Historique: 1926

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Ligue de l'Ouest.
Championnat de division d'honneur:
Champion, l'Union Sportive Servannaise.


À l'A.S.B.:
Résultats, Infos.
Dirigeants: Conseil d'administration pour la saison 1926-1927: Président, M. Émile Lombard, président général du club; Vice-président général du club: M.Th.Le Treusse, chargé du secrétariat du bureau; trésorier, M.Brunet; membres, MM.Burlé, Capitaine, Creignou, Robert Godoc, Guémas, docteur Lacombe et Louis Omnès.
Commission sportive: Président: Eugène Capitaine, secrétaire: M.Guihéry, membres: MM.Castel, Colin, Gaonach, Gourmelen, Langelier, Lebreton, Leroux et Montconduit.
Commission des finances: Président: M.Louis Omnes; membres: MM.J.Lombard et Morant.
Commission des terrains: Président: M.Guémas. (14-05).

Équipe seniors saison 1926 - 1927.

Banquet du club. Organisation: ... les 82 participants sont priés de se rassembler à 9 h.30 avec tous leur moyens de transports (auto, autos-cars, motocyclettes et bicyclettes) place de la Liberté, devant le garage Vienne. Tous les véhicules devront être munis de fanions aux couleurs du club.
A 9 h. 45, départ en file indienne jusqu'au grand pont. A cet endroit, M.Henry Boulard, chef du convoi automobile, fera partir les véhicules un par un, pour leur permettre d'aborder les côtes de Saint-Pierre à allure libre, afin d'éviter tout accident. Le convoi se regroupera à l'église Saint-Pierre-Quilbignon, et on se dirigera sur le Treiz-Hir à moyenne
vitesse de promenade; sauf cas de panne, on voudra bien éviter de se doubler. Serre-file: M.Gironde, à motocyclette.
11 h. 30 apéritif à l'hôtel des Bains. (Ndlr: Une demi-heure d'apéritif !!)
12 h. Banquet.
14 h. Concours et réjouissances sur la plage. En cas de mauvais temps, danses et concerts: Les musiciens de la société sont priés d'apporter leurs instruments.
17 h. 30: retour à Brest avec les mêmes prescriptions de route qu'à l'aller.
A 18 h. 30, dislocation au Café des Voyageurs, siège du Club. Le secrétaire Général. (20-06)
Réclamation: L'A.S.B. et le Stade Quimpérois battent le S.B.U.C. sur le tapis vert suite à une réclamation pour la qualification de deux joueurs du S.B.U.C.... Nous ne savons pas si le S.B.U.C. fera appel, et nous pouvons déplorer les conséquences de cette affaire, uniquement due à des chinoiseries administratives.
Nous croyons savoir en effet que les joueurs en cause, avaient tout simplement omis de démissionner de leur ancien club.
Décidément, l'administration sportive n'a plus rien à envier à l'ad-mi-nis-tra-tion tout court. (Noël Kerdraon 01-01)
Polémique S.B.U.C. - A.S.B.: Une lettre de Jos Guihéry datée du 2-01, répond aux accusations du Président du S.B.U.C. concernant la feuille de match sur laquelle avaient été portées les réserves du match. L'A.S.B. étant accusée d'avoir rajouté "quelque chose" sur les feuilles... j'ai porté plainte devant la ligue de l'Ouest... tous les joueurs du Stade Briochin s'étant présentés sans licence... Que le comité du Stade se plaigne du rigorisme des règlements, cela peut s'admettre; encore qu'un vieux club comme le Stade est mieux que beaucoup d'autres, sans doute, au courant des règlements et je ne vois par pourquoi il jette la pierre à l'A.S.B...(Jos Guihéry 04-01)
A.S.B. - Stade Quimpérois:
4 à 3. Parc des sports. 4.000 personnes. Une fois de plus le ground de Prat-ar-Raty a vu la défaite du stade Quimpérois, le leader du groupe "A"
Tous ceux qui ont pu assister à ce match, se sont retournés enchantés, qui, quoique de championnat fut passionnante. L'A.S.B. est sortie victorieuse, mais non sans mal. Le résultat inverse eut été aussi logique. L'A.S.B. mena trois à zéro puis trois à un à la mi-temps. Privés de Prosper Salaün dès le début de la deuxième mi-temps, les brestois terminèrent retranchés dans leur camp. (25-01).
Dournenez - A.S.B.: Bien que privés de Champi et de deux demis dont Prospère Salaün, les brestois on battu les sympathiques douarnenistes sur un terrain transformé en marécage par le mauvais temps. L'U.S.D.P. termine dernière et les brestois menacent de battre l'armoricaine sur le poteau pour la deuxième place. Résultat dimanche prochain après la rencontre U.S.O. - A.S.B.(01-02)
U.S.O. - A.S.B.: 1 à 2. Les partisans de l'A.S.B. ont eu chaud., hier, au stade de la marine. Le team était amputé de quatre joueurs: Champi, Magurérès, Prospère Salaün et Brenner. Les trois premiers malades ou blessés et le quatrième, son :indisposition nous parait être diplomatique. Le bruit coure dans les coulisses que Roger Brenner sera à Saint-Brieuc l'année prochain ou des propositions alléchantes lui auraient été faites lors d'un séjour d'une semaine qu'il fit dernièrement dans cette ville vraiment accueillante pour les soccers.
Que Brenner cherche ses intérêts, c'est son droit d'homme; mais une telle attitude vis à vis du club qui l'a formé et sorti et dont il est encore le capitaine, dénote une drôle de mentalité et un manque total d'esprit sportif. (08-02)
Classement final: 1) Stade Quimpérois 25 pts, 2) A.S.brestoise: 23 pts, 3) Armoricaine: 22 pts, 4) S.R.U.C. 19 pts, 5) U.S.O. 17 pts, 6) U.S.D.P. 14 pts.
Poule finale des seconds. A.S.B. - S.R.U.C., à Saint-Brieuc: Match sensationnel qui désignera l'équipe qui rencontrera les vainqueurs de la poule des premiers pour le titre de champion de l'Ouest. Les brestois après un début de saison difficile, ont opéré un redressement magnifique autant qu'inattendu. Ils connaissent actuellement une forme excellente. Quand aux rennais, ils comptent dans leurs rangs des footballeurs de grande classe. La plus part furent internationaux ou sélectionnés de la ligue de l'Ouest. Le match de dimanche est quoique l'on en dise plus équilibré que jamais. A la science des Rennais, les brestois opposeront la fougue et une combativité qui sont les facteurs d'une victoire. Dernièrement en matches amicaux elle a battu le Relecq par 9 à 2, le Stade Nantais 7 à 0, Saint-Laurent 6 à 1. Les deux teams seront au grand complet. (03 & 05- 03)
S.R.U.C. - A.S.B.: 8 à 1. Violents incidents. Le Stade nettement supérieur. Il y eu :sur le terrain briochin du beau football et il y en aurait eu plus si la partie n'avait été hachée de nombreux incidents.
Ces incidents eurent deux causes: d'abord les encouragements excessifs et tendancieux que certaine partie du public lançait aux joueurs. Ensuite l'arbitrage de M.Riaux qui laissa sans sanction de nombreuses fautes et brutalités. Mi-temps 4 à 1. Durant la mi-temps, de vives discussions, difficilement arrêtées se produisirent dans les tribunes entre personnalités diverses. Le terrain était envahi par le public qui voulait suivre les discussions de plus près.
Le cinquième but fut à l'origine de discussions. Niko recevait un coup de pied de Guivarch et devait être transporté hors du terrain. Brenner, discutant avec l'arbitre était exclu. Les deux équipes jouaient alors à dix. Six, Septième, huitième but. C'est alors que se produisirent certains incidents dont je ne retiendrai que celui-là: Pondaven, suivi d'un de ses camarades, se précipitait sur M.Riaux et le frappait. La foule parvenait à entraîner Pondaven, cependant qu'en divers points des groupes se formaient ou le geste du joueur brestois était sévèrement condamné (08-06)
Conflit L.O.F.A. - A.S.B.:
Pensant atteindre la "Dépêche Sportive" le conseil de la L.O.F.A. accable l'A.S.B. de ses rigueurs. Cela occasionne le départ de Jos Guihéry pour détourner de son club des foudres imméritées.
Mais la Dépêche sportive, absolument indépendante de l'A.S.B. comme de tout autre club, conserve son franc parler!... Rennes capitale des sports en Bretagne, est souvent aussi la ville de la cuisine sportive. Mais cette cuisine est parfois indigeste. Elle est digne des gargotiers. (N.Kerdraon.)
... Notre journal n'est à la remorque d'aucun club, d'aucun groupement, et les gens de bonne foi ne peuvent nier notre indépendance absolue et notre impartialité complète.
Que M.Guihéry, secrétaire de l'A.S.B., collabore à notre journal, c'est son droit... Ce n'est pas la démission de Guihéry qui changera quoi que ce soit à notre ligne de conduite qui se résume en cette formule simple: encourager les sports et combattre les injustices, démasquer les intrigants et les faux sportifs.
Nous relevons le gant que nous jette la L.O.F.A., Ligue d'amateurs, ou siègent en force les pionniers du professionnalisme dans l'Ouest. Les agissements de la ligue de l'Ouest ont déjà choqué pas mal de clubs et quantité de sportifs. Tant va la cruche à l'eau...
Le jour approche ou les sportifs sincères se lèveront pour chasser du temple les marchands de sport. (La Dépêche Sportive)
La L.O.F.A. se soulage: Après le match qui mettait aux prises le 14 mars les équipes du Stade Rennais et de l'A.S.B. en finale des seconds:
1) Radiation à vie de M.G.Lombard vice-président de l'A.S.B.;
2) Suspension de 10 ans de Pondaven;
3) Suspension de trois mois pour Paul Salaün et Nicolas Maguérès;
4) Suspension d'un mois de Roger Brenner.
Toutes ces sanctions sont applicables, sans sursis, à la date du vendredi 12 mars. (17-08)
Match amical.
A.S.B. - C.S.Danubia (Hongrie). Ceux qui comme nous regrettent la dureté de la ligue de l'Ouest envers les joueurs sympathiques de l'A.S.B. que sont Maguérès, Paul Salaün, et Brenner, se rendront en foule demain au Parc des Sports pour aider le comité de l'A.S.B. à affirmer que la valeur de ses joueurs de réserve lui permet de doubler avec le sourire le cap de difficultés créées par ceux qui espéraient l'atteindre dans ses œuvres vives. (22-03),
Préparation de la saison 1926-1927. A.S.B - Cheminots Rennais.
Brenner qui devait signer à Saint-Brieuc est encore à L'A.S.B. Dans les buts toujours Champi... gneule, Maingant et Lebreton. Les deux derniers sont prêts à remplacer Champi. Arrières: Brenner et Le Gac. Tandem de toute première force. Demi-centre: Prosper Salaün plus actif que jamais et dont le service aux avants s'est nettement amélioré. Boulch et Vincent Coat. Sabatier peut remplacer Vincent. Dans l'ensemble, l'équipe est athlétique, décidée et scientifique. (09-08)
A.S.B. - U.S.O.: Ouverture du championnat division d'Honneur. 6 à 2. (20-08)
A.S.B. -
Concarneau: 7 à 1. (01-09)
Armoricaine - A.S.B.: Victoire de l'Armoricaine par 3 à 2. l'Armoricaine démarre fort. Trois matches et trois victoires en championnat. (11-10)
Stade Quimpérois - A.S.B.: 3 à 0. Événement; première victoire du stade Quimpérois à Prat-ar-Raty. (18-10)
Douarnenez - A.S.B.: 5 à 3. Cette année, l'A.S.B. est sortie dès le 3ème tour de la coupe de France. (25-10)
Paul Salaün: Le sélectionné de l'ouest retourne en fin d'année à l'A.S.B. Un sérieux renfort pour les Bleus. (30-10).
Polémique à l'A.S.B.: Le trophée du meilleur joueur est remis cette année sous forme d'une somme d'argent récompensant l'élu du club. Certains joueurs, eux, réclament que la somme soit répartie entre les joueurs de l'équipe et que les arriérés d'indemnités soient réglés. (30-10).
Quelle victoire!: Cette saison le jeu de l'A.S.B. s'améliore lentement et difficilement. Sur le stade de l'Armoricaine, le club voisin brille de mille feux. Cependant lors de la rencontre entre les deux clubs, l'A.S.B. vient largement à bout de l'Armoricaine par trois à zéro. (29-11).
Classement de la poule "A" de division d'honneur: 1): Quimper, 20 pts; 2): Armoricaine, 20 pts; 3): A.S.B., 15 pts; 4): Saint-Brieuc, 13 pts; 5): U.S.O., 7 pts; 8) Douarnenez, 6 pts. (28-12)


ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Football.
Au conseil National de la F.F.F., il est décidé la création d'un championnat de France en trois divisions réalisé selon le classement des clubs dans leur ligue.
Coupe de France.
O.Marseille / A.S.Valentigney 4 à 1; Colombes (Olympique) Arbitre : M. Balvay Georges.(09/05).
Finale Copa Libertador.
Uruguay / Argentine.


Cyclisme.
Tour de France: Le tour est enlevé par le Belge Buysse sur cycles "Automoto". (18-07)


NOUVELLES INTERNATIONALES:

Prix Nobel de la Paix: Gustav Stresemann (1878-1929; Politique; Allemagne).
Étudie la littérature, l'histoire et l'économie aux universités de Berlin et de Leipzig. De 1923 à 1929, il est ministre des affaires étrangères sous la république de Weimar. Artisan d'un rapprochement avec la France, il pousse l'Allemagne à garantir sa frontière occidentale par la signature des accords de Locarno de 1925 et à ne pas recourir à la force sur la frontière orientale. Comme corollaire, l'Allemagne adhérera à la Société Des Nations (S.D.N.). Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il comprend que l'Allemagne resurgirait en tant que grande puissance seulement en ajustant pacifiquement ses ambitions nationales avec une attitude pacifique. La prise du pouvoir de Hitler, en 1933, est marquée par le retrait de l'Allemagne de la S.D.N.

Prix Nobel de la Paix: Aristide Briand (1862-1932; Politique; France).
Avocat, journaliste. Il fonde en 1902, avec Jean Jaurès, le journal socialiste L'Humanité. Il fait partie de la Chambre des Députés (1902-1932), du Conseil des ministres (1906-1932). Artisan du rapprochement franco-allemand avec Stresemann, il signe les accords de Locarno. Très actif au sein de la Société Des Nations (S.D.N.), il propose en 1927 aux 27 états européens représentés à la S.D.N., un projet de création d'une fédération d'États européens. Il est également l'instigateur du Pacte Briand-Kellogg de 1928, qui a pour but le renoncement à toute guerre.

www.nobel-paix.ch

Prix Nobel.
Le prix Nobel de la paix est attribué à Aristide Briand 23 fois ministre: 18 fois affaires étrangères, 11 fois président du conseil et à
Gustav Stresemann ministre des affaires étrangères allemand. Celui-ci négocia l'évacuation de la Ruhr, de Cologne, l'admission de l'Allemagne à la Société Des Nations.
John Logie Baird.
Après avoir fait des études d'électrotechnique au collège royal de Glasgow, il fut un des pionniers de la télévision. En mars il présenta en public la première image télévisée. Il exploita son brevet en Angleterre et en Allemagne.
Japon.
Début du règne de Hirohito. Empereur du Japon.
Exploration.
La première expédition en dirigeable fut effectuée par
Nobile un aviateur et explorateur italien en compagnie d'Admunsen.
Aérospatiale.
Le professeur américain H.Goddard lance la première fusée alimentée par un combustible liquide le 16 mars. Le vol durera 2 secondes et demie.

EN FRANCE:

Nous sommes sous la IIIème République. Gaston Doumergue est président de la République.

Caricature de Briand:
L'Ange de la paix, alors qu'il prône la création d'une fédération états européens.

Politique intérieure.
6 Mars: Démission du cabinet Briand, mis en minorité par la chambre pour la taxe sur les paiements;
10 Mars: Nouveau cabinet Briand;
15 juin: Démission du cabinet Briand;
18 juin: Herriot tente de former un nouveau cabinet... le 20, il jette l'éponge et... Briand...
23 juin: le cabinet Briand est opérationnel;
17 juillet: Le cabinet Briand est renversé par Henriot;
18 juillet: Herriot forme son cabinet;
21 juillet: Herriot renversé;
23 juillet: Constitution du cabinet Poincaré...
Peintre.

L'ancienne maison de Monet située à Giverny sur l'Epte ou se rendait Clémenceau qui était un admirateur du peintre, est classée monument national après la mort du peintre.
Aristide Briand.
Extraits du discours d'Aristide Briand soutenant l'entrée de l'Allemagne à la S.D.N. " Arrière les canons, les fusils, les mitrailleuses. Arrière les voiles de deuil, place à l'arbitrage, à la sécurité et à la paix".
Maroc.
Capture d'Abd-el-Krim. Fin du soulèvement dans le Rif Marocain.

Les conseils de M.Herriot, ministre de l'éducation civique, aux professeurs de l'enseignement technique.
"Vous préparez aux métiers, à la production, non à des examens, ni pour des diplômes. Vous aurez rempli votre office si vous avez donné au pays de bons techniciens... "
Aviation.
Le premier catapultage d'avion à partir d'un bateau, est réalisé au port de Brest le 27 novembre. Le Lieutenant Démougeot en est le pilote.

La Dépêche du 27-11.

EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante".
Nadañ karotez: Semer des carottes
Lorsqu'une vieille gîte vous empare, qui vous empêche carrément de porter la coupe à vos lèvres, une seule solution; amener les lèvres vers la dite coupe. Sinon vous perdez toute considération et l'on vous catalogue illico chez les semeurs de carottes, autrement dit les sucreurs de fraises...

"Expressions populaires bretonnes" Éditions COOP BREIZH.

Les grandes grèves des ouvrières des conserveries.
Ce fut au Guilvinec, l'un des événements les plus marquants de la première moitié du siècle tant par sa soudaineté que par son ampleur.
Il est resté dans la mémoire collective comme le symbole de la lutte ouvrière, pourtant dans un monde assez peu syndicalisé, grâce à son slogan revendicatif "Pemp real a vo" (traduction littérale : "Ce sera 1 franc 25", le tarif horaire réclamé, soit une augmentation conséquente de 22 centimes), et surtout par l'image, immortalisée depuis, des Bigourdénes défilant drapeau rouge en tête.
Le mouvement revendicatif commença le 26 juillet à Lesconil "la rouge" en pleine période de sardines. Les ouvrières décrétèrent la grève, et pour ne pas rester isolées, décidèrent de manifester dans les rues du Guilvinec pour étendre leur mouvement.
Devant l'usine Paul Chacun, elles tentèrent de débaucher le personnel, puis à la Société brestoise, et enfin chez Riom rue Poul-Ar-Palud. Les ouvrières guilvinistes pour la plupart, se mirent en grève et manifestèrent dans les rues en chantant l'internationale. Une brave bigoudène qui ne parlait pas le français, chantait quand même "c'est la lutte finale".
Il en résulta quelques incidents; des patrons ou gérants furent conspués.
Les marins en arrêt forcé de travail, soutinrent les ouvrières, leurs épouses, leurs filles.
Pour mieux structurer le mouvement, Charles Tillon, délégué de la C.G.T.U., arriva au Guilvinec. Il harangua les grévistes, réclama 1.35 fr. de l'heure et l'échelle mobile des salaires.
Une manifestation à Pont-L'Abbé tenta d'entraîner le personnel de l'usine Béziers. La grève dura près d'un mois. Finalement le patronat accepta le prix de 1.25 fr.. "Pemp real a zo bet". La plupart des ouvrières furent reprises sauf des déléguées syndicales. Mais Marcel Chacun, déçu par le comportement des ouvrières à son égard, déclara qu'il n'habiterait plus Le Guilvinec.
Tillon fut acclamé après avoir participé aux négociations.
En raison d'une ressemblance frappante avec le futur ministre de la 4ème République, un brave marin-pêcheur de Men-Meur fut, à vie, surnommé Tillon !

http://www.leguilvinec.com/histoire1.htm

Plougastel-Daoulas.
Une exception à la règle. Nous ne sommes pas en carême, mais c'est tout comme. Il paraîtrait en effet que l'on ne peut se marier à Plougastel pendant la période actuelle. Fort heureusement, comme toute chose, il y a des exceptions à la règle. C'est ainsi qu'hier un carillon matinal annonçait un événement extraordinaire. Bénéficiant d'une faveur toute spéciale, parce-que militaire, M.Tromeur, sous-officier en permission, convolait en justes noces.
Nous adressons aux nouveaux époux nos meilleurs vœux de bonheur.

La Dépêche du 06-10.

Pub dans la Dépêche.

"Un chaud et froid et le cheval crève."

"Avec l'auto on sort par tous les temps... sans craindre pour la voiture."

"Fil rouge": Le pont de Plougastel.

Phare de la Vieille.
Deux mutilés, nommés gardiens du phare, et déclarés inaptes par certificat médical, n'ont pu être relevé depuis trois mois. Plusieurs fois, le phare s'est éteint et le bruit court, à la pointe du Raz, que pendant la nuit ou se perdit le "Surprise", la trompe de brume de la "Vieille" ne résonnait pas.
Sur ce sinistre écueil, ou ne guettaient que les cormorans, se dresse, dans le prolongement de la troisième pointe du Raz, le phare de la Vieille.
Cet écueil est situé au milieu d'un courant très violent et son accostage est à ce point difficile, que pendant longtemps, bien que disposant d'habiles spécialistes pour ces opérations, on hésita à entreprendre sa construction.
Mais après l'édification d'Armen , on se décida, tant s'imposait la signalisation exacte de ce passage si justement réputé.
A présent, trois gardiens y sont affectés. Deux veillent au bon fonctionnement du feu et de la trompe de brume, tandis que le troisième après vingt heures de service, vient régulièrement se reposer à Plogoff dix autres. Mais peut on parler de régularité quand il faut compter avec l'état de la mer?
En ce moment deux mutilés, deux Corses, sont isolés sur la Vieille, l'un depuis le 2 décembre, l'autre depuis le 11 janvier. (Ndlr: l'article est du 26 février).
A diverses reprises, on a essayé de remplacer le premier par le chef gardien, actuellement à terre, mais la violence des flots, n'a pas permis de s'approcher du phare.
Lundi dernier, non sans risque, on est parvenu à faire passer aux prisonniers, a l'aide d'une corde, de l'eau et quelques vivres que les vagues ont mouillés pendant le trajet.
Un instant, les hommes sont apparus sur l'étroite plate-forme, noirs comme des démons, les vêtements en lambeaux, puis ont dû, devant la menace des flots, s'enfermer à nouveau dans leur tour infernale.
En raison de l'état de la mer, on ne sait pas encore, à quel moment il sera possible de retourner vers eux.
Tous deux bénéficient d'un emploi réservé. Mandolini fut affecté au phare le 3 juin, et Ferraci le 22 novembre. Ils ne savaient pas alors quel était la vie dans un phare en mer!
Le premier avait eu le poumon traversé par une balle et les muscles du bras droit hachés par des éclats d'obus. Son compagnon porte encore une balle dans le poumon.
Lorsque les vagues ne permettent pas d'accoster la base de la veille, les gardiens lancent vers l'embarcation du ravitailleur, Clet Coquej, contrainte de se tenir à distance, pour ne pas être écrasée sur le récif, une cordelette qui permet d'établir un va-et-vient à l'aide d'un cartahut. Ainsi, les hommes comme les provisions passent au dessus des flots de la barque au phare.
Encore faut il pouvoir lancer au loin la cordelette destinée à ramener les cordages indispensables et, fournir l'effort nécessaire pour maintenir à hauteur voulue, pendant le transbordement, l'homme ou les provisions. Or, physiquement les deux mutilés en sont incapables.
Plusieurs fois déjà, en tentant malgré tout l'accostage pour mettre fin à cette lamentable situation, le canot du baliseur Léon Bourdelles faillit être englouti avec tous ses occupants... il faudra donc attendre une journée de grand calme pour aborder le pied de l'échelle du phare.
Durant tout l'hiver dernier, cette manœuvre n'a pu être tentée une seule fois par le ravitailleur.
Croit-on servir la cause des mutilés en leur réservant des emplois de gardiens de phares?
Un jour venu de l'Auvergne, un mutilé du bras se présente pour entrer en fonction au phare d'Armen, ou on venait de l'affecter. Conduit à la pointe du Raz, on lui fit voir l'île de Sein à l'horizon, puis on lui apprit que le phare se trouvait à :une distance double, en plein Océan. L'infortuné s'enfuit. Il n'avait jamais vu la mer!
Il y aura bientôt deux ans, un autre mutilé, complètement sourd, avait pris ses fonctions à la Jument devant Ouessant. Étant sorti sur la plate-forme, il n'entendit pas le grondement d'une forte vague qui se hissa vers lui et l'emporta. Jamais on ne le revit!
Tout de suite après leur arrivée à la Vieille, Mandolini et Ferracci avaient constaté que la tâche confiée était au-dessus de leurs capacités. S'étant fait examiner par un médecin, ils avaient adressé le certificat d'inaptitude ainsi obtenu à l'administration des phares.
On ne tint pas plus compte de ces certificats que s'ils avaient visé le cas d'un gardien de musée... l'administration reste inébranlable.
Or voici qu'a maintes reprises, depuis que sont isolés ces deux hommes, on constate, à l'île de Sein, comme à la pointe du Raz, que le phare n'éclaire pas normalement. Tantôt le rythme des éclats qui permet de les identifier est déréglé, tantôt, il y a même une extinction complète.
Trois fois par mois, les 5, 15 et 25, trois-quarts d'heure après l'extinction, des essais sont faits pour s'assurer de la bonne marche de la trompe de brume. Hier matin, aucun son ne fut émis...
Deux députés vont interpeller.
La dramatique odyssée des deux gardiens du phare de la Vieille vient de prendre fin.
Courageusement, malgré l'état de la mer, le ravitailleur Clet Coquet est retourné dimanche après-midi vers le phare, emmenant avec le gardien chef Kerninon son propre fils qui a consenti à remplacer lui aussi l'un des Corses.
On s'étonne dans les milieux non avertis, de l'impossibilité d'accoster un phare, qui des hauteurs de la pointe du Raz, parait assez rapproché de la terre. C'est que, pour se rendre compte des difficultés d'une telle situation, il faut s'être heurté aux violences des courants qui règnent en ces lieux et avoir subi les rudesses d'une mer que les brisants font toujours agitée.
Dimanche donc la barque Clet Coquet, s'approchait une fois de plus de la sinistre tour. En raison de la mutilation des prisonniers, il ne fut pas possible d'utiliser le cartahut pour simplifier les opérations. Il fallu donc employer un autre moyen.
Il en est un, en effet, vraiment désespéré dont cependant Kerninon avait résolu de se servir. Il consiste à se ceinturer d'une corde dont l'un de bouts a été passé sur la plate-forme du phare, et l'autre est maintenue à bord du ravitailleur; puis à se lancer dans les vagues pour atteindre l'échelle fixée au roc.
Le chef gardien passa. Le fils de Clet Coquet suivit et atteignit également la tour.
Tout aussitôt ils s'employèrent à renvoyer vers la barque, que les flots bousculaient tout près des pointes rocheuses, Mandolini et Ferracci.
Les vivres qui avaient été emportés ne leur parvinrent qu'après avoir plongé tout comme eux dans la mer.
Puis la barque s'en fut, tandis que Kerninon et son compagnon s'empressaient vers les appareils qu'ils voulaient tout de suite remettre en état de fonctionnement.

La Dépêche du 27-02.

ET À BREST:

Léon NARDON, est maire de Brest.

Parlé "Tit Zef".
Tit, Tite:
Petit, petite
Prononcer avec "t" mouillé, presque "tchi". Apocope de petit, "tit" ou "tite", ce terme s'utilise aussi bien devant les noms communs, le "tit train", un "tit coup", que devant les noms propres, "Tit Louis" ou "Tit Zef".

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

Permettra-t-on l'exportation des jeunes huîtres? La drague des coquilles, pétoncles & praires.
Toutes ces voiles brunes que gonfle la brise, venues de Brest, Logonna-Daoulas, l'Hopital Camfrout, Le Tinduff, L'Auberlach, Le Passage, Le Fret, Morgat, ont convergé vers un même point de la rade. Entraînant les barques qui les portent, tirant les dragues qui courent sur les prairies sous-marines, elles vont, viennent, s'entrecroisent, se frôlent tout au long du jour. Du 15 septembre au 1er mai, elles animeront ainsi tout à tour les divers secteurs ou gisent coquilles Saint-Jacques, pétoncles et praires.
Il y a quelques années, elles pouvaient évoluer ainsi au dessus des bancs d'huîtres. Mais... ce dragage n'est plus possible aujourd'hui.


Les bancs naturels dévastés par la maladie, avaient été ratissés pour le plus grand profit des bancs morbihannais qui avaient de plus reçu de l'état, une subvention d'un million. Il s'agissait de calmer les alarmes des pêcheurs d'huîtres réduits au chômage.
Mais voici qu'après avoir consenti aux sacrifices réclamés au nom du bien commun, ceux qui en ont souffert se voient contraints d'élever des protestations.
Un décret du 12 mars 1925 interdit l'exportation des huîtres plates de moins de 7 cm... On ne drague donc plus en rade que les coquilles pétoncles et praires.
Cent dix barques environ font la pêche aux coquilles. Les résultats sont satisfaisants: 90 kilos par bateau, vendu en moyenne trois francs le kilo. Pour éviter la destruction, la taille minimum de la coquille est fixée à 9 cm.
Cinquante barques recueillent les pétoncles. Les blancs qui vivent au milieu de coquilles ne sont pas très nombreux, et comme ils ne supportent pas l'expédition, ils sont presque tous vendus à Brest.
Les pétoncles noirs, au contraire, recueillis sur le maëri et dans le goémon rouge, font l'objet d'un commerce assez important. Chaque barque en pêche environ 80 à 100 kilos, vendus 120 francs les 100 kilos.
Quand aux praires, que pêchent vingt barques environ, elles se vendent un franc le kilo. Chaque unité en pêche environ 80 kilos. Ici point de limitations dans les dragages: on y procède toute l'année et cette exploitation est devenue si régulière que la raréfaction se fait déjà sentir.
L'examen récent des bancs d'huîtres a démontré qu'une reconstitution s'opère. Souhaitons qu'elle s'effectue rapidement pour que cette industrie du coquillage qui s'était si bien développée avant guerre, puisse reprendre un même essor.

La Dépêche du 16-01

Chez nos voisins.
L'Armoricaine
est champion de France des patronages en battant L.U.Z. par 3 à 0 au stade Petit Jean à Paris devant 5 à 6.000 personnes.

La Dépêche du 17-05
École de musique.
L'Ecole de Musique de Brest est transformée en École Nationale de Musique par arrêté ministériel du 06 novembre.

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Mise à jour: lun 20-sep-04 21:20 x