs il leur demande: L'Irlande c'est par ou?.
Il la survole après 17 h 25 mn. Il se posera à Paris le 21 à 22 h 21 après 33 h 27 minutes de vol à la moyenne de 188 km/h. Il lui reste alors 322 litres d'essence, de quoi parcourir 1.300 km de plus que les 6.300 de la route Paris - New-York. Acclamé par la foule, reçu par les maréchaux Foch et Joffre, il reçoit la médaille d'or de la ville de Paris, il devient un héros tant en Europe qu'aux États-Unis.
Lindbergh n'a pas gardé les 150.000 fr. que lui avait remis Madame Deutsch de la Meurthe lors de la réception à l'aéro-club du Bourget. Il les reverse à la caisse de secours de l'Aéronautique.

La Dépêche du 27-05.

L'Hygiène américaine.
Le nombre d'américains qui ne prennent guère autre chose que des repas froids est étonnant.
Comme cela c'est bien plus simple: Pas de cuisine. Des charcuteries froides, des céréales desséchées qu'on délaye au dernier moment dans du lait froid, de vagues pâtisseries et surtout des boites de conserves, encore des conserves. L'instrument à ouvrir les boîtes, le "tincan opener" est sans contredit le plus employé des ustensiles de cuisine américain.
Ainsi madame peut se lever tard, passer l'après-midi au cinéma, les heures intermédiaires en longs bavardages chez des amies ou en interminables courses dans les magasins, à acheter mille bibelots inutiles qu'on retrouve bientôt sous les meubles et que personne ne prend le temps de ramasser.
Lorsque les époux rentrent, les plus consciencieuses sortent en hâte de la glacière le tas de nourriture froides; beaucoup leur laissent le soin de les en tirer eux mêmes. Ceci pour le repas du matin ou du soir.
Pour le midi, avec le lunch, on n'a pas le temps de revenir chez soi. Encore un système que j'ai entendu prôner en France, et dont je ne suis pas l'admirateur!
... Je sais par expérience qu'un repas absorbé trop vite se digère très mal. Or le lunch américain est toujours hâtif. Le triomphe du système, c'est le "quick-lunch-bar". C'est un genre d'établissement qu'on peut voir fonctionner tous les jours à New-York.
Devant un vaste comptoir sont alignés des disques de bois piqués sur des tiges de fer, pareils au disques de liège sur lequel on empale les papillons. Des papillons humains, ... ce sont les clients juchés sur ces disques qui font marcher leurs bras avec une agitation fébrile: une fourchette n'attend pas l'autre et tout s'enfourne dans la bouche grande ouverte... En cinq minutes le repas est bouclé.
Pour faire couler ces repas indigestes, il faut des boissons énergétiques qui vous drainent le tube digestif. L'Américain n'aime pas les demi-mesures. S'il boit de l'alcool, c'est du vitriol. S'il boit chaud, il veut que ce soit bouillant. S'il boit froid, il veut que ce soit glacé. D'ailleurs la glace, on en met partout, ,on seulement dans les boissons, mais dans les fruits, les desserts, les crèmes, en même temps que le café bouillant on déguste une crème à la glace.
Ces alternatives du chaud et du froid ne sont pas sans inconvénient: l'émail des dents, brusquement dilaté par la chaleur, et resserré par la glace, craque. De là ces magnifiques dentures constellés d'or qui éblouiront les Européens et Européennes. L'Amérique est le paradis des dentistes. Mais les mâchoires dorées comme les grosses lunettes sont une tare, et pas du tout une élégance.
A côté de cela il y a l'hygiène.
Ah! oui, il y en a!
Il y en a a faire baver tous les écrivains à la mode qui viennent passer huit jours à New-York et écrivent à leur retour un livre sur l'Amérique.
Exemple: si l'on vous donne du sucre, chaque morceau est enveloppé dans sa petite enveloppe antiseptique individuelle. D'ailleurs il sucre mal et vous ne savez pas ce qu'étaient les doigts qui l'ont mis dans l'enveloppe. Mais cela ne fait rien, l'effet est produit: vous êtes impressionné.
Idem pour le pain que beaucoup de boulangeries fournissent en cubes enveloppés dans du papier transparent. D'ailleurs il n'a aucun goût et se digère mal, mais ça ne fait rien, c'est du pain hygiénique (ou qui en a l'air).
De même toutes les saloperies en boites qui tiennent lieu de cuisine sont toujours ultra hygiéniques et recommandées par des tas de docteurs, ce qui ne les empêche pas d'être moins digestives qu'un bon bifteck aux pommes.

La Dépêche du 18-01.

EN FRANCE:

Nous sommes sous la IIIème République. Gaston Doumergue est président de la République.

Douaumont.
Inauguration de l'ossuaire par le héros de Verdun: le maréchal Pétain.
"L'Oiseau Blanc".
Le 8 mai disparition de Nungesser (ancien as de la chasse lors de la première guerre mondiale) et Coli lors d'une tentative de traversée de l'atlantique en avion.
Partis du Bourget à 5 h. 21, ils ont été vus, pour la dernière fois au nord de Southampton. La durée du vol devait être de 40 à 45 heures.
Le commandant du paquebot "Paris" arrivé hier à New-York, déclare qu'une violente tempête a sévi dans la nuit de dimanche à lundi. Il estime qu'un avion ne pouvait ni passer, ni amerrir.
Service militaire.
Le service militaire est ramené de dix-huit à douze mois.
Téléphone.
J'attendais ce communiqué depuis des semaines. Le "Comité pratique d'amélioration téléphonique" s'est réunis en présence du ministre... on va nous communiquer une brochure pour nous apprendre à nous servir du téléphone...
Vous entendez bien, n'est-ce pas? Si le téléphone en France marche de façon déplorable, c'est la faute aux abonnés. Y a-t-il des attentes de dix minutes avant que l'on vous réponde? C'est que l'abonné ne sait pas décrocher son récepteur. Y a-t-il des erreurs de numéros? L'abonné. Y a-t-il des lignes ou nous parlons à cinq ou à six? l'abonné. Y a-t-il des communications intempestivement coupées? L'abonné. Y a-t-il des gens qui attendent huit heures à Paris pour obtenir Brest? L'abonné.
L'abonné, l'abonné, l'abonné vous dis-je.
Voilà après avoir bien cherché, ce que le "comité pratique d'amélioration téléphonique" a trouvé.

La Dépêche du 07-01.

"América".
Le commandant Bird a amerri vers trois heures du matin dans la Manche, près de Ver-sur-Mer (Calvados). Il avait survolé Brest vers 20 h 30. Les aviateurs ont gagné la terre sains et saufs dans leur canot en caoutchouc. L'avion à pu être sauvé...
30.000 Parisiens ont accueilli à la gare Saint-Lazare les héros... "C'est en France et non ailleurs que nous voulions atterrir".
Il offre un chèque de 30.000 dollars à Mme Nungesser pour aider la recherche de son fils disparu lors de sa tentative de traversée de l'Atlantique.

La Dépêche du 02-07.

EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante".
Treiñ ar c'hazh dre e lost: Faire tourner le chat en le tenant par la queue
Ce qui est une occupation aussi riche d'enseignements que de peigner la girafe. Si vous n'avez vraiment rien à foutre, vous pourrez aussi .Histoire de changer - prendre un chien: c'est, paraît-il, tout aussi efficace...

"Expressions populaires bretonnes" Éditions COOP BREIZH.

"Fil rouge": Le pont de Plougastel.
Une manœuvre délicate aura lieu lundi
Les travaux se poursuivent avec une grande activité. On sait que les piles situées sur la grève, de chaque côté de la rivière, ont été construites à l'abri d'un batardeau circulaire. Celles qui doivent porter l'ouvrage sur le fond même de l'Elorn sont édifiées à l'aide d'un caisson à air comprimé.
Ce caisson unique en béton armé, ayant permi d'asseoir la pile dite du "prince russe"
sur une roche préalablement décapée et de l'élever presque en surface, doit servir aussi à constituer la base sous-marine d'une seconde pile à plus grande profondeur encore, plus près de la rive de Plougastel.
Le déplacement du caisson qui constitue une manœuvre des plus délicates, en même temps qu'une véritable innovation s'effectuera demain, si le temps le permet.

Rive gauche de l'Elorn. Nous apercevons à l'arrière plan le cintre qui servira quand on coulera le béton des arches.

La Dépêche du 01-01.

Praires et palourdes disparaissent.
La pêche des praires et palourdes interdite dans la rade de Brest et les rivières y aboutissant, pendant les mois d'été, du 1er juin au 15 septembre. Arrêté du vice-amiral préfet maritime.
Quand on connaît l'importance de cette pêche et du nombre de personnes qui en vivent, on se rend compte de la gravité de cette décision. Aussi pour la provoquer, a-t-il fallu des raisons primordiales.
Certes, jadis quand deux ou trois barques kerhorres se livraient seules au dragage des praires entre le Tinduff et Lauberlach, la nécessité de semblable mesure ne se faisait guère sentir, on ne cherchait alors qu'à satisfaire que des besoins locaux. Chaque barque ne recueillait guère plus de cent kilos, bien que la pêche eut pu être d'une abondance illimitée, car la question du transport devait être sérieusement envisagée.
Pour ne pas contourner la longue presqu'île de Plougastel, ce qui pouvait être interminable par vent contraire, les pêcheurs mouillaient dans la crique la plus proche et la plus abritée, puis transportaient eux-mêmes les praires en gare de Kerhuon. Ainsi, la tête chargée d'un sac de vingt ou vingt-cinq kilos de coquillages, ils parcouraient une dizaine de kilomètres. On conçoit qu'ils ne pouvaient pêcher davantage.
Mais, après la guerre, les dragages de toute sorte se firent plus nombreux. Comme les coquilles saint-jacques et les pétoncles, les praires furent recherchées. Les marins de Plougastel s'y employaient à leur tour.
A présent, une vingtaine de bateaux se consacrent tout les jours à cette pêche.
Ils n'opèrent point sous voile, comme pour les coquilles: lorsqu'ils sont mouillés à l'endroit voulu, la drague est mise à l'eau. Munie d'une sorte de râteau garni de grandes dents qui lui permettent d'entrer profondément dans le sable, elle est tirée par un câble s'enroulant autour d'une sorte de treuil manœuvré à la main.
Comme la question du transport ne se pose plus, puisque la pêche est immédiatement livrée au port de débarquement, les marins pêchent toute la journée. Ainsi malgré leur nombre, les barques rapportaient au début plus de deux cents kilos.
Les praires, qui se développent très lentement, se firent plus rares. Certains bancs semblaient dévastés, d'autres ne permettaient plus qu'une récolte réduite de moitié. Allaient-ils subir le sort des bancs huîtriers?
Vers la même période on constatait la disparition lente mais aussi certaine des palourdes. Ce coquillage trouvait facilement preneur à Marseille comme à Paris, bien plus encore que la praire, qui ne se laisse ouvrir que par des mains expertes, ne plaît ;guère aux restaurateurs soucieux de la conservation de leurs couteaux.
Cueillies une à une par les pêcheurs de Kerhuon, les palourdes, malgré la rapidité relative de leur reproduction, se sont raréfiées.
A Logonna-Daoulas et Kérascoet, ou d'autres pêcheurs effectuaient une cueillette encore plus abondante, le même fait était constaté. Déjà en février 1922 nous traitions la même question.
... enfin l'interdiction est aussi le résultat d'une pétition signée de nombreux pêcheurs intéressés, soucieux de ne pas voir disparaître à tout jamais leur principale ressource.
N'est elle pas aussi le fait des vendeurs qui, durant l'été, devaient écouler ces coquillages devenus laiteux, d'un goût et d'une présentation capables de nuire à leur juste renom?
Espérons que grâce à cette mesures, on n'aura pas à redouter une situation semblable à celle qui causa la ruine de l'industrie ostréicole.

La Dépêche du xx-05.

Conflit sardinier.
Nouveau conflit sardinier. Malgré l'arbitrage ministériel, pas de solution. Des propositions sont faites aux pécheurs, les usiniers eux se réunissent à Nantes.

La Dépêche du 02-07.

Albert Louppe.
Un homme de cœur, un homme d'action vient de disparaître...
Polytechnicien à 19 ans, directeur de la Poudrerie du Moulin Blanc. Élu conseiller municipal de Guipavas, avant de prendre la direction de la poudrerie de Pont-de-Buis, il est élu conseiller général du Finistère et député de Chateaulin, élu sénateur en 1921. Les projets de ponts dans le Finistère étaient nombreux. Discussions stériles et tergiversations sans fin sans aboutir. Albert Louppe sera la personne qui mènera à bien les projets grâce à sa fermeté et l'autorité qui s'attachait à sa personnalité. Ty-Men, Térennez, la Corde, Audierne et bientôt Plougastel, grâce à lui, sont ou seront opérationnels.
... l'œuvre accomplie par le conseiller général du Finistère est si vaste et si complexe, que nous ne pouvons aujourd'hui l'analyser complètement.

C.Lèger. La Dépêche du 06-07.

ET À BREST:

Léon NARDON, est maire de Brest.

Propreté à Brest: Les brestois prennent 12.000 bains et 35.000 douches par an... sans compter la douche quotidienne garantie!

Parlé "Tit Zef".
Tit Zef:
Surnom des habitants de Brest
L'explication de "Zef" n'est pas clairement établie: pour certains il s'agit de l'apocope de Joseph, prénom qui était très répandu à Brest, pour d'autres il s'agit de l'apocope de Zéphyr, vent doux et agréable employé en poésie: "Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr" dit le Chêne de La Fontaine au Roseau. A Brest le mot est employé pour qualifier un vent fort: "Y'a du zef aujourd'hui!" Selon le Dictionnaire de l'argot français des éditions Larousse, le mot est passé en argot dès la fin du XIXème siècle sous les formes "zèphe", "zeph" ou "zef", apocope de "zéphyr" avec influence de l'arabe "zeff el riah", "souffle le vent". La catégorie de Brestois à laquelle s'applique le surnom de "Tit Zef" ne fait pas l'unanimité: pour certains, tous les Brestois la méritent, pour d'autres seuls les Brestois de "Brest-même" y ont droit. Pour d'autres enfin, les "Tit Zef" sont les "Titis" de Recouvrance, ces derniers estimant que l'on n'est plus un "Tit Zef" quand on prend de l'âge.

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

Suffren: Lancement du croiseur Suffren le 03-05.
Création d'une grande société sportive à Brest.
Dans les coulisses du sport on chuchotait, depuis quelques semaines, qu'un certain nombre de clubs brestois avaient pris l'initiative de réunir tous les clubs laïcs de la ville dans le but de fonder une grande société sportive.
Étant un des initiateurs du projet, j'aurai pu évidemment en profiter pour apporter un peu de lumière à nos lecteurs. Mais agissant en tant que sportif mandataire d'un club, il était de mon devoir d'oublier ma qualité d'informateur.
Les négociations étant rompues, l'informateur reprend ses droits, et je vais à ce titre, examiner cette affaire dans l'ordre chronologique des événements.
Premier acte: Lettre ouverte dans "La Bleue" de votre serviteur à M.Quiniou, président de la commission municipale d'hygiène sociale, d'éducation physique et des sports. 13-
01-1927.
Quelques jours après cette lettre, l'auteur voit deux hommes: MM.Guillou (U.S.O.) et Guihéry (A.S.B.) et leu expose son idée.
Le premier, se référant à l'échec de semblable tentative, veut bien tenter de la renouveler mais sans grande conviction de réussite. Le second abonde entièrement dans mes vues et se déclare disposé de mettre tout en œuvre pour mener à bien la tentative.
Deuxième acte: La Brestoise ignorant tout de ce qui précède, rencontre des dirigeants de l'A.S.B.. M.Guihéry qui en est , en profite pour exposer aux dirigeants le projet d'un grand club, étendant ainsi notre idée première, qui n'envisageait que la fusion des deux clubs de l'U.S.O. et de l'A.S.B.
Continuant sa propagande dans ce sens, Guihéry réussit à intéresser à la combinaison le V.C.B. et le C.N.B.
Troisième acte: Les quatre clubs cités décident d'adresser à M.le Maire, une lettre, pour lui demander de bien vouloir présider une réunion, à laquelle seraient conviés, outre les quatre clubs signataires, l'U.S.O., le C.A.B., et le patronage laïque.
Objet de la réunion: Étudier la possibilité de créer à Brest un grand club laïque.
Quatrième acte: Le maire a accepté et fixé au lundi 7 mars, à la mairie, la réunion des délégations
L.Nardon, assisté de son adjoint M.Quiniou; Guihéry (A.S.B.), Guillou (U.S.O.), Le Morvan (V.C.B.), Abgrall (Brestoise), Kerdraon (C.N.B.). M.Vérité, conseiller municipal, assiste à la séance au titre d'observateur.
Ayant ouvert la séance, M.Le maire donne la parole à M.Guihéry, qui le remercie d'avoir accepté de diriger les débats.
M.Nardon demande ensuite si toutes les sociétés présentes adhèrent au principe de cette fusion.
M.Kerdraon, exposant la situation particulière du C.N.B. déclare que celui-ci n'ayant aucun avantage matériel à cette fusion, adhère néanmoins au principe, en se réservant d'étudier par la suite les modalités spéciales assurant une parfaite liaison entre le C.N.B. et le club envisagé comme une cotisation unique, par exemple.
M.Guillou, U.S.O., pose alors aux signataires de la lettre envoyée au maire, les deux questions suivantes:
1) Qu'entendez vous par club laïque?
2) Êtes vous prêts à prendre en commun la souscription ouverte par l'U.S.O. en vue de l'aménagement d'un stade?
A la première question, M.Guihéry répond en substance: "J'entends par club Laïque tout club qui n'est pas rattaché à un groupement confessionnel".
A la deuxième question, tous les membres répondent affirmativement, à l'exception de M.Guihéry, qui demande à en référer à son comité.
Cinquième acte: Nouvelle réunion à la mairie avec en plus le C.A.B. représenté par son président, le docteur Bodros.
M. le maire ouvre la séance et donne la parole à l'A.S.B., qui pose un certain nombre de questions relatives aux travaux d'aménagement du stade et à la souscription de l'U.S.O. Ces questions s'adressent tantôt à M.Guihéry, tantôt à M.Guillou, tantôt à M.le Maire.
Ce colloque produit dans l'assistance une fâcheuse impression.
En ce qui le concerne, M.le maire rappelle qu'il a été invité à présider les débats pour jouer le rôle de médiateur entre les clubs et non pour se faire "cuisiner" par un représentant de club.
Il rajoute toutefois qu'il aurait sans doute répondu à ces questions si elles avaient été posées sous une autre forme. Sur ce M.Guihéry, déclara au nom de son club qu'il considérant les négociations comme terminées.
L'enfant qui s'annonçait fort beau était mort avant d'avoir vécu.
En ce qui me concerne, je regrette profondément cet échec, et plue encore les causes futiles qui le motivèrent.
Mauvaise foi de la part de ses auteurs?
Non je ne le crois pas. Je ne veux pas y croire, mais un manque évident de psychologie.
Dans cette histoire, l'U.S.O. a été la dupe, en ce sens que cela lui a fait perdre un mois pour le lancement officiel de sa souscription.
Mais si l'A.S.B. n'a rien perdu, l'U.S.O. y gagnera sûrement de nombreuses sympathies, et partant de nouveaux souscripteurs.
Monsieur l'argentier, n'oubliez pas de m'inscrire.

La Dépêche du 12-03.

Nous avons reçu une lettre de l'A.S.B.
Monsieur le rédacteur en chef. Ayant pris connaissance d'un article signé de M.Kerdraon, nous croyons devoir vous informer que votre comité et notre commission d'Association réunis le 14 courant, ont approuvé à l'unanimité M.Guihéry, notre délégué dans l'affaire du club unique.
Ayant pris de ses dernières explications, nous vous confirmons que notre abstention , si elle a été influencée par les questions extra sportives, a été motivée:
1) Parce que le projet s'est finalement réduit en fait à la fusion de deux clubs de football, alors que nous étions attirés par le groupement de tous les sports, et cela, en dehors de toute préoccupation d'ordre politique ou religieux.
2) Parce que nous n'avons pas cru de voir adopter le principe d'une souscription avec tirage de lots.
Le président de l'A.S.B. E.Lombard.

La Dépêche du 18-03.

Réponse au comité de l'A.S.B.
En réponse à la lettre du comité de l'A.S.B. que nous avons insérée hier, je tiens à déclarer que le passage affirmant que le projet envisagé s'est trouvé réduit, en fait, à la fusion de deux clubs de football, est faux.
D'autre part, l'A.S.B. sait très bien que tous les cosignataires de sa lettre à M.le maire, sont d'accord avec elle pour déclarer hautement que le sport n'a rien à voir avec la politique ou la religion.
Quelque soient les termes que l'on puisse employer et quelque soit le nom du signataire, c'est bien l'A.S.B. et elle seule qui a rompu les pourparlers.
Que l'A.S.B. justifie cette mesure par des motifs qui d'un jour à l'autre, ont varié, cela la regarde: qu'elle demeure dans la vérité, c'est tout ce qu'on lui demande.
Estimant que cette polémique a assez duré, je suis prêt, en ce qui me concerne, à discuter ce sujet avec n'importe qui et n'importe ou, en privé ou en public.
Noël Kerdraon.

La Dépêche du 19-03.

École Navale.
Après le vieux vaisseau "Le Borda" dont les flancs sombres se ceinturaient des lignes blanches des batteries..., ce fut "La Ninon" et ses baraquements et ce sera dans quelque temps, de façon définitive cette fois, l'École Navale à terre dressée sur le plateau des Quatre Pompes, qui recevra les futurs états-majors de nos unités maritimes.
La question resta longtemps pendante bien que la décision du transfert fut prise. Les expropriations nécessaires avaient été faites administrativement et cependant les travaux de construction ne semblaient pas près d'être entrepris.
Le principe de la construction de l'école navale à terre a été voté à plusieurs reprises par le parlement. C'est la troisième fois, qu'après avoir obtenu des crédits pour cette construction, le département laisse tomber une entreprise dont la nécessité urgente n'est plus à démontrer...
Et voici que les travaux de terrassements de la future école viennent d'être adjugés à l'entreprise A.Marc qui doit commencer sans tarder.
Ce que seront les nouveaux bâtiments? on peut en juger par le fait que les déblais qui doivent être enlevés sur la colline désignée atteindront le volume de 125.000 m3.
Tous les brestois connaissent cette colline des Quatre-Pompes
et savent quelle est son élévation. Pour y construire les édifices projetés, trois vastes paliers seront constitués en arrière d'une façade s'étendant entre la carrière Combarelle et les anciens bâtiments de construction des navires dont le petit port de lancement achève de se désengager, à l'ombre de la jetée ouest de la rade-abri.
Le nouvel établissement qui comportera, en arrière, vers Saint-Pierre-Quilbignon, des cours spacieuses, un parc et un terrain de sports, s'unira à la route actuelle en corniche par un chemin qui nécessitera la démolition des maisons existantes et par un escalier monumental...

La colline des Quatres-Pompes et les maisons qui doivent céder la place à la nouvelle école.

La Dépêche du 14-04.

Sacco et Vanzetti.
Sur proposition de M.Kerjean, président de la section brestoise de la ligue des droits de l'homme, le conseil (municipal) adopte , à l'unanimité, le vœux suivant en faveur de Sacco et Vanzetti après que M.Nardon, maire de Brest, au nom de la population, et Quiniou, au nom du parti socialiste, aient déclaré y souscrire sans réserve:
Le conseil municipal de Brest réuni le 21 août 1927;
Émus par la situation faite aux deux libertaires... dont l'exécution est constamment retardée;
Convaincu de l'innocence de ces deux hommes, proclamée dans le monde entier par des millions de personnes...;
Rappelant qu'il eu le grand honneur de recevoir à Brest la Président Willson;
Il supplie le président des États-Unis, M.Coolidge, d'intervenir auprès du gouverneur du Massachusetts pour que la grâce soit accordée à Sacco et Vanzetti et demande de les faire comparaître devant une nouvelle Cour, ou la preuve de leur innocence pourra être faite.

La Dépêche du 23-08.

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Mise à jour: jeu 30-sep-04 22:18