Historique: 1918

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Ligue de l'Ouest.
La ligue de l'Ouest est créée et déclarée à la préfecture d'Ille et Vilaine le 19 août. Ligue de l'Ouest de Football-Association (L.O.F.A.). Le premier président est M.Ernest Folliard.
Championnat de Bretagne Champion, le Stade Rennais Université Club.
Finale du championnat de Bretagne: l'A.S.B. bat le Stade Rennais 5 à 3.... défaite sur le tapis vert car les Brestois ont utilisé deux joueurs du Stade Quilbignonnais).

Extrait de "La grande histoire du football en Bretagne" de Georges Cadiou (LIV' Édition).

À l'A.S.B.:
Résultats, Infos.

Coupe de France: L'A.S.B. joue les huitièmes de finale de la coupe de France, est champion de Basse-Bretagne et d'Atlantique.
Défense de l'honneur Breton, face aux... Bas-Bretons! (Ndlr: bientôt les jeux Olympiques de Bretagne?)
Nous recevons la lettre suivante: Rennes le 20 mars
Monsieur le rédacteur,
Après la victoire de l'A.S.B. contre le le Stade Rennais Université Club, les athlètes bretons ont déclaré qu'ils étaient prêts à défendre leur province pour l'ensemble des sports; et si toutefois la Basse-Bretagne accepte le défi, voici la formation de l'équipe bretonne: Le Gall, champion de France de saut en longueur sans élan; Lelong Champion de France du 400 mètres; Breton, champion de France du 1.500 mètres; Gabourg: champion des Patronages, saut à la perche.
Natation: Pierron et Dennle, champions de Bretagne, l'un de vitesse, l'autre de fond.
Vélo: Mougeat, qui junior, mit le record des 25 kilomètres au temps merveilleux de 35" 14'.
Boxe: Jannic, poids moyen de grand avenir.
La Dépêche du 22-03

Armoricaine - A.S.B.: Les champions de la F.G.S.P.F. qui sont considérablement renforcés par de nouveaux joueurs, réussirent à battre nettement, pour la première fois depuis 1910, l'A.S.B. le meilleur club régional de l'U.S.F.S.A., après un match ou l'Armoricaine pratiqua un jeu vif et scientifique, que nous avons rarement vu à Brest. (14-01).
Championnat de basse Bretagne:
Dimanche se sont disputées à Quimper, contre les deux équipes du Club Sportif Vannetais, les finales, équipes 1 & 2, en championnat de Basse-Bretagne... Jouant à 10, Sivienne indisposé ayant du quitter le terrain après 10' de jeu, l'équipe première à gagné par 4 à 1. A.S.B. "2" gagne par 2 à 1. Par suite de ces brillants succès, les deux teams "Bleu et blanc" sont qualifiés pour le Championnat de France. (13-02).
A.S.B. - Club Sportif des Armuriers: 4 à 0. (23-01).
Belges (camp d'Avours) - A.S.B.: Le vaillant comité de l'A.S.B. ne reculant devant aucun sacrifice pour satisfaire ses nombreux amateurs de football de notre ville, fait venir dimanche, à gros frais, l'excellente équipe des Belges d'Anvours (ou figurent: Chantrell le joueur si scientifique du C.A.S.G.; Faès du P.C. de Malines, Ghiot du F.C. de Bruges, et l'excellent avant centre Bulcke, le puissant shoteur), qui a nettement battu cette saison, Alençon, Lyon, Bordeaux, Nantes et Rennes... L'A.S.B. a mis sur pied sa plus fine équipe sur pied: But: Le Borgne; Arrières: Pouliquen, Bloch; Demis: Fontaine, Le Roux, Le Rouzic; Avants: E.Colin (capitaine), Pronost, Max Buhler, Euzen, Gallen. Remplaçants: Sivienne, Dhérissart, A.Colin... Voilà plus qu'il n'en faut pour attirer à Kérabécam la foule des grands jours. Le match sera arbitré par l'excellent référé sergent anglais Ben Morgan. ... Jamais depuis longtemps, on n'avait vu à Brest une équipe si homogène et aussi scientifique... Aussi le public ne lui a-t-il pas ménagé ses applaudissements. Plus léger, mais jouant bien la passe, le team brestois a reçu également les encouragements du public... 1 à 1 à la mi-temps, les Belges ont dominé la seconde mi-temps. La défense a eu à s'employer en fin de partie. Pouliquen et Bloch ont été merveilleux dans leur puissants dégagements et le Goal Le Borgne, non guéri d'un furoncle au genou, a eu néanmoins de très beaux arrêts. (18, 22, 23, 25-02).
Championnat de France, L'A.S.B. à Rennes: Championne de Basse-Bretagne, se rendra dimanche à Rennes pour matcher le Stade Rennais Université Club. Le vaillant comité de l'A.S.B. a fait tout son possible pour mettre sur pied la meilleur équipe possible pour faire triompher les couleurs de Basse-Bretagne dans cette importante épreuve... bien tenir compte que les horloges seront avancées d'un heure dans la nuit de samedi à dimanche et de se munir d'un sauf-conduit.
A.S.B. - S.R.U.C: 5 à 3. Quelle-que soit la grande réputation d'un club grisé par de nombreuse victoires, il est impudent de dire à l'avance que l'on gagnera un match sans douleur, dans un fauteuil, par tant et tant de buts... Nos champions au grand complet malgré les difficultés du moment, sans forfanterie ni bluff, mais avec la plus grande confiance; nos compatriotes, après un voyage très fatiguant, se tenaient a la disposition des "Diables Rouges" sur leur immense et beau terrain du "Parc des Sports"... moins de cinq minutes après le coup d'envoi le ballon entrait déjà dans les filets du stade... l'A.S.B. Combine et, par un jeu scientifique et précis, continue successivement ses descentes... 3 à 1 à la mi-temps... Bravo Colin! tous ont bien joué, l'attaque a été scientifique et perçante... L'A.S.B. rencontrera le 24 mars prochain la redoutable équipe de Cholet, Champion de l'Atlantique. (8, 11, 13-03).
Championnat de France, L'A.S.B. à Vannes contre le C.O.Cholet:
L'A.S.B. championne de Basse-Bretagne, et Bretagne, rencontrait Cholet pour le titre de l'Atlantique. L'A.S.B. dès le début a imposé son jeu. La ligne d'attaque a fait merveille... Mi-temps 3 à 0. Gourmelen (2) et Buhler. 0 la reprise Cholet se ressaisit mais ne peut empêcher l'excellent Gourmelen de marquer deux nouveaux buts... finalement 5 à 1 pour l'A.S.B; (But choletais: Raimbault, qui a fait une magnifique partie, place un beau shoot. Le Borgne arrête la balle qui, lui glissant des mains, entre dans les filets). championne de l'Atlantique. (23-03).
Championnat de France (ce qui correspondait à la coupe de France): A.S.B. - Stade Lavallois: 4 à 3 (Coupe Charles Simon, à Rennes ), A.S.B.(2) Armoricaine (2) 2 à 1. (4-11).
Quoique handicapée par l'absence de trois équipiers premiers remplacés au dernier moment... l'A.S.B. a constamment dominé. Les Lavallois ont courageusement joué jusqu'au bout... (5-11).
Les Rennais à Brest: La Tour d'Auvergne jouera cet après-midi... Scientifiques et vites, les joueurs du T.A. ont remporté cette année de nombreuses victoires... (10-11);
A.S.B. - T.A.Rennes: Après une partie très disputée et très courtoise, nos champions ont triomphé par 5 à 2. (11-11).
A.S.B - Saint Servan:
Le 1er décembre, à Rennes, l'A.S.B. rencontrera le formidable club malouin de Saint-Servan. (x-11).
Armoricaine - A.S.B.: 2 à 1 (18-11).
Championnat de France (ce qui correspondait à la coupe de France): Stade Rennais U.C. - A.S.B. 5 à 0. (Rennes, 01/12)


ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Football.
Création de la LOFA (Ligue de l'Ouest de Football Association).
Elle organise une grande épreuve: la coupe interfédérale de l'ouest. Elle met en compétition trois objets d'art d'une valeur de deux mille francs. La coupe est ouverte à tous les clubs des Fédérations affiliées au C.F.I. petits et grands. De nombreux clubs des patronages et de l'U.S.F.S.A. sont engagés; tous les clubs de la ligue de l'ouest prennent part à la coupe; ... grands ou petits ont leur chances sauvegardées de par le règlement de l'épreuve...

La Dépêche du 03-09.

Coupe de France.


Première finale:
Olympique Pantin / F.C.Lyon 3 à 0;

Finale Copa Libertador.
Uruguay / Argentine.

Football Américain.
Les Américains séjournant au camp de Pontanézen à Brest font découvrir le Football américain au brestois. Ceux-ci sont surpris par la violence de ce sport.

La Dépêche du 19-11.

Rugby.
Nous recevons la lettre suivante: "Nous sommes étonnés qu'une ville comme Brest ne possède pas une seule équipe de rugby. Ce ne sont pourtant pas les joueurs qui manquent à Brest. Un bon mouvement du doyen des clubs brestois rendrait tout le monde content et ferait se développer à Brest un sport de si grande valeur athlétique et si intéressant."

La Dépêche du 11-12.

NOUVELLES INTERNATIONALES:

Prix Nobel de la Paix: Pas d'attribution.

Arabie.
Le général Britannique Edmund Allenby pendant l'année, associé aux tribus Arabes, continua le combat contre les Turcs et les Syriens. Il devint un héros en Grande Bretagne et en Arabie.
Russie.
Le tsar Nicolas II et sa famille sont fusillés à Ekaterinbourg dans l'Oural le 16 juillet.
Guerre.
En Juin, les allemands après leur offensives du printemps ( 21 mars Ludendorff en Picardie, 9 avril dans les Flandres, 27 mai au Chemin des Dames, 9 juin quatrième offensive, 15 juillet l'offensive de Friedenstrum en Champagne sera la dernière) se retrouvent à nouveau sur la Marne et menacent à nouveau Paris. L'armée allemande privée de moyens suite à la crise politique et économique en Allemagne subit de grandes pertes lors de la contre-offensive alliée lancée sous le commandement de Foch et de Mangin du 18 juillet au 6 août 1918. Le 8 août offensive Anglaise en direction de Montdidier, 3-15 septembre offensive américaine en direction de Saint-Michel en Lorraine, 26 septembre Offensive générale contre le front allemand.
La deuxième bataille de la Marne était gagnée et ce fut le prélude de la victoire. Pendant les trois mois que dura l'offensive lancée depuis Amiens jusqu'à l'armistice, les Britanniques font à eux seuls 188.700 prisonniers.

Palestine.
Après son l'écrasante victoire du général britannique Allenby à Megiddo les turcs capitulent le 30 octobre.
Russie.
Signature du traité de paix avec les allemands à Brest-Litovsk le 3 mars 1918. La Russie renonce à de vastes territoires occidentaux en échange de la paix.
Lénine.
Lénine est blessé lors d'une tentative d'assassinat.
Armement.
Le professeur américain H.Goddard est affecté au service des recherches des fusées. Il met au point un projectile à propergol solide qui sera utilisé 25 ans plus tard lors de la seconde guerre mondiale sous le nom de bazooka.
Prisonniers.
1914 - 1918 fut le premier conflit ou les prisonniers furent détenus pendant une longue période. On estime leur nombre à 8.4 million. Ceux-ci étaient traités de façon différentes, suivant les pays et la convention de La Haye n'était pas toujours respectée.
Armistice.
Le 6 octobre Max de Bade, le nouveau chancelier allemand, demande au président américain de lancer les négociations pour la paix. Plus de quatre ans après le début des hostilités, le 11 novembre 1918 à 11 heures, l'armistice fut signée dans le wagon du maréchal Foch commandant suprême des forces alliées, à Rethondes dans un bois près de Compiègne. Cette "boucherie" effroyable fit 8 millions de morts. Pour tous ceux qui l'avait vécue que se soit sur le front ou à l'arrière, c'était la dernière: la der des ders.
30 octobre, la Turquie signe l'armistice à Moudros
3 novembre l'Autriche-Hongrie signe l'armistice à Villa Giusti, près de Padoue.
La fin... enfin!
Victoire des alliés: l'ennemi bat en retraite, abandonnant canons et munitions (6-09);
Révolution en Autriche, la république acclamée, La Turquie capitule (31-10);
Abdication de Guillaume II (10-11);
La révolution est dans toute l'Allemagne. Émeutes à Hanovre, Oldenbourg et Cologne, l'armée fraternise avec les émeutiers(11-11);
l'Armistice: Le courrier des plénipotentiaires est arrivé au G.Q.G. allemand.(10-11, Dépêche du 11);
L'Armistice: L'alsace et la Lorraine nous sont rendues, évacuation immédiate de tous les pays envahis dans un délais de 15 jours... La rive gauche du Rhin occupée par les Alliés.
Matériel abandonné aux alliés: 5.000 locomotives, 150.000 wagons, 5.000 canons, 25.000 mitrailleuses, 3.000 minenvarfers, 1.700 avions;
Livraison aux alliés: Tous les sous-marins, 10 cuirassés d'escadre, 6 croiseurs de bataille, 8 croiseurs légers, 5à destroyers.


EN FRANCE:

Nous sommes sous la IIIème République. Raymond Poincaré est président de la République.

Année de la paix.
Nous entrons aujourd'hui dans une année nouvelle, au terme de laquelle il pourrait bien se faire que la paix soit conclue. Beaucoup croient que nous touchons à la fin du conflit. D'autres estimes qu'il peut se prolonger encore pendant deux ou trois ans. Nous aurions plutôt tendance de nous ranger du côté des premiers, parce que la situation économique est, du côté de l'Allemagne et de l'Autriche, extrêmement tendue sinon tout à fait désespérée et que du côté des alliés de pouvoir subsister et de combattre semble beaucoup supérieurs... En attendant, les empires du centre organisent activement une rencontre décisive, et du résultat de cette rencontre, dépendra certainement le sort définitif de la guerre... Telle est la perpective de demain. L'année qui vient de s'écouler fut, par d'ailleurs, fertile en surprises, en émotions, en déceptions. C'est au troisième mois de 1917 que se produisait le coup de tonnerre de la révolution russe. Un jour plus tard, les États-Unis rentraient en guerre. La balance se rétablissait au profit de l'Entente qui, sans la décision énergique du président Wilson, se fut trouvée amoindrie dans sa force guerrière...

La Dépêche du 01-01.

Grosse Bertha.
Paris est bombardé par ce canon allemand de 210 mm pointé à 100 km de la capitale...
Le bombardement par la pièce à longue portée a repris. Un obus est tombé sur une église au cours d'une cérémonie. 75 tués et 90 blessés parmi lesquels un grand nombre de femmes et d'enfants...

La Dépêche du 24 & 25-03, 30-05

Le canon de l'apocalypse.
24 obus de 240 sur Paris. Cette pièce serait à Chauny, c'est à dire à 122 km de Paris... Dimanche des rameaux: Un obus toutes les vingt minutes. Ce canon se trouve dans la forêt de Coucy...

La Dépêche du 24, 25, 28-03.

Foch.
Foch est nommé commandant en chef des armées alliées le 14 mai.
6 août Poincaré remet le bâton de Maréchal de France à Foch.
Pétain.
Pétain est nommé Maréchal de France le 8 décembre à Metz.
Bilan Français.
La France à eu pendant ce conflit 1.350.000 morts, 2.800.000 blessés dont 600.000 invalides. L'économie est gravement touchée par la destruction de l'outil de production. Les industries du nord et nord-est ont été systématiquement détruites par les allemands. Les campagnes ne sont plus que trous et bosses et sont truffées d'éclats d'obus et d'obus.
Lettre d'un ami américain.
Une certaine émotion s'est manifestée dans les milieux français à l'annonce que les américains s'apprêtaient à venir en France, avec leurs capitaux (Ndlr: déjà!) et leur génie propre, pour y installer des industries. "Ne serons nous débarrassés des allemands", a-t-on dit en France , "que pour être envahis par les américains?".
Que les français se rassurent! ils seront jamais envahis par les américains. Les américains ne sont pas des envahisseurs. Leur pays est assez vaste, et les chances que le présent et l'avenir offrent à leurs industries sont assez grandes pour qu'ils n'aient besoin d'aller nulle part. S'il vont en France, ce sera à l'appel des français et avec la conscience de bons parents et de bons amis, riches et prospères, se portant au secours des plus sympathiques des frères pour les aider à relever leurs ruines...
La France est prête à s'instruire. Avant tout, les américains apprendront aux français à ne jamais faire exécuter par des hommes ce qui peut être fait par des machines. Grands économiseurs de main-d'œuvre, riches en matière premières, mais toujours à court de bras, ils ont été , depuis cinquante ans, à la tête de toute les nations dans l'art d'utiliser le machinisme. Ils ont porté le rendement de leurs machines à un point qui en France est presque insoupçonné. Ils apprendront aux français à organiser leurs ports, à les pourvoir en voies ferrées et d'appareils permettant de charger et de décharger les navires avec peu d'hommes et en peu de temps. Vous connaissez l'état primitif dans lequel se trouvent aujourd'hui la plupart de vos ports? En août 1916, il n'y avait pas de voies ferrées sur le port de commerce de Brest? Les navires étaient déchargés à bras d'hommes et les marchandises entassées sur des voitures traînées par des chevaux. Ce travail était interrompu au coucher du soleil. Dans le port de La Pallice, les rares grues à vapeur étaient fixes de telle sorte que chaque navires devait attendre...
Un haut fonctionnaire du ministère des postes et télégraphes, dont dépend le service des téléphones, à qui je me plaignait du service, me fit cette réponse admirable: "Oui monsieur, le téléphone marche mal et il marchera de plus en plus mal à mesure que l'on augmentera le nombre des abonnés". Ici en Amérique, le nombre des employés, des tableaux (Ndlr: pour la connections des appels), des fils, augmente en raison du nombre des abonnés. Il ne faut que quelques heures pour s'abonner au téléphone et l'avoir installé chez soi, en France un mois. L'administration du téléphone fait un certain crédit et n'exige pas que les communications soient payées d'avance. Elle ne court, du reste, aucun risque puisque, l'abonné en retard dans ses payements risque de se voir refuser toute communication jusqu'à ce qu'il ait acquitté sa facture, ce qui équivaudrait en Amérique à une sorte de bannissement. On trouve le téléphone dans toutes les chambres d'hôtel, dans les gares, les magasins de détail, chez les pharmaciens; mieux encore sur les quais et même dans les rues. Un système ingénieux permet de demander la communication et d'en acquitter le prix dans l'appareil lui même, qui enregistre le paiement et fait connaître automatiquement au bureau central que l'argent est encaissé. Ce sont là des petites choses auxquelles nous ne faisons plus attention en Amérique...
Je ne m'adresse pas à vos fils uniques contents de leur sort, attendant le décès d'un oncle ou d'une tante pour acheter une automobile, mais aux jeunes hommes instruits, ambitieux, dont votre pays est si largement pourvu, et je leur dit: "Ne craignez pas de venir dans l'Amérique du nord: vous y serez bien reçus. Et si vous êtes capables, le succès ne peut de couronner vos efforts. Vous trouverez plus de situations qui vous seront offertes à Cleveland, à Pittsburgh, à Cincinnati, que dans toute l'Amérique du sud réunie"
Vos ancêtres ont découvert le Canada et la Louisiane, exploré les premiers la vallée du Mississippi, occupé Pittsburgh et Chicago plus d'un siècle avant nous. On conserve pieusement à Chicago la première maison en bois construite en cet endroit par les français au XVIIIème siècle, dans laquelle les officiers du roi Louis XV venait palabrer avec les chefs indiens. La Salle, Marquette, Champlain et leurs compagnons ont fait le plus dur de la besogne. Ils ont ouvert à la civilisation des contrées immenses contenant des richesses fantastiques. Ils ont parcouru les parties les plus riches des États-Unis... Vous français vous faites de père en fils le même métier. Vos notaires, vos prêtres, vos banquiers ont des attitudes, des gestes et parfois des costumes conventionnels. Vous avez voulu les comparer avec les nôtres, et vous avez trouvé nos notaires sans gravité, nos prêtres sans onction, nos banquiers sans prétention. Vous avez été choqués, vous en avez conclu que nous n'avions pas de manières parce que nous n'avions pas les vôtres.
En Amérique, les hommes ne se découvrent que devant les femmes. Vous nous trouvez grossiers parce qu'en entrant dans un bureau nous gardons notre chapeau sur la tête; nous vous trouvons impolis parce que vous ne vous découvrez pas quand une femme entre dans un ascenseur. Quand vous nous connaîtrez mieux, quand nous vous aurons fréquentés davantage, nous nous apprécieront mutuellement à notre vraie valeur. Mais sachez bien que s'il y avait des préventions à l'égard des Français avant la guerre, ces préventions ont disparu. Toute l'Amérique n'a plus vis-à-vis des Français que des sentiments de reconnaissances pour le passé, d'admiration pour le présent. Nous vous connaissons assez peu, peut-être ne vous connaissez vous pas vous-mêmes?

La Dépêche du 04-01.

Restrictions.
A partir du 15 Mai, trois jours sans viande par semaine: Mercredi, Jeudi, Vendredi.

La Dépêche du 28-04.

Aviation d'escadre (Ndlr: l'ancêtre du Charles de-Gaulle!).
Chez nos alliés britanniques... l'aviation d'escadre vient de faire parler d'elle et d'une manière imprévue:
Ce n'est plus en prenant le départ d'un centre maritime des côtes, mais bien d'une force navale éloignée de sa base, que les avions anglais sont allés bombarder les hangars de zeppelins de Tondren (Schleswig) avec beaucoup de cran et d'énergie... une ère nouvelle semble s'ouvrir pour l'aviation maritime, dont la naissance fut si difficile...

La Dépêche du 24-07.

EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante".
Sec'hañ an eil dorn gant egile: Sécher une main avec l'autre
N'est pas toujours chose aisée en fin de mois. Lorsque les picaillons se font rares et que l'on a du mal à joindre les deux bouts. On emploie aussi le verbe gwalc'hiñ laver, au lieu de sec'hañ

"Expressions populaires bretonnes" Éditions COOP BREIZH

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Tenez, mon pauvre vieux, pour guérir vos vieux rhums négligés, toux, bronchites, catarrhes, asthme, grippe, etc. voilà du GOUDRON-GUYOT. C'est la santé à bon marché.

Landivisiau.
Les personnes qui fréquentent les foires et marchés de Landivisiau doivent, s'ils veulent y prendre leurs repas, apporter avec eux soit leur pain, soit leurs tickets de pain.

La Dépêche du 10-05.

Pain infect.
Lettre du maire de Morlaix M.F.Hervé:
Monsieur le Préfet du Finistère,
Tenons à vous signaler que population est décidée à refuser, avec raison à notre avis, le pain immangeable qui lui est servi.
Vous prions de reprendre d'urgence mesures nécessaires.

La Dépêche du 17-07.

Comité de réception du président Wilson.
Le comité formé pour fêter la venue du président Wilson s'est d'abord assuré le concours bienveillant de toutes le autorités civiles et militaires et a décidé d'organiser différentes manifestations de bienvenue et, notamment, un cortège de Bretons revêtus de leurs costumes régional. M. le président aurait donc ainsi une vision raccourcie du pittoresque de notre région, si riche en cette matière.
Afin de corser le programme, des lettres ont été adressées aux maires des communes du Finistère, pour les prier de vouloir bien inviter ceux de leurs administrés qui posséderaient des costumes bretons authentiques à vouloir bien les revêtirent et à venir, ainsi costumés, participer au cortège organisé pour la réception du président Wilson...

La Dépêche du 13-12.

ET À BREST:

Vxx est maire de Brest.

Parlé "Tit Zef".
Le Port de:
Le port de commerce
Un Brestois trouve inutile de préciser le port de quoi. "Le port de" c'est le port de commerce, (pas le port maritime, ni le port de plaisance). On dit aussi parfois, sur le même modèle le "porco". Si ce genre d'ellipse peut entraîner des difficultés pour les touristes, elle reste un signe de reconnaissance entre Brestois.

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

Guerre.
Le soldat Hervé Huiban (Saint-Marc), du 62ème d'infanterie, vient d'être cité à l'ordre du jour: "A donné le plus bel exemple de camaraderie, en transportant dans une brouette un de ses camarades blessé, sous le feu de l'ennemi, pendant toute la traversée d'un village, sans abandonner le contact avec son chef de bataillon". Croix de Guerre.

La Dépêche du 17-05.

Les Américains à Pontanézen.
De mai à novembre on débarque 23.400 officiers, 642.000 hommes, 200.000 tonnes de matériel de guerre soit en y ajoutant les débarquements antérieurs, 27.600 officiers, 776.000 soldats, 275.000 tonnes de matériel. Pour assurer la protection des troupes contre les sous-marins allemands et les mines qu'ils mouillaient aux abords de nos ports, il fallut organiser des patrouilles de chalutiers dragueurs de mines et de patrouilleurs anti-sous-marins.
La grippe espagnole qui fit des ravages à Brest, cette année, n'épargna pas le camp, qui compta 2.000 décès dont 250 la même nuit.
Voyage présidentiel.
Le président Américain Wilson arrive à Brest le 13 décembre. Il y est accueilli par une foule immense.
Musique.
Les brestois pendant tout le temps ou les américains ont séjourné à Pontanézen, ont pu découvrir la musique américaine.
Chaque fin de semaine des concerts leur ont été offerts, kiosque de la place du président Wilson, par des musiciens du 13ème régiment de l'U.S.Marine Corp.

La Dépêche du 02-11.

La vie chère.
A Brest ni la boucherie, ni l'épicerie municipales ne sont régulatrice des prix.
La boucherie vend au-dessus du prix de la taxe: le fait a été constaté par huissier et nous en avons eu plusieurs fois la preuve nous même. Cela ne se justifie nullement, car le rumsteck par exemple qui à Brest est taxé 2 fr. 20 sans garantie de qualité ne se vend que 2 francs à Rennes pour la toute première qualité...

La Dépêche du 04-08.

La question des vins et des fûts. On nous écrit: (Brest le 6 août).
Monsieur le rédacteur en chef.
Je viens attirer votre attention sur la situation tout à fait anormale dans notre port, au point de vue commercial et relations, particulièrement avec l'Algérie, souffre depuis longtemps.
Depuis plus d'un an, nous avons reçu de ce riche département aucun fut de vin; non seulement nous ne recevons rien, mais les fûts vides, pour lesquels les négociants de la place de Brest paient une location écrasante, ne peuvent retourner en Algérie de loin en loin.
Le 1er courant, M.Buisson, ministre, déclarait à la tribune de la chambre, que pour dégager les quais d'Alger et d'Oran, il fallait faire expédier en France plus de 890.000 tonnes de vin. En effet, fidèle à sa promesse, il a déjà fait commencer ces expéditions mais pour les ports de la Méditerranée seulement. Pourquoi les ports bretons ne seraient pas desservis dans les mêmes conditions? Il me semble que la Bretagne a des droits qui ne doivent pas être méconnus.
Si l'on examine la situation des transports au point de vue vinicole, on remarque que les arrivées de vi du midi même, deviennent très rares, par la suite des réquisitions des wagons réservoirs... Vous jugez de la situation de notre commerce qui a à supporter avec cela des impôts écrasants!
Quand vous expédiez des fûts vides pour l'Algérie, on vous répond que les ordres donnés... on interdit de faire des expéditions par voie ferrée avec le matériel de l'État, de port à port, parce que le dit matériel est réservé à la défense nationale... pourquoi ne pas nous donner un vapeur ou deux pour assurer le service de Brest à Oran et Alger? Il y a de plus un avantage, c'est que l'on pourrait charger les fûts vides qui embarqués à l'avant et à l'arrière du navire, empêcheraient en cas de torpillage du bateau, celui-ci de sombrer: de cette façon, le navire et la garnison pourraient être sauvés. Il suffirait que ces faits fussent portés à la connaissance de qui de droit, pour que satisfaction soit accordées aux intérêts bretons...

La Dépêche du 08-08.


Armistice: La joie brestoise.
Le délais de réponse au gouvernement Allemand prenant fin hier matin, à 11 heure, la nervosité était grande chez nos concitoyens... à 11 heure, une foule énorme se pressait sur la place du Président Wilson. Enfin après que le dernier coup de canon fut tiré sur le front, la censure consentit à laisser passer le télégramme qui nous annonçait officiellement la bonne nouvelle. Dés l'apparition du tableau, ce fut un remous formidable vers notre façade. Et l'on fut stupéfait de voir apparaître tout aussitôt, au milieu des cris de joie et des acclamations, les drapeaux alliés déployés au-dessus de la foule. Le même phénomène s'accomplit presque simultanément dans toute la ville. Les façades des maisons et des édifices publics furent, en un instant, décorés aux couleurs alliées...
Le Général Harris est en tête. Il est suivi de son état-major; puis vient la musique, qui joue la marche de Sambre-et-Meuse.
Les soldats défilent d'une façon impeccable. Au passage des drapeaux, la foule applaudit, acclame. L'émotion est vraiment indescriptible.
Les troupes défilent par la place du Château, puis longent la rue de Siam. Le Général Harries rentre à la préfecture maritime, ou, reçu par le Vice-amiral Moreau, préfet Maritime, gouverneur, il félicite, au nom des États-Unis, les glorieuses armées françaises du succès obtenu. Pendant ce temps dans la cour, la musique américaine joue les hymnes alliés.
Un concert place Président-Wilson. Le défilé terminé, la foule se rend place du Président-Wilson, ou la musique des Équipages de la flotte joue les airs patriotiques. Les concert est terminé par les hymnes alliés...

La Dépêche du 12-11.

Armistice.
Brest vient de fêter dignement la signature de l'armistice. Quel délire, quelle allégresse lorsque le télégraphe et le téléphone nous apprenaient la cessation des hostilités.
Dans les rues, les gens se congratulaient, s'embrassaient fraternellement. Les soldats et marins, sans souci, avec juste raison, des règles hiérarchiques, pressaient les mains des officiers qu'ils rencontraient.
On sentit que tous les cœurs battaient à l'unisson; on sentait que l'union des êtres se faisait en cette heure de gloire, après de si longs mois de souffrance et de sacrifices!
Les chants patriotiques se mêlaient aux chants de route et c'était, en ville, un cortège sans fin de gens heureux de vivre, tandis qu'il y en a tant qui sont morts.
Morts hélas, oui! et les parents de ceux qui ne sont plus, de ceux tombés face à l'ennemi, ou décédés en captivité, s'ils ne faisaient pas partie des cortèges en fête participaient du fond du cœur à la joie générale.
Ils étaient réunis, chez eux, en famille; ils parlaient de ceux qu'ils avaient perdus à jamais, de ceux qui, par le sacrifice de leur vie avaient sauvé la France. Et leurs larmes remplaçaient les chants.
C'était, pour ces familles en deuil, la véritable et touchante veillée des âmes!
Un grand jour apparaît à l'horizon: ce sera celui du retour de nos poilus victorieux. Nous n'avons pas, comme à Paris, un cadre approprié pour les honorer; mais nous serons tous là, à l'arrivée des trains, pour faire à ces braves, auréolés de gloire, un arc de triomphe de nos cœurs.

La Dépêche du 14-11.

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Mise à jour: lun 20-sep-04 20:41 x