Historique: 1915

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À l'A.S.B.:

Résultats, Infos.
L'Entente: Au cours de la réunion tenue mercredi soir dans une salle de l'hôtel de ville, les membres actifs et honoraires de l'A.S.B. et du Stade Quilbignonais ont approuvé, à l'unanimité, le projet d'entente conclu par les comités des deux clubs.
Cette entente tout en laissant à chacun des clubs son administration personnelle, adopte la latitude donnée par l'U.S.F.S.A. de réunir pendant la durée des hostilités, et ce dans l'intérêt du sport, les joueurs des clubs, de façon à former des équipes plus fortes et plus homogènes.
Les matchs se joueront sur le terrain du S.Q. au Valy-Hir; les couleurs pour les matchs officiels seront celles du S.Q. rouge, parements noirs.
Diverses autres décisions importantes ont été prises, qui font présumer que, par l'union intervenue entre ces deux clubs, la saison sportive 1915-1916 sera des plus intéressantes.
Disons que le nombre des joueurs affiliés assure la formation complète de trois équipes et qu'une quatrième sera formée sous peu.
Les jeunes gens désirant pratiquer les sports, en particulier le football-association, peuvent encore se faire inscrire à l'un ou l'autre des clubs. Des matchs intéressants seront conclus pour toutes les équipes.

La Dépêche du 31-10.

Programme de l'Entente: Entraînement Entente - J.A.B. terrain du Valy-Hir à 1 heure. (03-10)
Entente - Gloire. (Le 10-10)
Match possibles contre probables (Le 24-10),
Entente - 83ème d'infanterie de Chateaulin (29-10),
École Navale - Entente. Comme dernier entraînement avant les épreuves officielles, l'équipe sélectionnée jouera cet après midi... Ce match sera un véritable régal sportif auquel assisteront tous les spectateurs avides de sensations que procure le beau jeu de football-association bien compris... l'entente mettra une nouvelle combinaison d'équipe...(Le 7-11),
Entente - Gloire 2 à 4 (Le 21-11), 4 à 0 malgré l'absence de Maguéres (Le 24-11),
... quatre matchs intéressants avec les meilleurs équipes locales disponibles:
Équipe sélectionnée S.Q.-A.S.B. - équipe première de la J.A.B.
L'équipe "A" contre l'équipe seconde le la J.A.B., équipe "B" avec celle de la Marseillaise... équipe "C" contre la bonne équipe de l'Amiral Aube.
Matchs d'entraînement: Terrain de la J.A.B. (Bel-Air) J.A.B.-T.S.M., GL-DT, Entente-G.U. terrain du Valy-Hir, Les membres disponibles de la commission et MM.Gironde et Le Coat, sont priés d'assister à ce match pour juger de l'arbitrage de M.Fleury, candidat arbitre officiel. (Le 04-12).
Coupe Nationale: Les Torpilleurs et Sous-marins ayant déclaré forfait pour leur match avec l'Entente, cette dernière est champion de Brest.
Du fait du forfait déclaré par T.S.M.; l'équipe jouera en match amical l'équipe du 18ème de Quimper.
Ce match sera un excellent et dernier entraînement avant les rencontres finales de la Coupe contre le Stade Quimpérois et l'Étoile Sportive Lorientaise.

La Dépêche du 01-12.

A.S.B.: Entraînement sur le terrain du Valy-Hir. (Le 26-09)
Entraînement au stade du Valy-Hir à 2 heures (03-10)
Bravo aux dirigeants ! Les membres de la société disponibles sont priés de se réunir demain dimanche, à 8 h. du matin, sur le terrain de la société au Petit-Paris, à Lambézellec pour terminer le nivellement du terrain... Malheureusement quelques années plus tard, le terrain ne sera pas homologué et, l'A.S.B. ne pourra défendre sa chance dans le championnat de la L.O.F.A.

La Dépêche du 13-11.

ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Cette année là les compétitions sportives internationales ou nationales en Europe sont sûrement annulées. Comme sur Brest des compétitions régionales sont organisées par les clubs.


NOUVELLES INTERNATIONALES:

Prix Nobel de la Paix: Pas d'attribution.

Balkans.
Les troupes austro-hongroises étaient tenues en échec par les serbes pourtant sept fois moins nombreux. Les serbes repoussèrent trois invasions grâce à leur expérience et à la connaissance du terrain. Le 6 octobre, les troupes allemandes, bulgares et austro-hongroises pénétraient profondément en territoire serbe.
Les troupes serbes ne disposant que d'environ 350.000 hommes âgés et sous équipés durent fuir en Albanie ou les navires français et italiens les évacuent sur l'île de Corfou. Au début décembre la Serbie était entièrement envahie. 15% de la population fut décimée pendant les trois ans de l'occupation allemande.
Redoutable!
Inquiets de l'initiative prise par l'Angleterre qui vient de créer le bureau des inventions de guerre, les Allemands se sont hâtés de prendre les devants et lancent déjà sur les lignes alliées un nouveau type de torpille aérienne. La torpille aérienne a plutôt l'aspect d'une sorte de dirigeable pourvu de propulseurs électriques.
Théoriquement elle peut se maintenir 3 heures en l'air et parcourir trois kilomètres. On la lance au moyen d'un tube lance-torpille ordinaire. Au moment du départ, les deux propulseurs et les deux hélices de sustentation sont mise en marche automatiquement.
... longue de 2m. 15... le sixième de l'espace arrière est occupé, au fond, par un accumulateur... mis en service par des ondes de télégraphie sans fil. Elle est chargée de gaz comprimé. Mais plus lourde que l'air, elle a pour se mouvoir et se soutenir deux hélices propulsives et deux sustentatrices. Arrivée au dessus du but visé, ... elle pique du nez sur le but et prend la position verticale... le détonateur fait exploser sa charge au contact du sol. Cette charge énorme, ... qu'il suffirait de deux torpilles pour anéantir la tour de Londres. Cet engin n'était d'abord destiné qu'à compléter l'armement des Zeppelins. Mais perfectionné comme il l'est... il constitue une arme indépendante qu'il serait puéril de nier la terrible efficacité.

La Dépêche du 11-07.

Dardanelles.
Le 12 décembre, l'ordre est donné aux marins français et anglais de rembarquer leur corps expéditionnaires. Les opérations se solderont par 160.000 morts alliés.
Lusitania.
Le transatlantique britannique Lusitania fut torpillé par un sous marin allemand le 7 mai à son retour des États-Unis alors qu'il faisait route vers Liverpool.
Il y eu 1.200 victimes dont 128 Américains. Le président américain Woodrow Wilson se tint à sa politique de neutralité après avoir protesté.
Tank.
Le premier tank fut construit à la demande de Winston Churchill, alors premier lord de l'amirauté, au mois de septembre. Appelé "Little Willie" il était alors capable de franchir des tranchées.
Zeppelin.
Les zeppelins furent utilisés pour la première fois en 1905.
Capables de transporter 1.200 kilos de bombes, ils furent utilisés pour des bombardements sur des objectifs précis. Fragiles et lents ils étaient très vulnérables. Des Zeppelins lancèrent un raid sur l'Angleterre et bombardèrent la résidence royale de Sandringham et plusieurs villes du comté de Norfolk (Yarmouth et Gravesend). Ils firent de nombreuses victimes et des dégâts importants.(Le 21-01)
Production.
Les besoins de la guerre en munitions et matériel divers, le manque de main-d'œuvre masculine furent à l'origine de la transformation de l'économie. Les productions s'automatisèrent, le nombre des femmes dans les usines augmenta pour pallier au manque de main-d'œuvre.
Russie.
Dans les six premiers mois, du front de l'est au Caucase, trois millions de russes furent tués. Le manque de munitions, des généraux incompétents, des conflits entre les différents commandements furent à l'origine de cette hécatombe.
Les défaites de l'armée déclenchèrent des troubles en Russie. Le tsar Nicolas II prit le commandement des troupes à l'automne.
Bombardement.
Le 27 mai, une escadrille de "Voisin" bombarde des usines à Mannheim.
Arménie.
Le 1 juin les Turcs commencèrent à déporter les arméniens habitant en Turquie prétextant que leur présence sur le front du Caucase favorisait les Russes. L'attaque des réfugiés par les turques fit environ 1 million de morts.
Gazz.
Le 22 avril les allemands utilisèrent pour la première fois un gaz au chlore dans la région de Lauzemarck à la bataille D'Ypres en Belgique
Opinion américaine sur la guerre.
Les financiers américains sont fermement convaincus que la guerre se terminera plus tôt qu'on s'y attend, à cause de l'épuisement financier de l'Allemagne.
Plusieurs tentatives allemandes d'emprunts en Amérique ont échoué, les agents allemands font aux États-Unis des efforts désespérés pour se procurer à des taux élevés, et qui augmentent toujours, des munitions et des provisions de guerre.

La Dépêche du 31-01.

EN FRANCE:

Nous sommes sous la IIIème République. Raymond Poincaré est président de la République.

Aviation.
Roland Garros invente le tir synchronisé à travers l'hélice sur un Morane Saulnier de type C. Il remporte sa première victoire grâce à cette invention le 1er avril.
Casque.
Le 17 juin l'état major décide d'équiper les soldats d'un casque en métal.
Joffre.
Le 2 décembre, Joffre est nommé commandant en chef des armées françaises.
Pertes humaines.
Cette année la guerre a fait en moyenne 4.000 victimes françaises par jour.
Canard enchaîné.
Il est créé le 10 septembre, par des journalistes indépendants, Jeanne & Maurice Maréchal ainsi que Victor Snell.
Maurice, journaliste d'extrême gauche puis collaborateur au quotidien Le Matin. C'est en réaction contre "le bourrage de crâne", la censure qui sévit et le bellicisme outrageant des héros de l'arrière (académiciens, éditorialistes de la grande presse) qui se battent avec le sang des autres. L'arme qu'il choisit est le rire. Le leitmotiv de Maréchal : "Quand je vois quelque chose de scandaleux, d'abord je m'indigne, ensuite j'en ris, c'est mieux. Il faut rendre risible ce qui est méchant".

Quelques mois plus tard, en 1915, son créateur est mobilisé et la publication de ce journal s'arrête après cinq numéros.
Elle reprend en juillet 1916.
La ligne éditoriale du journal change quelque peu. Il se veut désormais "l'héritier des feuilles satiriques" qui sont apparues depuis le second empire. En novembre 1916, Gustave Hervé, fondateur de La guerre Sociale, un journal d'extrême gauche, en devient le directeur.
Certaines fois, les pages du journal sont littéralement trouées de blancs, mais, dit un lecteur, "il y a plus à lire dans un blanc du Canard que dans une page du Matin". Le Canard utilise une sorte de langage codé: antiphrases, démentis qui valent confirmations, phrases à l'envers, etc., tout l'arsenal du "style Canard" qui fait du lecteur un initié et un complice.
Bien qu'il ne soit pas un "journal de tranchées", Le Canard a du succès dans les tranchées... quand il n'y est pas interdit, comme c'est souvent le cas, on le lit alors sous le manteau. En fait ... on le capote. Pour les Poilus, son rire est un rire vengeur, consolateur. (En fait il est né du "Canard du Boyau", journal de poilus du 74ème régiment d'infanterie).
Le Canard a quelques difficultés (notamment financières) à se reconvertir dans la paix, après l'armistice de 1918. Il se développe néanmoins jusqu'à atteindre 250.000 exemplaires de tirage lors du Front populaire. L'Entre-deux-guerres est une période d'illusions et de déceptions.
On voit, à travers Le Canard se décomposer le régime, miné par les scandales, notamment le suicide de Stavisky (une des plus célèbres manchettes), puis on sent monter la guerre. L'ironie du journal se délie de plus belle et devient souvent pamphlétaire.
Sabordé en 40, reparu à la Libération, ("La Liberté, c'est quand Le Canard reparaîtra" dit un personnage du film de Jean-Pierre Melville "L'Armée des Ombres"). Il s'efforce de développer une "investigation à la française", surtout face au conformisme et au peu de curiosité de la presse de l'époque. Ce sont les années De Gaulle "Il faut dire qu'il nous a beaucoup aidé", lâche joliment Roger Fressoz, la succession des grandes affaires: immobilières, Chaban, de Broglie, les diamants de Bokassa et de ceux de Giscard, etc. qui valent au journal des ennuis, des procès, des micros, des accusations graves (responsabilités dans les suicides de Boulin et de Bérégovoy). On en parle jusqu'à l'autre bout du monde.
De gauche: sensibilité forte, mais libre de toute attache, en exerçant son esprit critique. Il applaudit quand elle arrive au pouvoir (Cartel des Gauches en 24, Front Populaire en 36, Mendès France, Mitterrand en 81) mais avec circonspection et même un peu de méfiance. Il garde jalousement et exerce avec dextérité son droit, son devoir ?, de critique. "Le Canard" peut se fâcher même avec ses amis. Les partis de gauche se sont toujours méfiés de lui. Maurice Thorez, dans un comité central du P.C.F., fustige "l'esprit blagueur du "Canard" qui conduit à douter de tout"; Guy Mollet à la S.F.I.O. le poursuit lui aussi de sa vindicte.
Indépendant: c'est l'obsession du "Canard".
Moral : "Le Canard" n'est pas moralisateur ni procureur ni juge, mais il est témoin parfois, de moralité. Il croit à la nécessité d'une certaine honnêteté morale dans la vie politique. C'est la question morale qui lui fait prendre ses distances avec Mitterrand et ses gouvernements.
Bon enfant: sévère, parfois cruel, y compris avec ses amis, "Le Canard" n'est pas vindicatif. On lui en sait gré parfois: le colonel Nusillard, chef de la censure de 1916 à 1918, est devenu par la suite un des plus fidèles abonnés du Canard, jusqu'à sa mort en 1955.
"Le langage Canard":
hors des modes, "Le Canard" s'est toujours efforcé d'employer un langage simple, populaire, mais savoureux, celui de tous les jours, de tout le monde, avec des mots entendus au comptoir des bistrots. "Le Canard" a créé ou popularisé pour un temps ou pour longtemps les expressions comme : "de quoi se marrer", "se tapoter le menton", "minute Papillon" (allusion au garçon du Café du Cadran), "le lampiste", "le bla bla bla", "les étranges lucarnes"...
Les recettes Maison:
Noix d'honneur (la première datant de 1921), les Pans sur le bec, le Mur du çon, etc.
Les Dossiers du Canard.
Il y a toujours eu une seule star au Canard: Le Canard lui-même. Cependant, cette solidité collective n'exclut pas la forte personnalité des collaborateurs, de Maréchal à Treno, via Jeanson, Breffort, Lebesque, etc. les dessinateurs ou les faiseurs de Têtes de Turcs.

Son tirage moyen actuel se situe entre 500.000 et 550.000 exemplaires. Il a parfois atteint et dépassé un million d'exemplaires à l'occasion de certaines affaires dans les années 1970 et 1980.
Juridiquement, le Canard est constitué en société anonyme. Selon le vœu de son fondateur Maurice Maréchal, il appartient à ses collaborateurs qui en sont les actionnaires et les gestionnaires. En fait, ils sont plutôt les dépositaires que les propriétaires des actions qui ne peuvent être ni vendues, ni transmises à des tiers et dont la possession est liée à la présence au journal. Quand cette présence cesse, les actions sont redistribuées à l'intérieur du journal.
Il est resté un journal qui refuse la publicité, ce qui est un cas presque unique dans la presse mondiale et a grandement contribué à sa réputation.

http://www.toile.com/

Lettre d'un père arabe.
Un jeune algérien blessé actuellement en traitement au collège Saint-Louis, a reçu de son père, la noble lettre suivante.
Gouraya, le 28 décembre 1914.
Mon cher fils,
J'ai reçu ta lettre qui m'a fait bien plaisir; je suis très content de toi, et de te voir supporter héroïquement la souffrance, et la perte de ta main gauche et d'avoir ainsi appris que tu l'avais perdue pour la défense d'une cause juste, c'est-à-dire défendant le drapeau de notre chère patrie adoptive, la France.
Ne demande à venir en Algérie que si ton infirmité te rendait impropre à tous service, et si tes chefs estiment que malgré ton infirmité tu pourras encore rendre des services, il faudra rester jusqu'à la fin des opérations et de l'écrasement de l'ennemi qui est venu troubler notre tranquillité.
Je suis fier de toi, tes frères et la famille se portent bien.
Ton père: Lhamouine Djelloul. Caïd à Gouraya (Alger).

La Dépêche du 10-01.

Courrier.
Les soldats qui souffrent nous occupent trop en ce moment pour que nous puissions penser à rendre justice aux autres... parmi ces grands hommes... le Colonel Deport, inventeur de ce 75 qui sera l'un des instruments de la victoire... Dès le lendemain de la paix, notre souscription sera prête pour couler dans le bronze cette figure de soldat sans peur et sans reproche... (Dr Caradec)

La Dépêche du 08-02.

L'effort du Canada continue.
... le troisième contingent canadien a virtuellement tous ses hommes équipés et sur le point d'être complètement exercé. Le ministre de la Milice a donné des hommes pour commencer l'enrôlement du quatrième contingent... le dessin du gouvernement (est) de garder des hommes en état d'entraînement et d'envoyer sans relâche des renforts en Europe.

La Dépêche du 19-03.

L'exportation de peaux.
Pour fabriquer nos godillots. Le ministre de la guerre fait la déclaration suivante:
"Suivant l'accord récemment conclu, le gouvernement français autorise l'exportation des peaux pesant 35 kilos salées et au-dessus. Les permis d'exportation seront uniquement accordés par le Ministre de la Guerre de France au comité des maîtres tanneurs anglais...
les peaux seront vendues aux enchères au tanneurs occupant des fabriques de chaussures militaires. Toute différence entre le prix d'achat en France et en Angleterre , après paiement des dépenses sera versé au Trésor anglais. En retour de cette concession du gouvernement français, la Grande-Bretagne autorise l'exportation des cuirs d'un poids correspondant et de la qualité requise pour les chaussures de l'armée française.
L'exportation pour la France des cuirs de cette qualité sera dorénavant régie par la commission internationale dont le siège est India-House Kingsway, à Londres , ou toutes les demandes de permis doivent être adressées".

La Dépêche du 27-06.

L'aviateur Gilbert retourne se constituer prisonnier sur l'ordre du gouvernement Français.
... l'aviateur Gilbert avait pu s'évader de Suisse, ou il était interné... (il) avait avisé par lettre l'état-major qu'en présence de surveillances rigoureuse dont il était l'objet, il reprenait sa parole de ne pas chercher à s'évader... Gilbert pouvait se croire délié de tout engagement. Mais cette évasion donna lieu à certaines polémiques en Suisse...
Le gouvernement Suisse se plaignait d'avoir reçu trop tard la lettre de Gilbert par laquelle l'aviateur reprenait sa parole...
Le conseil des ministres délibérant sur la note envoyée par le gouvernement suisse... décida de le renvoyer à Genève le soir même, le gouvernement français ne voulant pas que l'aviateur parut avoir violé la neutralité...
Les nombreux voyageurs reconnurent le vaillant pilote qui portait sur son uniforme bleu horizon la croix de la Légion d'honneur, la Médaille militaire et la Croix de guerre au ruban barré de trois palmes.
Désolé Gilbert avait peine à retenir ses larmes. "c'est dit il le plus grand déchirement de ma vie..."

La Dépêche du 30-08.

EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante".
Le patron d'une ferme, ou même celui dont la famille est sur cette ferme depuis longtemps, se voit attribuer le nom de la ferme, de même que les seigneurs d'autrefois portaient le nom de leur terre.
Quand on vous parle d'un Yves de Kerlaeron, n'allez pas croire qu'il s'agit d'un personnage de la noblesse, vicomte ou marquis. C'est un cultivateur qui se nomme Calvez ou Gentric comme le roi de France s'appelait Capet. Mais on finit par oublier son nom de famille d'autant plus que sa femme conserve son nom de jeune fille toute sa vie. Elle est Marie-Jeanne Salaün, par exemple. Son mari lui-même, dans les grandes occasions, l'appelle ainsi. Ou alors, elle est la Marie-Jeanne du Yves de Kerlaeron.
Les journaliers qui travaillent de père en fils sur une terre ont également le droit d'en porter le nom.

"Savoir-vivre en Bretagne" Édition d'art JOS Le Doaré

Le Bidet Breton.
M. le comte de Robien a reçu d'un artilleur la curieuse lettre suivante, que les éleveurs bretons liront certainement avec intérêt:
Monsieur le comte
"Je viens de savoir par ma femme que vous avez été faire une visite chez moi et voir le poulain Rose.
Je suis très content et vous avez doublement raison de poursuivre la campagne que vous menez en faveur du bidet breton; ici je suis bien placé pour voir et juger ce dont ils sont capables.
Nous sommes partis de Lorient avec 246 chevaux, tous réquisitionnés aux environs de Carhaix, Gourin et Chateauneuf, même le mien est de Carhaix; nous avons débarqué à Verdun après trois jours de voyage. Aussitôt, en route pour des étapes de 25 et 30 kilomètres, attelés: six sur un canon de 120 de long, pesant dans les 3.000 kilos et quatre sur une voiture chargée de madriers et pesant à mon idée, 2.600 kilos. Il aurait fallu les voir grimper les côtes, le capitaine n'en revenait pas, il croyait rester en route.
Nous avons été dans des conditions telles que les chevaux sont restés 48 heures sans manger ni boire, et après, sans discontinuer, pendant trois semaines faisant tous les jours de 25 à 30 km et nourris exclusivement avec un peu d'avoine, souvent n'ayant qu'une ration par jour.
Eh bien Monsieur le comte, il faudrait les voir le jour d'aujourd'hui, on ne dirait pas que ce sont là des chevaux ayant fait quatre mois de guerre, tellement ils sont encore en bon état de conservation; il y en a qui n'ont pas maigri du tout...
... en agissant ainsi, vous contribuez largement à la défense du sol sacré de la patrie.
M.Baud, du bureau de tabac de La Feuillée, qui est sous-officier, en même temps que moi, se joint à moi pour vous envoyer ses sincères félicitations.
Des nouvelles de la guerre, je vous dirai que je brûle de l'impatience d'aller faire un tour en Allemagne, ou sinon je ne retournerai plus à Kerriou..."
"Votre dévoué François C..."

La Dépêche du 10-01.

Les Bretons sur le front.
Un soldat incorporé au 116 de ligne écrit à sa mère le récit de l'émouvant fait d'armes... accompli par... le soldat Guyonvarch, de Beiz (Morbihan).
Un bataillon du 116ème est en position dans le parc de Thup... les boches, en face, la semaine dernière avaient planté à 30 mètres environ de leurs tranchées un petit drapeau tricolore... et sur laquelle était épinglé un petit bout de papier vraisemblablement écrit.
Tous jugèrent que c'était là une insolence qui méritait châtiment.
Un breton que la présence de ce drapeau gênait encore plus que les autres, décida d'aller le chercher... (le capitaine) lui disant que le drapeau cachait sûrement une embûche; devant l'insistance du poilu, l'officier s'inclina et lui donna avec des encouragements et des conseils de prudence des cisailles pour couper un fil de fer attaché au drapeau et supposé être le cordon d'un mine.
Guyonvarch partit ainsi que, dans une autre direction, une patrouille pour le couvrir. Il parvint jusqu'au drapeau sans attirer les sentinelles boches, il se mit à genoux et s'apprêtait à enlever le tout lorsqu'une mine cachée dans le drapeau fit explosion avec un fracas épouvantable.
Notre bonhomme fut projeté a plusieurs mètres en arrière et presque recouvert de terre, pas un instant il perdit courage. Il put entendre ... les boches qui riaient du bon tour joué, pensant trouver le lendemain un cadavre français. Il se releva, mais chercha en vain le drapeau à sa place primitive, un faible clair de lune sauva la situation en lui permettant de le voir à une huitaine de mètres au devant de lui, c'est à dire à 22 mètres environ des Boches. Il eut le poil d'aller le prendre et s'enfuit à toutes jambes tandis que les Boches tiraient, ne l'atteignant pas heureusement.
J'ai vu le drapeau; l'explosion l'a complètement déchiqueté.
Le lendemain, le héros de cette aventure déjeunait chez notre colonel et était ensuite présenté à la brigade; on lui à promis une distinction qu'il n'a certes pas volée.
Bravo les Bretons !

La Dépêche du 25-02.

ET À BREST:

Vxx est maire de Brest.

Parlé "Tit Zef".
La Gueule d'or:
Restaurants des ouvriers de l'arsenal
Le premier restaurant de l'arsenal a été établi près du bâtiment aux Lions, dans l'enceinte, côté de la porte du Carpon dans les années vingt. Bombardé pendant la guerre, il a fonctionné quelques années en baraques avant de s'établir définitivement du côté de Quéliverzan, sur le Plateau. Ce restaurant s'appelle aussi "La gueulle d'or"

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

La Penfeld.
Dans le courant de l'année se constitua à Brest une "mission russe", sous la présidence de M.de la Ménardière, vice-consul de Russie depuis 1908. Il s'agissait d'un organisme interallié destiné à approvisionner les armées du tsar par les ports de Kola, de Mourmansk ou d'Arkhangelsk, selon les saisons.
Jusqu'à la révolution russe, en 1917, 400.000 tonnes de matériaux les plus divers (locomotives, avions, camions, munitions), sans parler de 50.000 chevaux venus du Canada, transitèrent par le port de Brest, embarqués sur 120 navires tant russes qu'anglais, accostant à Penfeld, ou au port de commerce, selon les possibilités. Une abondante main-d'œuvre: Kabyles, stationnés en baraques sur les Glacis, Chinois, logés au port de commerce, marins du deuxième dépôt..., participa à la vie intense du port.
Vieux brave.
On nous signale le geste d'un vieux brestois, M.Le Moal, conducteur des Travaux Publics de Tunisie, qui a contribué à la construction de la forme de radoube de commerce à Brest, de 1903 à 1907.
... Actuellement, M.Le Moal, ancien sous officier d'artillerie de la classe 1888, malgré de jeunes enfants encore à charge et d'autres sur le front, vient de contracter un engagement pendant la durée de la guerre, après cinq jours passés près de sa famille qu'il n'avait pas revue depuis deux ans, et va rejoindre son poste et essayer de se rendre utile sur le front.

La Dépêche du 20-06.

Précédente : Index : Histoire : Suivante
Mise à jour: lun 20-sep-04 20:29 x