Historique: 1908

Précédente : Index : Histoire : Suivante


Championnat de Bretagne.
Championnat de Division d'Honneur: Champion le
Stade Rennais Université Club.


Association Sportive Lambézelléenne (future A.S.B.).
Résultats, Infos.
A.S.L.: Un certain nombre de footballeurs ayant manifesté l'intention de pratiquer ce jeu, le comité de l'A.S.L. se fera un devoir d'encourager ce genre de sport, hygiénique et salutaire entre tous...
Par une mesure gracieuse dont ils lui seront gré, le comité a décidé que les jeunes gens qui se feraient inscrire dès ce jour seront exonérés des cotisations de novembre et décembre à condition qu'ils paient leur droit d'inscription qui est de 1 franc...
Désirant la prospérité et le maintient du bon renom de l'A.S.L. avant tout, le comité n'hésitera pas à s'imposer de lourds sacrifices.
Si, comme il l'espère, les footballeurs veulent bien suivre régulièrement les séances d'entraînement, faire des équipes qui puissent représenter dignement l'A.S.L., il compte les faire matcher contre des sociétés similaires du département.
La Dépêche du 20-11

J.S.B. : Diplôme de débrouillard.
Un concours pour l'obtention du diplôme de débrouillard aura lieu sur la pleine de Kerangoff, dimanche 29 novembre. Les candidats devront être sur le terrain de 8 h. à 8 h. 30. Voici le programme
1° Savoir nager, c'est-à-dire pouvoir faire 100 mètres à la nage et rester 10 secondes sous l'eau. Cette épreuve est éliminatoire;
2° Saut en hauteur sans élan: minimum 0 m 80;
3° Saut en hauteur avec élan: minimum 1 mètre;
4° Saut en longueur sans élan: minimum 2 mètres;
5° Saut en longueur avec élan: minimum 3 mètres;
6° Course de cent mètres: minimum 16";
7° Course de 500 mètres: minimum 1'46";
8° Course 1500 mètres: minimum 6';
9° Corde lisse: minimum 5 mètres;
10° Lancement du poids (7 k. 250): minimum 5 mètres;
11° Lancement du poids de 40 kg: minimum une fois.

La Dépêche du 25-11

ET PENDANT CE TEMPS LÀ...!

SPORT:

Football.

Football (rugby).

Finale du championnat de France: Le Stade français et le Stade bordelais se sont rencontrés à Colombes. Le Stade bordelais a été battu par 16 points à 3.

La Dépêche 6-04

Cyclisme
Bordeaux-Paris: Un gros succès sportif. Victoire du Belge Van Houwaert en 19 heures et 38 minutes 27 secondes 1/5. (Garigou participait aussi à ce Bordeaux-Paris). Quelques difficultés d'organisation... Jamais on n’avait vu une foule pareille sur la route de l'arrivée. Depuis Bordeaux c'était un défilé ininterrompu de cyclistes et d'automobilistes allant à la rencontre des premiers... Le contrôle était installé non pas à Ville d'Avray même mais en haut de la côte de Picardie à la sortie de Versailles. Là les coureurs recevaient une fiche chronométrique et devaient ensuite se rendre au vélodrome du Parc des Princes, ou ils devaient se rendre une heure après.
La lutte finale se serait donc passée sur la piste d'Auteuil si les premiers n'avaient pas été séparés par des intervalles de temps qui établissaient définitivement ces résultats. Tout l'intérêt de la course se terminait donc à la côte de Picardie. Une fois de plus le véritable sport a triomphé du spectacle. (Ndlr: Comme de nos jours?)

La dépêche.

NOUVELLES INTERNATIONALES:

Prix Nobel de la Paix: Klas Arnoldson (1844-1916; Pacifisme; Suède).
Klas Arnoldson est un autodidacte, employé des chemins de fer (1860-1880), journaliste et éditeur de périodiques de la paix. En 1883, il participe à la fondation de la Société suédoise de la paix et de l'arbitrage. Il est élu membre du parlement (1882-1887) et en 1888, il lance une campagne en faveur du recours à l'arbitrage entre les nations. Favorable à l'indépendance de la Norvège, il œuvre en faveur d'une solution pacifique entre les deux pays (1895-1905). Il doit faire face à l'opposition de nombreux concitoyens. Dans son discours d'acceptation du Prix Nobel, il propose un référendum mondial en faveur de la paix.
Prix Nobel de la Paix: Frederik Bajer (1837-1922; Pacifisme; Danemark).
Il fréquente l'Académie militaire de Sret, de 1857 à 1864, est lieutenant des dragons. Il étudie les langues, travaille comme instituteur, traducteur et journaliste. En 1872, il est élu membre du Folketing (Chambre des représentants) et fonde en 1882, l'association pour la neutralisation du Danemark. En 1889, il propose au 1er Congrès universel de la paix de Paris la création du Bureau international de la paix dont il devient président de 1891 à 1907. En 1891, il fonde le groupe inter-parlementaire danois et, en 1910, l'union inter-parlementaire scandinave. Craignant une invasion de l'Allemagne, il propose la neutralisation du Danemark.
www.nobel-paix.ch


Exposition franco britannique.
Rapprochement franco britannique concrétisé par une exposition de plus de 100 hectares à la cité Blanche de Londres. Pavillons aux architectures audacieuses, lac artificiel etc.
Celle-ci resta longtemps une référence pour les organisateurs d'expositions dans les années qui suivirent.
Italie.
Au sud de l'Italie, dans le détroit de Messine, le 28 décembre, tremblement de terre suivi d'un raz de marée qui détruit en partie les villes du détroit.
La ville de Messine est entièrement détruite. Il y eut 84.000 morts uniquement dans cette ville.
Bilan total: 200.000 morts.
Prix Nobel.
Les découvertes du Britannique Ernest Rutherford en physique nucléaire lui permirent d'obtenir le prix Nobel de chimie pour avoir réussi la première transmutation d'un élément stable.
Lisbonne.
Attentat à Lisbonne, le roi Carles et le prince héritier assassinés. Le prince Manuel blessé. La reine est proclamée régente. L'Infant est acclamé roi sous le nom de Manuel II. Trois régicides sont tués, trois sont arrêtés. Les arrestations continuent.

La Dépêche le 5 Février


EN FRANCE:

Nous sommes sous la IIIème République. Armand Fallières est président de la République.

Zola.
La translation des cendres d'Émile Zola au Panthéon, déjà ajournée, est officiellement fixée au 2 avril.

La Dépêche Janvier.

Grèves.
Lors de grèves aux sablières de Draveil, deux ouvriers sont tués lors d'affrontement avec la troupe les 2-4 juin. Une manifestation syndicale de protestation le 30 juillet, fait quatre morts et des centaines de blessés. Le 1er août Clémenceau fait arrêter six dirigeants de la C.G.T..
Le 10 octobre, la politique de répression de Clémenceau est la cause de la rupture entre radicaux et socialistes.
Fait divers.
Le 25 décembre un garçon de café adhérent de l'action française tire la barbe du président de la République. Il écope de 4 ans de prison.
Aviation.
Farman vole et vire sur 500 mètres. Favorisé par un temps très calme. M. Farman a pu, cet après-midi, effectuer quelques belles envolées variant entre 200 et 400 mètres aux commandes d'un biplan "Voisin".
Après plusieurs essais, il réussissait deux virages magnifiques, après avoir volé sur environ 500 mètres.
Les curieux ont fortement ovationné l'aviateur.

La Dépêche Janvier.

Conquête de l'air.
Le Man 16 septembre: Pour la première fois, en France, Wright s'est risqué à voler, ce soir, à 6 h. 15, avec un passager.
La première tentative échoua. La vitesse initiale étant insuffisante, l'appareil ne put quitter le sol. Il fut immédiatement placé sur un rail, et Wright, avec M.Zens, s'éleva atteignant une vitesse ordinaire.
L'aviateur décrivit un grand huit sur le champ de tir d'Auvours et, après trois minutes de vol ordinaire, il revint atterrir auprès de pylône.

La Dépêche du 17-10

Duel.
Rencontre à l'épée: Une rencontre à l'épée a eu lieu ce matin, à la Grande Roue, entre M. Armand Massard, fils du directeur de la "Patrie" et M. A. Singer.
A la septième reprise, M. Armand Massard, a été atteint à la partie moyenne et interne de l'avant-bras.
M. A. Massard a demandé la continuation du combat. A la huitième reprise, M. Singer a été atteint à la région antéro-externe du bras droit d'une blessure qui a mis fin au combat.

La Dépêche Janvier.

Les forçats du plaisir.
Les oisifs du monde élégant ont des façons un peu superficielles de se plier aux macérations du carême.
Ce ne sont, dans les journaux mondains, que compte rendus de grands dîner, fêtes et sauteries, divertissement en tout genre.
Ces gens là ne se reposent donc jamais?
Je les ai traités d'oisifs; ce n'est là, qu'une façon de parler. Ils s'occupent, au contraire, de leurs plaisirs avec une assiduité sans défaillance.
Loin de moi de la pensée de contribuer à entretenir l'hostilité entre les classes sociales...
Mais cela dit, il faut bien reconnaître qu'à quelques rares et très honorables exceptions près, l'aristocratie s'applique avec trop de soins et d'esprit de suite à mettre en lumière l'emploi qu'elle fait de ses richesses et de ses loisirs.
Éloignés de la vie publique sous prétexte que la république est un régime inhabitable, les mondains usent de leur vie dans une existence à la fois brillante et humiliante.
M. Edouard Drumont l'a suffisamment établi dans un volume intitulé: La fin d'un monde; il y fait le procès de l'aristocratie avec une sévérité poussée peut-être, par instant, jusqu'à l'injustice; car ce n'est pas être que de se montrer trop sévère.

La Dépêche mars

Pilule esthétique (Ndlr: remplacée de nos jours par la chirurgie).
Seins développés, reconstitués, embellis, raffermis en deux mois par... Les pilules Orientales. Seul produit qui assure à la femme une poitrine parfaite sans nuire à la santé. Flacon avec notice 0,50 franco (mandat ou bon de poste).

La Dépêche 8-01


EN BRETAGNE:

"La Bretagne bretonnante".
Roeñvat war gornôg
: Ramer vers l'ouest
En fait être à l'agonie. Cette très vieille référence aux îles de l'éternelle jeunesse Tir-na-nog, l'Élysée celtique pré-chrétien, ou aucun Celte digne de ce nom ne manque d'aller reposer après son passage en ce bas monde...

"Expressions populaires bretonnes" Éditions COOP BREIZH.

Les Bretons déracinés.
"Les fils d'Armor s'étiolent dans les mines". Lens 2 janvier.
Le chômage continue dans la fosse numéro 5 de Courrières. Seuls "dévalent" les ingénieurs et les ouvriers chargé de combattre le feu. Les mineurs que l'on emploie à ce dur labeur touchent double paye. Seulement, je me suis laissé dire qu'ils doivent avant la descente, signer un engagement dégageant la compagnie de toute responsabilité en cas d'accident.
Dans les ruelles boueuses des corons environnants, situés sur le territoire de Salaumines, de sinistre mémoire, par groupes, les mineurs réduits à l'inaction déambulent.
Une surprise m'attendait. Ce fut de rencontrer, au coron du "Dahomey", des Bretons bretonnants qui, il y a trois mois encore, étaient pécheurs de sardines.
Et une émotion singulière s'empara de moi, en voyant ces hommes aux yeux clairs, aux carrures terribles, qui depuis des générations, se dressent sur leurs barques, dans le vent de la mer, devant l'horizon infini, coudoyer les mineurs souples et félins, dont le corps s'assouplit aux noirs méandres de la mine.
Quelques instants après, j'étais attablé avec plusieurs d'entre eux dans un estaminet voisin, curieux de connaître leur odyssée. Elle est lamentable. La voici telle que me l'a raconté le seul d'entre eux qui parlât un peu français:
Il y a trois mois, deux agents de la Compagnie de Courriéres, dont un maitre-porion retraité, parcourent les villages de la lande bretonne, de Concarneau à Quimperlé. Partout, par le ministère de labeur de la ville, ils firent annoncer que tous ceux qui voudraient se rendre aux mines de Courrières, étaient assurés d'y trouver du travail. On fixait même le prix des salaires: 4 fr. 50 pour une journée de huit heures, 6 francs pour une journée de 10 heures, et 9 francs pour un redoublage. Les femmes et les enfants au dessus de treize ans devaient aussi gagner un salaire respectable. La Compagnie prenait à son compte les frais de voyage et donnait 10 francs d'argent de route, et promettait chaque année un congé de 20 jours à ceux qui voudraient revenir au pays natal.
Dans toute la lande bretonne, désolée par la misère, ce fut un émoi.
Six cent s'inscrivirent. Et, un beau matin, ils débarquèrent à Salaumines. Ils venaient de Concarneau, Trégunc, Benzec, Rosporeden, Beuzec-Conq, Scaër. Ils furent mis en subsistance chez des mineurs mariés, à raison de 32 francs la quinzaine.
"J'avais compris" me dit Yves Courastel, de Scaër, qui me raconte ces faits, et mes camarades aussi, que nous devions travailler au jour. Or, le lendemain de notre arrivée, on nous fit descendre au fond. Première désillusion, et des plus cruelles, mais qui n'était rien comparée à celle qui nous attendait au bout de la quinzaine, le jour de paye. Mon compte s'élevait à 35 fr. 40; or je devais 32 francs à mon logeur, qui avait pris la précaution de passer avant moi à la caisse et de se faire verser le prix de ma pension. C'est ici l'habitude. On me remit donc 3 fr. 40, et j'avais laissé au pays femme et enfants qui comptaient sur moi pour vivre.

Tous les camarades de Yves Courastel, qui nous entourent, approuvent de la tête. La plus part, tels Joseph Legall, de Bannalec; Laurent Goyer de Saint-Evarzec; François Gouriou de Scaer, n'avaient pas fait dans leur quinzaine de quoi faire pour payer leur logeur.
Et tous ces Bretons étaient venus de si loin, sur la foi des promesses faites, sont, à peu de choses près, logés à la même enseigne. La colère s'empara de ces jeunes gars. A la fosse 2 de Bofly-Montigny, 60 d'entre eux se mirent en grève pendant deux jours. Mais il fallait bien manger. Ils redescendirent. Quant à envoyer de l'argent aux familles, il ne fallait pas y songer.
Quelques un abandonnèrent la mine et, à pied en trimardant, regagnèrent la Bretagne. D'autres s'adressèrent à la préfecture d'Arras qui rapatria les premiers mais dût renoncer à satisfaire toutes les demandes qui lui étaient adressées. D'autres enfin vinrent à Paris, ou ils demandèrent secours au ministère.
Ceux qui restent, n'ont qu'un désir, qu'ils ne dissimulent point: retourner au plus vite dans la lande bretonne. Ils attendent pour cela d'avoir économisé l'argent nécessaire au voyage.
A la direction des mines de la Compagnie de Courrières, M. Lavaure, que j'ai vu se montre du plus parfait optimiste:
"Ceux qui s'en vont, ce sont les plus mauvaises têtes, les paresseux. Ils ont eu l'audace de me demander que je leur paye leur rapatriement. Je ne leur ai point caché que la Compagnie n'était pas faite pour leur payer un voyage d'agrément. J'ai tenu toutes les promesses qui leur avaient été faites. S'ils les ont mal comprises, ce n'est point de ma faute. Dans une mine, on ne paye les gens que suivant le travail qu'ils font et, les Bretons qui viennent ici ne peuvent être employés que comme manœuvres. A ce titre ils ne touchent que 4 francs par jour. De quoi se plaignent-ils, eux qui ne gagnent que 45 francs par trimestre?"
En sortant de chez M. Lavaure, j'ai rencontré un mineur breton, Yves Quinion de Concarneau, qui m'a montré son livret. Pour six postes, c'est à dire pour six jours de travail, il a touché 17 francs, ce qui ne fait point précisément 4 francs par jour.

le Matin; La dépêche du 02-01

Landerneau.
La pêche aux saumons qui a commencé le 1er février, n'avait jusqu'à ce jour donné aucun résultat. Aujourd'hui, le premier saumon a été pêché au quai par M. Hilly; il pesait 4 kg 150 gr, et a été expédié à Paris.
Quatre équipes de deux pêcheurs, jettent leurs filets tour à tour dans leur quai.

La Dépêche 9 février.

Bardisme.
On nous écrit: M. le rédacteur de la Dépêche, depuis quelques temps, les journaux d'une certaine nuance politique, reproduisent tour à tour la phrase suivante:
"A l'occasion du sacre de Mgr Duparc à Saint-Anne d'Auray, le 25 février, tous les bardes de Bretagne viendront acclamer le nouvel évêque bretonnant de Quimper et Léon."
Ainsi présentée, cette annonce peut prêter à confusion dans l'esprit du public et tenterait de faire croire que tous les bardes de Bretagne sont étiquetés sous telle ou telle bannière politique et religieuse, qu'ils forment en un mot un corps homogène organisé, à la disposition du haut clergé de Bretagne.
Il n'en est, fort heureusement, rien, et je ne crois pas trop m'avancer en annonçant que tous les bardes ne se rendront pas au sacre de Mgr Duparc. Il y a des bardes cléricaux et des bardes anticléricaux; il en est d'autres, indifférents qui ne jugent pas leur présence nécessaire dans les manifestations des diverses fois religieuses et philosophiques. Mais tous tels que nous sommes, et à quelque opinion personnelle que nous nous soyons arrêtées, nous avons au cœur le culte profond de la Bretagne en tant que nation, et de sa langue en tant qu'instrument de civilisation.
Si ces idées avaient dû être représentées à Auray le 25 février, certes, c'eût été par les bardes de Bretagne; mais les bardes de Bretagne qui ont quelques droits de porter ce titre font partie d'une corporation de 15 membres qui porte le nom de Gorsedd. Or, jusqu'à ce jour, que je sache, aucune notification officielle n'a été faite à Gorsedd du sacre de l'évêque "bretonnant" de Quimper.
Il n'y a donc pas de raison que tous les bardes de Bretagne s'y rendent.
Agréez, monsieur le rédacteur...
Un barde de "Gorsedd".

La dépêche de février

"Notre prochain voyage en Algérie et Tunisie".
16-30 janvier 1908. Quinze jours pour 280 francs, toute dépenses comprises.
L'Algérie attire, chaque année, de nombreux visiteurs, qui, dès le premier voyage, en deviennent de fervents admirateurs et attendent avec impatience le moment ou ils pourront revenir au pays
l'hivers est un printemps.
(NDLR: si on calcule qu'un mineur gagne soit disant 4 francs par jour, ce qui est largement au dessus de ce qu'est la réalité. (Voir l'article ci dessus du 2 janvier)... pas beaucoup de mineurs bretons verront le pays ou l'hivers est un printemps!

La Dépêche 2 janvier.

ET À BREST:

Victor AUBERT, connu sous le nom de "Père AUBERT", est maire de Brest. M. Louis-Arthur DELOBEAU le remplace dans l'année.

Parlé "Tit Zef".
Joli comme à Brest:
Très joli
Tout le monde dans le temps disait "Joli comme à Brest" pour dire très beau avec dérision. On se moquait probablement des fayots qui se vantaient de leur séjour dans la grande ville et de leur enthousiasme, peut-être un peu répétitif pour leur entourage! Cette expression ne vient pas de Brest mais de la marine de guerre. Brest était une ville attirante pour son environnement: grand port, c’était la "Marseille" de l'Ouest. Ville de perdition pour le clergé rural, c'était aussi une ville dans laquelle on voyait des nouveautés et peut-être aussi de belles femmes...

Le parler tit ze'f. Annie Le Berre éditions Le Télégramme

La cale du cuirassé "Danton".
Les ouvriers protestent:
... Les travailleurs de l'arsenal du port de Brest, réunis le 14 mars, Bourse du commerce, après avoir entendu successivement les citoyens Guyader, Muller et Paugam, dans leur exposé sur le mauvais état de la cale de construction et de leurs prétendues mesures d'hygiène prises, tant dans les at
eliers que dans les cales de constructions et à bord des bâtiments en achèvement, pour y garantir les travailleurs qui y séjournent, "constatant que cet état d'insécurité constitue un acte de provocation envers les travailleurs de l'arsenal: Constatant qu'il y a urgence à remédier aux défectuosités, afin d'éviter les pires catastrophes, décident de continuer l'agitation par tous les moyens en leur pouvoir et d'organiser de nouvelles réunions, tant en ville que dans les quartiers, afin que nul n'ignore les agissements odieux employés vis-à-vis des travailleurs de l'arsenal par les fossoyeurs maritimes".

La dépêche de février

Saint Pierre de Quilbignon.
Recensement des chevaux: Au 31 décembre 1907, la commune de Saint-Pierre comptait 460 chevaux se répartissant comme suit:
Chevaux au dessous de 5 ans: Entiers; 4; hongres: 1; juments: 91. Total 96.
Chevaux au dessus de 5 ans: Entiers: 35; hongres: 30; juments: 299. Total 364.
Dans ce dernier nombre sont compris 95 chevaux qui ont été réformés, soit au classement de 1907, soit aux classements antérieurs.

La dépêche de février

Œuvres de mer.
La société des œuvres de mer a tenu son assemblée générale annuelle cet après-midi sous la présidence de l'amiral de la Jaille, sénateur. Dans l'assistance, on remarquait un grand nombre d'officiers généraux des armées de terre et de mer. Créée en 1894, la Société des œuvres de mer a pour objet d'apporter chaque année à nos quinze milles pécheurs du large (environ 10.000 à Terre-neuve et 5.000 en Islande) les secours, l'appui matériel et moral dont ils étaient jusqu'alors privés. Elle possède un navire hôpital... qui reçoit tous les ans, en même temps que les pécheurs français, bon nombre d'étrangers anglais, américains, portugais...
Jamais, dit le rapporteur, le nombre des navires visités, des secours médicaux donnés n'a été aussi grand que cette année. Le lieutenant de vaisseau de réserve Mahéas, commandant le navire-hôpital, a fait ensuite le récit des campagnes d'assistance du Saint-François d'Assise en Islande et à Terre-Neuve.

La dépêche de février

Agitation au Relecq-Kerhuon.
Le 31 mars, 141 ouvriers de la poudrerie sont licenciés. Les meeting se succèdent aux réunions. Le citoyen Roullier est aux prises avec l'abbé Madec. Lequel suivra-t-on?

La dépêche

Le football à Brest.
Le football s'implante de plus à plus dans notre ville.
Si les sociétés sportives se préoccupent d'avoir une bonne équipe de joueurs pour soutenir vaillamment leurs couleurs, il en est de même dans les régiments qui eux aussi, possèdent des équipes que l'entraînement assouplira.
Sur les terrains propices au jeu de football et situés à proximité de la ville se groupent non seulement les équipes des sociétés sportives brestoises, mais encore les groupes de jeunes gens, que ce sport passionne. A cette époque l'entraînement bat son plein. Nous avons assisté, hier, à un match, sur le terre-plein du gaz, entre les équipes de l'Union Sportive Brestoise et du 19ème de ligne. Nombreux étaient les promeneurs qui avaient pris position sur les lignes du terrain de jeu pour assister à ce match, des plus intéressants.

La dépêche 14-12

Précédente : Index : Histoire : Suivante
Mise à jour: lun 20-sep-04 20:05 x