Historique: 1917

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Championnat de Bretagne.
Championnat de Division d'Honneur:
Champion, le Stade Rennais Université Club


À l'A.S.B.:
Résultats, Infos.
Coupe:
L'A.S.B. va en finale du championnat de Bretagne, appelée Coupe Ernest-Guégen, et ils sont battus par le Stade Rennais 1 à 0.
A.S.B. - Cadets de Bretagne: Le match sensationnel, qui aura lieu le 1er janvier, au vélodrome de Kérabécam, promet d'obtenir le succès le plus complet. L'A.S.B. a reçu des renseignements sur les joueurs d'élite qui compose l'équipe des cadets. Tous ont une réelle valeur et parmi eux Jagu, avant extrême-gauche, qui à des shoots d'une force et d'une précision remarquables, puis Pierre, inter gauche, capitaine de l'équipe qui fait un travail très productif par la sûreté de son dribbling et la force de son coup de pied.
Tous seraient à citer d'ailleurs, car le onze cadet est très homogène et très scientifique... Cet après midi ... terrain de kérabécam. L'équipe des cadets est arrivée hier soir.
L'équipe de l'A.S.B.: Goal: Bougon; arrières: Pouliquen, Larsonneur; demis: Salaün, Collin (capitaine), Bloch; avants: Pronost, Ollivier, Max Buhler, Forgeot, Halna; remplaçants: Cadeville, Pilvin, Guill... Le match aura lieu par n'importe quel temps... Les membres composant l'équipe première et les membres du comité sont priés de se réunir... au grand café pour la réception des "Cadets de Bretagne".
Résultat: A.S.B. - Cadets de Bretagne: 1 à 1. Les Cadets ont largement dominé mais grâce au courage du capitaine brestois, E.Colin, qui marqua à la dernière minute, l'A.S.B. arrache le match nul.
La Dépêche du 30-11-1916, 1-1-1917.

Coupe des Alliés: Contrairement à certaines informations, L'A.S.B. n'a jamais déclaré forfait dans la "Coupe des alliés". La commission centrale de L'U.S.F.S.A. l'a déclarée vainqueur de l'équipe de Recdio du 8ème génie de Saintes qu'elle devait rencontrer à Angers, ce dernier club ayant déclaré forfait. L'A.S.B. est qualifiée pour disputer la finale contre le vainqueur de Rennes-Paris. (6-01).
Championnat des Patronages: La Celtique matchera l'E.S.Kerbonne...(6-01).
A.S.B. - J.A.B.: 1 à 2; terrain de Bel-Air... le terrain très glissant rendit les combinaisons très difficiles... victoire très difficile de la J.A.B.(22-01).
Coupe des alliés. Quart de finale: S.R.U.C. - A.S.B. à Saint-Brieuc.
Le quart de finale de cette épreuve, remplaçant le Championnat de France promet d'être très intéressante et très disputé.
Équipe de l'A.S.B.: Le goal, Le Gall, vif et sur, bloquant bien la balle, sera secondé par les arrières Pilvin, aux dégagements puissants et A.Pouliquen le meilleur arrière brestois, vite et précis. La ligne de demis est composée de Bloch, le meilleur demi-gauche de Basse-Bretagne, doué d'une vitesse remarquable; de Gourmelon, le meilleur joueur bas-breton, véritable acrobate du ballon, et de Salaün, le jeune joueur courageux. A l'attaque nous trouvons Halna, extrêmement rapide, aux centres précis; E.Colin (capitaine), vieux joueur bien connu dans la région, dur et courageux; l'avant centre Max Buhler dribbleur et shooteur exceptionnel, terreur des goals; Ollivier et Pronost, vieux joueurs de l'A.S.L., au jeu fin, complètent cette ligne qui sera redoutable...
... L'éloge des joueurs n'est plus à faire (du S.R.U.C.) Vascout, Bouché, Scoones, Ger, Talbot ont joué comme internationaux ou inter-regionaux. Pendant la saison 1915-16, le S.R.U.C. a entré 132 buts à 15... l'arbitre sera M.Slawick, arbitre officiel du comité de Paris, arbitres de touche: MM.Bouget et Fœillet... (2-2).
Le match.
Le S.R.U.C. champion de Bretagne, a battu difficilement l'A.S.B. champion de Basse-Bretagne par un but à zéro.
En première mi-temps, l'A.S.B. domine nettement mais ne parvient pas à marquer, plusieurs descentes échouèrent de peu. A la seconde mi-temps, le S.R.U.C. se ressaisit et domine. Colin, capitaine de l'A.S.B. voyant son but menacé, veut dégager en corner dans les six mètres mais la balle rencontrant la jambe de Ullmer, l'avant-centre adverse dévie et le seul but de la partie est ainsi marqué à un quart d'heure de la fin de la partie... A noter que le S.R.U.C. se présentait au complet tandis que Bloch, l'excellent demi gauche brestois n'avait pu jouer, étant reparti au front la veille du match. L'international Vascout du S.R.U.C. se fit remarquer par son jeu brutal et reçut un avertissement de l'arbitre.
Le meilleur joueur sur le terrain fut le demi-centre brestois Gourmelen, qui surclassa nettement le demi-centre adverse international Vascout. Le goal brestois, Le Gall fit également une partie merveilleuse. Sont encore à signaler Buhler, Colin et les deux arrières Pouliquen et Pilvin.
Les rennais qui avaient annoncé un écrasement de leurs adversaires (10 à 0), ont subi hier un échec qui leur sera très sensible. Il est toujours mauvais pour les grandes équipes de dédaigner les efforts des sociétés. De graves mécomptes peuvent en résulter. (7-02)
A.S.B. - U.S. du Mans.

L'U.S. du Mans qui doit venir à Brest dimanche prochain possède une équipe de grande valeur. Elle a battu cette année toutes les équipes régionales et a fait match nul avec l'U.S.St-Maur, une des meilleurs équipes de la région parisienne. Elle n'a été battue que par le S.R.U.C dans la coupe inter fédérale et par le Havre Athlétique Club dans la coupe des alliés, à Paris ou le Mans domina souvent et, seule l'hésitation de ses avants l'empêcha de prendre l'avantage... la partie sera sûrement une des plus intéressantes. (21-2)
Match international: Base britannique - A.S.B.
L'A.S.B. sera privée de Gourmelen. A.S.B.: Le Gall; arrières: Pilven et Pouliquen; Demis: Salaün, E.Collin, Larsonneur; avants: Halna, Ollivier, Buhler, X, Pronost. L'éloge des joueurs n'est plus à faire. Buhler, Colin, Pouliquen et Le Gall se sont spécialement distingués à Saint-Brieuc dans le championnat de France. (contre le S.R.U.C.).
Base britannique - A.S.B. 3 à 3. A l'issu de la partie, le comité de l'A.S.B. a offert, à son siège social un vin d'honneur à leurs amis britanniques au cours duquel des toasts patriotiques ont été portés par M.Godoc, président de l'A.S.B. et le lieutenant Leahy, capitaine de l'équipe britannique. (12-03).
Base britannique - A.S.B. 3 à 0. L'A.S.B. perdit Pronost, indisposé, Buhler et Collin. L'équipe britannique est à féliciter... un jeu très scientifique. C'est la plus forte que nous ayons vu cette année à Brest. (19-03).
Tournoi de Pâques: Le tournoi qui se disputera, à Pâques, à Kérabécam promet d'obtenir le plus grand succès; le magnifique objet d'art mis en compétition par l'A.S.B. sera très disputé.
J.A.B. - A.S.B.: 4 à 3, Militaires britanniques - Cadets de Bretagne: 5 à 0. Les sportmen se rappellent de la magnifique exhibition de ce team (Ndlr: du premier janvier). (1-04).
J.S.Landernéenne - A.S.B. 3 à 2
Le comité de l'A.S.B. met sur pied le onze le plus redoutable qu'il ait eu depuis la guerre: Goal: Lautar; arrières: Le Rouzic, A.Pouliquen; demis: Le Roux, Gourmelen, Sivienne; avants: Galenne, Ollivier, Max Buhler, Euzen, Bergot, remplaçant: Halna.
Partie très disputée... L'A.S.B. plus scientifique, domina plus souvent... mais les locaux plus fougueux et plus entraînés réussirent à trouver le plus souvent le chemin des bois adverses... à noter le jeu merveilleux du goal Landernéen... (25-09)
Militaires Britanniques - A.S.B. 6 à 4 (3-10)
A.S.B. - Armoricaine: 3 à 2. Bien que jouant avec cinq remplaçant, l'A.S.B. remporte une difficile victoire. Sivienne et Le Roux ont fait une très belle partie... (9-10)
S.R.U.C. - A.S.B. 3 à 0. Bien qu'handicapés par un long déplacement et par l'absence de Gourmelen, leur meilleur joueur et du goal Lauthar, les Brestois ont fait une excellente impression à Rennes... dans l'ensemble, les rennais dominèrent le plus souvent. Vascaut l'avent-centre fut le meilleur homme sur le terrain. Vascaut et Delalande ont été sélectionnés comme internationaux cette année.
A Brest, Colin dans les bois, sans faire oublier Lautar, se fit applaudir, Graham et Ward bien que jouant pour la première fois... pratiquèrent un jeu scientifique. En avant, Bulher et Pronost se distinguèrent, bien que gênés par la grandeur du terrain. (30-10)
A.S.B. - J.A.B. 10 à 1 (19-11)
A.S.B. - Stade Quilbignonnais: 2 à 1. Suite à une réclamation du Stade Q. sur le terrain de l'A.S.B., le match se déroula à Kercastrec admis avant la guerre. (26-11)
Coupe de France. Première édition. 48 clubs s'étant engagés, seize d'entre eux ont été exemptés du premier tour, dont 11 de Paris (A.S. Française, C.A. de Paris, C.A. du XIV°, C.A.S.G., Club Français, Etoile des Deux Lacs, Gallia Club, Patronage Olier, Olympique de Pantin, Stade Français et U.S. Suisse), et seulement 5 de province (A.S. Brestoise, C.S. des Terreaux, F.C. de Lyon, Havre A.C. et Stade Rennais U.C.); la guerre empêche les clubs de l'Est et du Nord de participer.
A.S.B. - Tour d'Auvergne. 4 à 1. Coupe de France en 1/16. A Brest, victoire de l'A.S.B. (06-11).
S.R.U.C. - A.S.B. Coupe de France, à Rennes en 1/8 de finale. 7 à 3. Victoire des champions bretons après une partie intéressante. Le meilleur homme sur le terrain: Ger. A Brest: Graham, Buhler, Euzen firent une très belle partie. Gourmelen, non entraîné, ne fit pas ce que l'on attendait de lui. La défense fut le point faible des deux équipes (5-12)


ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Football.
Le 15 janvier, création de la Coupe Charles-Simon (Coupe de France) par le C.F.I. Elle réunit tous les clubs de football officiellement fondés.
Coupe des Alliés (championnat de France).
Demi finale à Rennes: S.R.U.C. (détenteur de la coupe 1916).- Société Générale de Paris: 0 à 1. (6-03)
Finale Copa Libertador.
Uruguay / Argentine.


NOUVELLES INTERNATIONALES:

Prix Nobel de la Paix: Comité International de la Croix Rouge (1863).
Le C.I.C.R. est fondé en 1863 à Genève, dans le but de réaliser les idées d'Henry Dunant émises dans: «Un souvenir de Solférino».

Le programme consiste à:
- Créer dans tous les pays des sociétés chargées du secours des blessés et des malades en temps de guerre,
- Proclamer la neutralité et l'inviolabilité des ambulances et des hôpitaux.
En 1864, sont établies les Conventions de Genève contenant les principes à respecter pendant les guerres. Pendant la Première Guerre mondiale, elle fait interner en Suisse des officiers blessés des deux parties belligérantes et envoie des délégués sur les deux fronts.
Dès 1914, elle établit une agence internationale de service et de renseignements sur les prisonniers de guerre, activité qu'elle poursuivra entre 1939-1945.

Salle contenant le fichier des prisonniers de guerre (1939-1945) Genève.

www.nobel-paix.ch

Grèce.
En juin, le roi Constantin 1er renonça à sa couronne et s'exila sans cesser de tenter de semer le trouble dans la contribution de la Grèce aux efforts de guerre alliés.
Conflit.
L'été étant exceptionnellement pluvieux, les bombardements intensifs, le champ de bataille fut transformé en bourbier. L'ordre fut donné aux troupes britannique et canadiennes de tenter une percée à Passchendaele point stratégique pour l'état-major. Après cinq mois d'une bataille acharnée sous le gaz moutarde, l'état-major Britannique qui avait ordonné l'assaut fit cesser l'attaque.
Gain en terrain: huit kilomètres!
Irlande.
Mort après une grève de la faim de Thomas Ashe organisateur du Sinn Fein incarcéré en août. Celui-ci protestait contre l'absence de droits reconnus aux membres de son mouvement détenus à la prison de Mountjoy. Intensification des appels à l'indépendance.
Arabie.
Edmund Allenby, général britannique fut nommé commandant en chef du front de Palestine en janvier. Il combattit les Turcs et après avoir pris Gaza, Jaffa, Damas, Alep, il s'empara de Jérusalem le 9 décembre.
Entrée triomphale à Bagdad des guerriers intrépides du général sir Stanley Maude portera en même temps un coup sensible au prestige germano-turc, et si, cette fois, Berlin manifeste, ce sera par des cris de douleur.
C'est en effet, au lendemain même de la paix de Francfort que les Allemands commencèrent leur campagne de pénétration dans ces riches régions...

La Dépêche du 13-03.

États-Unis.
Les États-Unis rompirent leurs relations diplomatique avec l'Allemagne le 3 février suite à l'interception d'un message entre Arthur Zimmerman ministre des affaires étrangères et l'ambassadeur allemand aux États-Unis Johann Bernstroff. Dans ce message Zimmerman annonçait le début d'une guerre sous-marine totale à partir du 1er février et faisait état d'une aide allemande au Mexique pour la reconquête des états du Texas, Nouveau-Mexique et de l'Arizona. Le 2 avril le paquebot Américain Aztec est coulé.
... C'est hier soir (4 avril) que le Sénat américain a voté par 82 voix contre 6 la résolution déclarant que l'état de guerre existe entre les États-Unis et l'Allemagne. La proclamation du résultat a été faite vers 23 h. 15.
Lorsque le président se leva, tous les sénateurs l'imitèrent et un silence profond s'établit. Quand d'une voix forte le président annonça que le Sénat avait adopté, une ovation formidable et sans précédent dans l'histoire du Sénat américain accueillit ces chiffres. Le 6 avril, les États-Unis déclaraient la guerre à l'Allemagne.
"La Fayette, nous voilà" c'est par ces mots célèbres que le colonel Standton, adjoint du général Pershing, annonça aux français l'envoi de soldats américains pour la guerre, aux abords du cimetière de Picpus, à Paris. Le 28 juin les premiers soldats américains arrivent à Saint-Nazaire. Deux million de sammies, leur surnom, foulèrent le sol de France et contribuèrent de façon décisive à la victoire sur l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Ils s'acquittèrent ainsi de la dette de leur pays envers le marquis de La Fayette qui avait si bien servi la cause des révolutionnaires des 13 colonies américaines commandés par le général Washington contre l'Angleterre, avec des troupes commandées par le conte de Rochambeau.

La Dépêche du 06-04.

Hymne national américain.
Un ordre du gouvernement fédéral supprime la troisième strophe de l'hymne national américain, dont les paroles étaient ouvertement hostiles à l'Angleterre.

La Dépêche du 02-05.

Encore un attentat Allemand.
La nuit dernière, deux Allemands porteurs d'une bombe pesant deux livres, ont été arrêtés au moment ou ils allaient monter dans une voiture du métropolitain de la neuvième avenue...
(Ndlr: quelle époque quand même...!)

La Dépêche du 02-05.

Russie.
Le prince Lvov obtient l'abdication du tsar le 15 mars. Un gouvernement provisoire est constitué.
En avril Lénine rentre clandestinement en Russie par le train avec l'aide des allemands. Il organise l'insurrection des forces révolutionnaires. Les 24 et 25 octobre du calendrier Russe (6 et 7 novembre) c'est "la révolution d'octobre". Les insurgés prennent le palais d'hiver du tsar à Pétograd (Saint Petersbourg) et prennent le pouvoir. Le 15 décembre l'armistice est signée entre l'Allemagne et le gouvernement bolchevique à Brest-Litovsk.

La Dépêche du 17-03.

L'anniversaire du déclenchement de la bataille de Verdun célébré par les alliés (Londres le 21-02).
C'est un jour glorieux entre tous pour la France. Le bombardement qui fut le prélude de la gigantesque bataille, commença il y a un ans sous un tir de barrage tel que l'on avait jamais vu. Les Allemands déclenchèrent leur attaque, ils furent arrêtés, ils furent même repoussés après avoir subi des pertes énormes...
les armées françaises brisèrent l'effort de troupes trois fois supérieures en nombre et gagnèrent la plus grande bataille remportée par les alliés dans les deux premières années de la guerre.

La Dépêche du 22-02.

EN FRANCE:

Nous sommes sous la IIIème République. Raymond Poincaré est président de la République.

Chemin des Dames.
Début de l'offensive française au Chemin des Dames le 16 avril.
Bombardements.
Le bombardement des positions allemandes avait commencé le lundi de Pâques, à midi. Il ne se ralentit pas un instant durant toute la semaine. De jour et de nuit nos batteries de tout calibres déversèrent sans arrêt sur les lignes ennemies des tonnes de projectiles, détruisant et bouleversant méthodiquement les retranchements, les abris, les blockhaus.
Dimanche à partir de cinq heures, la canonnade redoubla d'intensité. Elle atteignit dans la soirée et dans la nuit une violence inouïe, sans précédent dan les annales de la guerre, jusqu'au moment ou nos troupes s'élancèrent à l'assaut. Ce fut sur les ouvrages Boches une véritable averse de mitraille. Nos grosses pièces crachaient sans répit. Le sol tremblait à 50 km à la ronde. L'horizon était en feu. Il semblait que la terre secouée par un effroyable cataclysme allait s'entrouvrir. Ceux qui ont vu ce tragique spectacle ne l'oublieront jamais.

La Dépêche du 30-07.

Guynemer.
Le capitaine Georges Guynemer, comandant de l'escadrille des Cigognes, est abattu le 11 septembre par le lieutenant allemand Wiseman au dessus de Poelkapelle en Belgique. Il comptait 54 victoires. En octobre, Fonck abattra l'allemand.
Mutineries.
Après les terribles combats de Verdun en 1916 et l'offensive du Chemin des Dames, ou plus de 270.000 hommes ont été tué ou blessés, des mutineries surgissent sur le front de champagne. On chante l'Internationale, et on brandit le drapeau rouge. Pétain, étant confronté aux problèmes de combats inutiles et très meurtriers, rétablira l'ordre avec une certaine clémence. Le conseil de guerre prononcera 625 condamnations à mort qui seront partiellement suivies; environ 75 soldats seront exécutés, environ 3.000 soldats seront condamnés à des travaux d'utilité publique. Par la suite les offensives inutiles et meurtrières seront limitées. Pétain déclare: "J'attends les Américains et les chars".
A l'assaut, la canne à la main.
A l'extrême gauche du front de l'attaque, un de nos grands chefs, véritable entraîneur d'hommes, se trouvait au milieu de ses soldats lorsqu'ils partirent à l'attaque. Il marcha à l'assaut avec eux, la canne à la main, les encourageât de la voix et du geste, ne consentant à rejoindre son poste de commandement que lorsque l'objectif désigné à ses troupes eut été atteint.

La Dépêche du 18-04.

Mata Hari.
Margareth Zelle, allias Mata Hari, célèbre danseuse nue, est condamnée à mort pour espionnage. Le 15 novembre elle est fusillée.
Clémenceau.
Le président Poincaré demande le 15 novembre à Georges Clémenceau de former le nouveau ministère
Faire la guerre...! (comparaison en 1917).
Un officier boche prisonnier, à qui l'on reprochait, certain jour, la barbarie des moyens de guerre employés par ses compatriotes, et notamment l'envoi des torpilles contre les paquebots et zeppelins contre les populations civiles, répondit sans hésiter: "Tout cela, monsieur le français c'est la guerre... vous autres, vous ne faites pas la guerre... rien ne vous empêche de nous imiter..."
Cet allemand était évidemment sincère. Pour ceux de sa race, faire la guerre c'est tuer et tuer n'importe qui, vieillards, femmes et enfants, par tous les moyens que le diable a mis à disposition...

La Dépêche du 13-01.

Cocteau.
Cocteau créa le ballet "Parade" aidé de ses amis Picasso et Erik Satie. Le premier dessina costumes et décors, le second la musique.
Le "Klébert".
Le croiseur "Klébert" qui venait de Dakar et se rendait à Brest, est coulé par une mine au large de la pointe Saint-Mathieu le 27 juin.

La Dépêche du 28-04.

Le début de la bataille de Verdun.
Bar-le-duc le 20 août: Nous avons assisté cette nuit, dans la Meuse à la dernière phase de préparation d'artillerie et, à 4 h. 40 du matin, au déclenchement d'une attaque de nos troupes entre le bois d'Avaucourt et Bezanvaux. A sis heures, nous savions déjà que les premiers objectifs étaient atteints et les premiers poissonniers allemands étaient ramenés en arrière."Nulle épithète ne peut donner une idée de l'infernale action de l'artillerie qui durait depuis trois jours. La cote 301, le Mort-Homme, la cote du Talou avaient été entièrement bouleversées par nos feux. L'ennemi avait dû abandonner ses premières lignes; mais nos assaillants, d'un élan continu, sont allés de tranchées en tranchées, réduisant à merci tous les combattants qui s'y trouvaient encore"
"Notre aviation, à peine l'aube avait elle paru, indiquait par des signaux les progrès de notre marche en avant. Ce fut tragique et foudroyant..."

La Dépêche du 21-08.

EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante".
Bezañ stag e groc'hen ouzh e gein: Avoir la peau accrochée au dos
L'amour des sous se trouve en tous pays. La Bretagne a ses Auvergnats et ses Écossais: on les trouve plus particulièrement dans le Léon et le Pays Bigouden... Avoir la peau accrochée au dos, c'est être dur à la desserre, les lâcher avec un élastique.

"Expressions populaires bretonnes" Éditions COOP BREIZH.

Les territoriaux bretons en Champagne.
Ce sont tous des Bretons Ille-et-Vilaine. Pour eux, l'âge des beaux enthousiasmes est, passé: calmes et réfléchis, tenaces, méditatifs disciplinés et surs, voici trente mois qu'ils tiennent, en première ligne, et qu'ils ajoutent par le rayonnement de leur vertu tranquille, par l'héroïsme obscur de leur sacrifice quotidien, une page nouvelle et de qualité différente au Livre d'or, où s'inscrivent le nom des Du-Guesclin, de Jacques Cartier, des Duguay-Trouin, des La Bourdonnais et des Surcouf. Ce sont les territoriaux des régiments de Rennes et de Saint-Malo. Voici leur histoire :
Mobilisés le 2 août 1914; la brigade vient occuper, organiser et défendre les intervalles sud du camp retranché de Paris. Dès ce moment, son rôle est défini; et lorsque, quatre mois plus tard, le 12 décembre, elle fera mouvement, ce sera toujours pour s'occuper, organiser et défendre non plus cette fois un "intervalle" aux abords de la capitale, mais bien un secteur au nord-ouest de Reims face à l'ennemi.
Sous le feu des canons allemands de Brimont, de la ferme Sainte-Marie, des bois Soulains, des hauteur de Berru et de Nogent l'Abbesse, durant 28 mois, la brigade territoriale dû mettre et maintenir en état complet de défense et d'attaque cet important secteur, compris entre la rive ouest du canal de l'Aisne à la Marne jusqu'en face du village de Loivre. Besogne ingrate, exigeant un effort soutenu, une patiente énergie.
Les pertes étaient sensibles car nos Bretons ne pouvaient impunément, sous le regard sans, cesse en éveil de l'ennemi, mener à bien les travaux de la plaine de l'Arbre isolé, du Cantonnier, du Chauffour, du saillant de Villers-Franqueux, tracer et creuser les tranchées, aménager les boyaux d'accès, les points d'appui, confectionner aux mitrailleuses des emplacements, sous abris bétonnés, établir des postes de grenadiers, en un mot réaliser le mieux possible la tâche qui leur étai impartie d'occuper, d'organiser et de défendre. Ils s'en acquittèrent avec un zèle inlassable jusqu'au moment où (mars 1917) ils prirent le secteur d'Auberive et furent chargés de son organisation offensive. De plus, ils étaient mis à la disposition des différentes armes et des divers services... La brigade bretonne força par son courage l'admiration des unités d'active au milieu desquelles elle eut à combattre et se vit, de la part des chefs qui l'employèrent, l'objet de distinctions qu'elle paya largement de son sang

La Dépêche du 15-06.

Guidel.
Nous apprenons que M.Guyomar, maire de Guidel (Morbihan), vient d'être suspendu pour un mois de ses fonctions de maire pour avoir apporté la plus fâcheuse négligence à recevoir dans sa commune, le 3 mars dernier, des femmes et les enfants
réfugiés des pays envahis.
M.Guyomar s'était déjà rendu coupable d'une semblable négligence lors de l'arrivée d'un premier convoi de réfugiés, il y a un an. Nous sommes d'ailleurs heureux de constater que les habitants de Guidel et des autres communes ont réservé à nos malheureux réfugiés un excellent accueil emprunt des sentiments patriotiques qu'ont su montrer en toute occasion nos vaillantes populations bretonnes.

La Dépêche du 22-03.

Ouessant.
Le 20 décembre, vers 9 heures du matin, les nommés Créach et Jean Le Gall aperçurent dans le Floais deux embarcations chargées d'hommes paraissant être naufragés. Malgré le mauvais état de la mer et un fort vent de sud-ouest, ces deux hommes n'hésitèrent pas à monter dans leur barque et à se diriger vers les embarcation... ces deux embarcations portaient dix hommes du trois mats Océan, de Fécamp, torpillé par un sous-marin allemand le 19 à neuf heures du matin... qu'ils guidèrent vers un point de l'île propice au débarquement.

La Dépêche du 22-03.

ET À BREST:

Vxx est maire de Brest.

Parlé "Tit Zef".
Le Continental du pauvre:
Restaurant ouvrier
Rue du Carpon se trouvait un restaurant ouvrier surnommé plaisamment le "Continental du pauvre". Le Continental (le Conti) est un établissement renommé de Brest, situé à l'angle de la rue de Lyon et du square de la Tour d'Auvergne doté d'un bar décoré dans le style 1930.

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

Histoire vraie: Il y a tonneau et tonneau!
Au sud de nos côtes, des navires filaient vers le nord. Des tonneaux de vins fins encombraient leurs cales: excellent cordial destiné aux vandales qui ravagent notre patrie. Mais nos patrouilleurs veillaient. Rapides, ils intervinrent, eurent tôt fait de découvrir la supercherie et ramenèrent dans notre port les forceurs de blocus. Le tribunal des prises allait statuer...
Depuis plus de six mois, un millier de tonneaux environ sont rangés sur le terre-plein de La Ninon. La neige les a recouverts; le froid les a glacés. A présent, le soleil les surchauffe. Les planches disjointes, laissent fuir le précieux liquide.
Mais l'administration maritime veille. Des tonneliers viennent par équipe réparer les brèches...
Sans abri, soumis à toutes les intempéries, les tonneaux, malgré les soins dont ils sont entourés par intermittence, s'obstinent à laisser fuir madère, porto, banyuls, etc. Une fortune est là qui se perd.
Les braves gens qui fréquentent ces lieux ont résolu de ne point laisser disparaître inutilement cette richesse...
Les vrilles ont percé les futailles. Des chalumeaux ont permit d'aspirer le liquide. On a goûté à tous les vins. On a même goûté souvent, d'autant plus longuement qu'ils sont de première qualité. C'est ainsi que des seuls fûts de Madère, 2.000 litres ont été absorbés. Mais les gendarmes veillent. Quelques buveurs ont été surpris. Le conseil de guerre a déjà sévi...
Sur le terre plein de Lannion, il y a aussi des prisonniers boches. Bien entendu, ils n'ont pas été sans remarquer le petit travail... L'un d'eux se promit de suivre l'exemple. Quels délices allait lui procurer cette absorption de liquides qui lui étaient depuis si longtemps interdits! Un soir, il se munit d'une pointe, d'une pierre et d'une large paille; puis furtivement se glissa vers les tonneaux. Ah! ce ne fut pas long: le bois ne résista guère, la paille remplaça rapidement la pointe et notre Boche, goulûment, sans s'attarder à déguster ce qu'il buvait, aspira de toutes ses forces. Mais le vieux bondieu allemand ne veillait pas; et, c'est pourquoi le Boche, qui avait absorbé du pétrole, fut à ce point malade qu'on dut le conduire à l'hôpital.

La Dépêche du 27-05.

Brest ville U.S. 880.000 "boys" à Pontanézen.
Lambézellec, l'ancienne commune satellite de Brest, a constitué, lors de la Première Guerre Mondiale, l'un des centres nerveux du conflit avec l'implantation sur ses terres, au hameau de Pontanézen, à partir des derniers jours de l'année 1917, d'un vaste camp américain, le plus grand du monde jamais construit à l'extérieur des U.S.A. Pendant près de deux ans, les villageois de Pontanézen, en lisière nord de l'agglomération brestoise (environ 3 km du centre-ville actuel), menant une vie paisible dans leur environnement champêtre, pourront se targuer d'avoir vécu une aventure aussi extraordinaire qu'inattendue. Une ville de planche, de toile, de béton allait pousser autour de la caserne, à une vitesse stupéfiante. Et quelle ville! New-York, Chicago, le Far-west, soudain, à leur porte!
Au début, chaque soldat avait sa tente individuelle, mais, lorsqu'en août arrivèrent 78.000 hommes et en septembre 126.000, on se rendit compte qu'il fallait prévoir un autre accueil. Et une ville en bois (1.200 baraques) se dressa bientôt sur le sol de Pontanézen, avec ses rues, ses avenues, ses services d'eau (barrage de Kerléguer et réservoir de Tréornou) et de répurgation (Kergaradec), sa salle de spectacles de 3.000 places, son petit train à voie étroite, en attendant que soit créée une ligne raccordée au Brest-Lesneven et débouchant à la hauteur de l'Allée Verte (rue Mathieu-Donnart).

La Dépêche

Arrivée de américains à Brest.
En novembre ils arrivèrent à Brest par quatre grands paquebots de la Hamburg dont Le Valerland et L'Imperator, véritables "villes flottantes", transportant 550 officiers et 11.500 hommes. Le 5 novembre naissait la base américaine de Brest, destinée à recevoir les troupes qui allaient débarquer. Et quel débarquement! 976.146 hommes et 500.000 tonnes de matériel en quelques mois. Si, au début, le rythme mensuel ne fut que de 15.000 hommes, il s'accéléra par la suite et l'on vit même, le 24 juillet 1917, un convoi de 42.000 hommes descendre à terre et être dirigé sur Pontanézen. Huit jours de repos au camp et l'on acheminait les arrivants vers le front.
... Tandis que les vaisseaux de guerre se rangent et s'ancrent dans la rade, les autorités officielles montent à bord du premier des transports que des remorqueurs entraînent vers le port. A la coupée se tient le major général William Sibert. Grand et mince, il parait très jeune malgré ses cheveux grisonnants. Sa figure est énergique: il porte une moustache courte. Il est vêtu avec une extrême simplicité, sans aucunes décorations et coiffé d'un large feutre... Toute son allure marque l'homme d'action... il révéla son mérite en se battant pour son pays contre les Philippins, les Cubains et les Mexicains... les vivats éclatent sur les quais ou la population est maintenant accourue en hâte... tout autour des transports, dont le plus petit ne jauge pas moins de 10.000 tonnes et le plus grand 20.000 tonnes, des destroyers mènent une garde vigilante... Des prisonniers allemands travaillant sur les quais au déchargement des rails regardaient d'un œil consterné l'arrivée de ces belles troupes qui ont traversé l'atlantique sans qu'aucun sous-marin osât s'approcher à portée des canons américains. Leurs gardes ont pu surprendre leurs conversations...: "nous sommes tombés bien bas" avouaient-ils. Et c'est la rage au cœur qu'ils continuaient à travailler.
(Ndlr): A aucun moment dans la Dépêche, relatant cette arrivée en France, Brest ou le nom des quais ou arrivèrent les bateaux apparaissent dans l'article (contrairement aux habitudes). Je suppose que la censure veillait. Il était courant de voir des "blancs" dans les articles du journal de cette époque de guerre. Cependant, en lisant l'article complètement, il est écrit que "les bateaux dans la rade..."
En France il n'y a pas beaucoup de "rade" sur l'atlantique ou pouvaient arriver les bateaux américains...

La Dépêche

Sérénades.
Brest est une cité bien mal entretenue... chacun sait ça. Les impôts augmentent, augmenteront encore dans des proportions beaucoup plus grandes, et cependant il nous sera impossible de constater la moindre amélioration. On s'embourbe dans les rues, les places publiques ne sont plus fréquentables. Comme vestiges d'une organisation passée, les montants de fonte des bancs dressent lamentablement vers le ciel leurs moignons d'amputés.
Cependant place du champ de bataille par une pudeur inexplicable, les vandales n'ont pas attenté au kiosque ou hebdomadairement, l'excellente musique des équipages de la flotte se fait entendre... Chaque soir, vers minuit, car ce sont des modestes qui redoutent la publicité, des chanteurs se réunissent sur ce kiosque...

La Dépêche du 14-12.

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Mise à jour: lun 20-sep-04 20:37 x